50 ans depuis l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie et la fin du Printemps de Prague

968 est une année clé dans le monde entier. Pour les Tchèques, elle a été une année d’espoir, puis de violente désillusion. « Le socialisme à visage humain » voulu par le leader communiste réformateur Alexander Dubček connaît un coup d’arrêt brutal les 20 et 21 août 1968 lorsque les troupes du Pacte de Varsovie envahissent le pays. Spontanément, Tchèques et Slovaques sortent dans les rues, manifestent leur soutien à la politique de démocratisation du Printemps de Prague, s’acharnent à parlementer avec les soldats soviétiques perchés sur leur tanks, qui souvent ne savent même pas où ils se trouvent et pourquoi.

La résistance passive est le mot d’ordre dans la population tchécoslovaque. Pourtant, 108 personnes trouvent la mort et 500 autres sont grièvement blessées des suites de l’invasion soviétique. Notamment autour du bâtiment de la Radio tchécoslovaque qui est l’objet de tous les enjeux : symbole de la liberté d’expression retrouvée pendant l’éphémère Printemps du renouveau, elle continue d’émettre jusqu’à ce qu’elle soit prise par les soldats soviétiques, non sans faire de victimes chez les employés de la radio.

Jusqu’aux Accords de Moscou signés sept jours après l’invasion, qui entérinent une capitulation qui ne dit pas encore son nom, la population tchécoslovaque est plus que jamais soudée derrière ses dirigeants. Il faudra encore attendre quelques mois, jusqu’au départ d’Alexander Dubček du pouvoir, pour que la population prenne toute la mesure des conséquences. Le sacrifice du jeune étudiant Jan Palach, qui s’immole en janvier 1969, sur la place Venceslas à Prague, resoude les citoyens, le temps du choc et du deuil.

Mais le processus de « normalisation » est déjà enclanché, inaugurant le retour en force des apparatchiks et la mise à l’écart de tous les potentiels trouble-fêtes.

 

Richard Seemann, journaliste qui a participé aux émissions de la Radio tchécoslovaque pendant l’occupation soviétique

 

Une quarantaine d’historiens refont le Printemps de Prague

Plusieurs dizaines d’historiens étaient réunis dans la capitale tchèque trois jours durant à la mi-juin pour discuter des multiples aspects du Printemps de Prague. Cette conférence, intitulée à juste titre « Le Printemps de Prague cinquante ans après », a permis de mettre en perspective les événements tchécoslovaques avec les multiples bouleversements que connaît le monde en 1968. Plus...

 

Les lieux de mémoire du Printemps de Prague

Alexander Dubček, photo: ČT24Alexander Dubček, photo: ČT24 La conférence « Le Printemps de Prague cinquante ans après », organisée dans la capitale tchèque à la mi-juin, a eu de nombreuses vertus parmi lesquelles de poser la question de la mémoire que conservent aujourd’hui les Tchèques des événements de 1968-1969. L’historienne Markéta Devátá, de l’Institut pour l’histoire contemporaine de l’Académie des Sciences, s’est notamment collée à la tâche en interrogeant les lieux de mémoire ayant trait au Printemps de Prague. Plus...

 

A Prague, un forum tchéco-russe de discussion pour ne pas discuter des sujets sensibles

Pavel Litvinov, photo: Vít Šimánek / ČTKPavel Litvinov, photo: Vít Šimánek / ČTK Projet commun de Miloš Zeman et Vladimir Poutine inscrit dans le cadre d'un Mémorandum de compréhension mutuelle, un Forum tchéco-russe de discussion, premier du nom, s’est tenu à Prague jeudi. Mais en raison de la déformation des faits historiques par les médias russes, du choix des sujets débattus ou encore de l’inaccessibilité aux chercheurs d’une partie des archives soviétiques, son organisation a été vivement critiquée notamment par les historiens tchèques. Plus...

 

Le Printemps de Prague vu par Jiří Pelikán

Jiří Pelikán, photo: ČT24Jiří Pelikán, photo: ČT24 Cinquantenaire oblige, l’année 1968 est partout à l’honneur. En Tchécoslovaquie, c’est une année cardinale, celle qui voit la relative libéralisation entamée depuis le début de la décennie éclore dans le Printemps de Prague et celle aussi de l’écrasement de ce mouvement avec l’invasion des troupes de Varsovie et du début de la reprise en main du pays par les communistes orthodoxes. Jiří Pelikán (1923-1999), alors directeur de la Télévision tchécoslovaque (ČST) a été un acteur et un témoin exceptionnel de ces événements. C’est à travers ses yeux que nous vous proposons de les revivre. Plus...

 

En 68, l’humour des slogans tchèques pour lutter contre les chars russes

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague ! Refrain d’une chanson éponyme, « Běž domů, Ivane, čeká tě Nataša! » - « Rentre chez toi, Ivan, Natasha t’attend ! » est très certainement un des slogans les plus marquants qui ont accompagné l’écrasement du Printemps de Prague en août 1968. Aussi dramatiques les heures et jours qui ont suivi l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie ont-ils pu être, Tchèques et Slovaques n’en ont pas moins pas perdu leur sens de l’humour. Plus...

 

INVASION 68 - CONCOURS PHOTO DE LA RADIO TCHEQUE

 

Archives sonores

  • Emission de Radio Prague en français le 25 août 1968
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  • Emission de France Inter du 22 août 1968 avec reportage à la frontière
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  • Emission de France Inter du 24 août 1968 avec reportage sur la Place Venceslas
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  • Emission de France Inter du 25 août 1968 avec extraits Radio Prague
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Le 21 août 1968 - L’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie