L’Institut de la culture baroque au sein du palais Colloredo-Mannsfeld

11-07-2010

Imposant et grandiose, le palais Colloredo-Mannsfeld réalisé à l’initiative de Vincenc Paul, Prince de Mannsfeld-Fondi, est une vraie merveille. Construit d’après le projet de l’architecte Franz Ignátz Préé dans les années 1730 à 1735 le bâtiment fait sans aucun doute partie des plus beaux palais de Prague dans le style rocaille.

Le palais Colloredo-Mannsfeld, photo: Jaroslava GregorováLe palais Colloredo-Mannsfeld, photo: Jaroslava Gregorová Le palais Colloredo-Mannsfeld a vécu sa plus grande gloire sous le règne de l’archiduchesse Marie-Thérèse de Habsbourg, reine de Hongrie et de Bohême, époque à laquelle le palais est devenu le centre de la vie sociale et culturelle de Prague. En ces lieux étaient organisés des bals masqués dans un style Mozart, jouissant d’une grande renommée, dont la tradition a persisté jusqu’au début du XXe siècle. Le régime communiste mit fin à cette gloire centenaire. Pendant de longues années le palais resta sans vie, plongé dans la tristesse et l’oubli. Evidemment, au fil des ans, il se détériora et perdit beaucoup de son prestige d’antan.

Mais heureusement, comme la Belle au bois dormant fut rendue à la vie par un prince charmant, le palais Colloredo-Mannsfeld a été sauvé et sorti de sa torpeur grâce à l’initiative et au travail acharné de Carnevale Praha et à l’Atelier Franzis Wussin. La vie est revenue au sein du merveilleux palais le jeudi 8 juillet avec l’ouverture du Centre d’information et de l’Institut de la culture baroque.

Plus de détails avec l’auteur du projet Carnevale Praha et le fondateur de l’Atelier Franzis Wussin, l’architecte Rostislav Maria Müller :

Bohemian CarnavalBohemian Carnaval « Suite aux expériences acquises depuis des années par l’organisation du Carnaval de Prague, nous aimerions essayer de réunir les gens et les groupes de gens qui se consacrent à la culture baroque, qui a atteint Prague très intensément, et d’essayer de créer un Institut de la culture baroque, dans lequel on pourrait développer différentes activités au cours de l’année, et travailler systématiquement sur le dépoussiérage des joyaux baroques de Prague. L’idée de créer l’Institut a bien évidemment mûri pendant une certaine période dans nos têtes et pour la saison d’été 2010 nous avons enfin mis en œuvre cette idée. Nous préparons donc un projet pilote pour la saison d’été de façon à ce que l’institut commence à vivre. »

Photo: Jaroslava GregorováPhoto: Jaroslava Gregorová A l’occasion de l’ouverture du Centre d’information et de l’Institut de la culture baroque, un gala concert de musique et de danse baroque a eu lieu également le 8 juillet à 20 heures dans la salle principale du palais. Les spectateurs entraient par le portail monumental, décoré par des vases décoratifs, un putti et des armoiries provenant du célèbre atelier Braun. Au début, ils ont probablement du être déçus par les couloirs délabrés et les peintures défraîchies. Mais qu’elle fut leur étonnement, lorsqu’arrivés au deuxième étage leur regard s’ouvrit sur une somptueuse salle en forme d’ellipse, richement décorée de peintures et de stucs. Photo: Jaroslava GregorováPhoto: Jaroslava Gregorová La voûte fascinait par une fresque peinte par les peintres italiens Giovanni Battista Zaist et Pietro Scotti. Ainsi, comme par le mouvement d’une baguette magique, les spectateurs étaient transportés dans un temps depuis longtemps révolu, à l’époque du baroque. Au son de la musique de W. A. Mozart, J. B. Lully, T. Albinoni A. Campra, G. Finger, G. F. Händel et M. Marais, interprétée par Carnevale Baroque Orchestra, on se posait la question si Mozart ou un autre des grands maîtres du baroque n’allait pas apparaître en chair et en os pour saluer le public. Les danses baroques interprétées par Hartig Ensemble, sous la direction de l’un des plus grands experts de la danse baroque, le professeur Helena Kazánová, étaient non moins fascinantes.

Photo: Jaroslava GregorováPhoto: Jaroslava Gregorová Les activités de l’Institut de la culture baroque dont le siège se trouve au palais Colloredo-Mannsfeld seront réparties en plusieurs étapes. Rostislav Maria Müller :

« La première étape consistera à faire des spectacles de théâtre, de musique et de danse en costumes authentiques de l’époque en compagnie d’ensembles et d’orchestres spécialisés sur la musique baroque. Il faut dire que la danse en particulier jouissait à l’époque du baroque d’une grande importance. Tout ce bloc artistique, sera présenté au sein du magnifique palais Collorado-Mannsfel qui jusqu’alors n’a pas été exploité et comme c’est vraiment un joyau baroque, il mérite bien de revivre. En plaçant en son sein les manifestations artistiques, je pense qu’il fera briller la scène culturelle. »

Photo: Jaroslava GregorováPhoto: Jaroslava Gregorová Les concerts et les spectacles de danses baroques au palais Colloredo-Mannsfeld organisés par la Carnevale Praha, l’Atelier Wussin et la Mairie de la ville de Prague se poursuivront jusqu’à fin septembre ou mi-octobre. A la fin de la saison estivale Carnevale Praha et l’Atelier Wussin évalueront d’autres possibilités d’élargissement et envisageront d’autres activités pour la prochaine saison d’été, par exemple des conférences, la publication des documents sur le baroque ou l’organisation de festivals de la culture baroque.

Les activités qui se dérouleront au sein du palais Colloredo-Mansfeld au cours de la saison d’été et début automne seront une ouverture du grand Carnaval de Prague. Rostislav Maria Müller :

Photo: Jaroslava GregorováPhoto: Jaroslava Gregorová « Oui, il en est ainsi et je crois que c’est important car les opinions sur la culture baroque sont assez spécifiques mais je pense qu’il peut s’adresser à un public beaucoup plus large. Nous désirons que ce projet soit une passerelle entre les grands amateurs et experts du baroque et les laïcs fascinés par cette époque. Il est donc nécessaire d’organiser ce type de rencontre entre les gens qui étudient cette époque, l’aiment et s’y consacrent de façon intense.»

11-07-2010