Promenade dans les Prachovské skály, au cœur du Paradis tchèque

09-05-2019

D’immenses rochers sculptés avec grâce par l’érosion et le passage du temps, un paysage de roches et de forêt à perte de vue et à couper le souffle, voilà comment on pourrait résumer en quelques mots ce que sont les Prachovské skály. Colin Gruel s’y est rendu pour Radio Prague, il nous raconte son voyage.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Les pierres de Prachov sont une magnifique formation rocheuse située à 5 kilomètres de la ville de Jičín. Nous sommes en plein cœur de ce qu’on appelle le Česky ráj, le paradis tchèque, dans le nord de la Bohême.

De quoi piquer ma curiosité et satisfaire mon désir de calme et mon appétit pour les paysages pittoresques.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Et c’est encore l’écrivaine tchèque installée en France Lenka Horňáková-Civade qui en parlait le mieux, l’année dernière, au micro d’Anna Kubišta :

« A part le vertige que l’on peut ressentir quand on est bord d’un rocher, il y a cette possibilité de vision comme un oiseau au-dessus du paysage. Ça, c’est absolument magique. On est toujours surpris par la vue qui s’offre à nous. Il m’en reste de belles photos. Et les souvenirs de randonnée, où il y a cet effort, de grimper, de se coller au rocher, de se blesser les doigts avant d’avoir la récompense, une fois arrivés au sommet : ces vues imprenables. »

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Le paradis tchèque, c’est l’un des 147 Géoparcs UNESCO dans le monde, c’est donc, selon la définition officielle « un espace territorial présentant un héritage géologique d’importance internationale ». L’idée est de garantir à cet espace une protection basée sur le développement durable en associant les collectivités locales. Cela implique aussi, et c’est ce que m’a raconté l’office de tourisme de Jičín, que sont attendus de la part des visiteurs un respect de la nature et des autres. Dans les Prachovské skály, on n’écoute pas de musique trop fort et on ne jette pas ses déchets n’importe où.

Je m’y suis donc rendu à l’occasion d’un jour férié. Départ de la gare routière de Černý most à Prague, d’où un bus fait le trajet vers le petit village tranquille et fort charmant de Sobotka. De là, un autre bus continue vers Holín, à une quinzaine de minutes à pied de l’entrée des Prachovské skály. En tout : deux bonnes heures de route.

Arrivé sur ce plateau qui s’est formé il y a environ 60 millions d’années, on découvre d’immenses rochers en grès atteignant jusqu’à 60 mètres de hauteur. C’est un dédale de roches présentant des formes très particulières, où se frayer un chemin n’est pas évident sur certaines parties de la randonnée, même si j’ai pu croiser lors de mon périple plusieurs enfants et même des bébés, et que finalement la seule personne que j’ai vu tomber… c’est moi.

Les pierres de Prachov ont une histoire riche. Quand les Slaves s’y installent, probablement au Xè siècle, ils protègent leur domaine en installant des remparts. A cette époque, les Přemyslides veulent consolider leurs positions sur les territoires tchèques. Ensuite, c’est la dynastie des Veliš qui vont y fonder leur château, château qui sera conquis par les Vitkovec en 1277, puis par les Wartenberg… Il passera aussi entre les mains de Georges de Poděbrady, Oldřich de Rožmberk, et ainsi de suite.

Le passage de l'empereur, photo: Hadonos, CC BY-SA 3.0 UnportedLe passage de l'empereur, photo: Hadonos, CC BY-SA 3.0 Unported Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’actuel centre touristique d’information sert de camp d’entraînement aux leaders des jeunesses hitlériennes. Les hôtels de la région sont également saisis par les autorités du Reich. Paradoxalement, les cavernes de Prachov ont servi dans le même temps de refuge à la Résistance.

L’empereur François Ier d’Autriche est resté le plus célèbre touriste des Prachovske skály. On raconte que lors de son passage à Jičín, aux alentours de 1804, il se fit porter sur un palanquin dans un passage rocheux apparemment trop compliqué à passer, donnant à cet endroit le nom de « passage de l’empereur ».

Ce que François Ier d’Autriche ne savait peut-être pas, c’est que plusieurs parcours sont proposés, plus ou moins difficiles ou longs, et la bonne nouvelle, c’est que vous faites un peu ce que vous voulez une fois entrés dans le domaine, munis de votre ticket qui vous coûtera 40 couronnes (1,55 euros) si vous êtes étudiant, 80 couronnes (3,10 euros) en plein tarif. Vous pouvez choisir les chemins les plus escarpés mais aussi vous balader tranquillement en famille. La balade familiale dure trois heures.

09-05-2019