Ski alpin : sans Ledecká, mais avec un duel Shiffrin-Vlhová, la Coupe du monde est de retour en Tchéquie

C’est un événement plutôt rare en République tchèque. Huit ans après son dernier passage, le cirque de la Coupe du monde de ski alpin y est de retour. Ces vendredi et samedi, la station de Špindlerův mlýn, dans le massif des Krkonoše (Monts des Géants), dans le nord du pays, accueillera deux épreuves, un slalom géant et un slalom, du calendrier féminin. Et malgré l’absence de la star locale Ester Ledecká, pas spécialiste de la discipline, le spectacle offert par Mikaela Shiffrin et l’élite internationale est attendu avec impatience par le grand public tchèque.

Photo: ČTK/David TanečekPhoto: ČTK/David Taneček Les organisateurs ont bien espéré qu’elle en serait, avant d’être contraints de se résigner. Ester Ledecká ne sera pas présente à Špindlerův mlýn, la plus grande station de sports d’hiver en République tchèque, en cette fin de semaine. Et on touche là à un des paradoxes du sport tchèque. Ses deux plus grandes championnes actuelles, la patineuse de vitesse au palmarès long comme le bras Martina Sáblíková et la double championne olympique du super-G et de snowboard (cf. : https://www.radio.cz/fr/rubrique/sport/ester-ledecka-un-double-olympique-et-une-marque-bien-exploites), ne disposent pas dans leur pays d’équipements et de pistes permettant la pratique de leurs disciplines. Tandis que Sáblíková attend toujours - et attendra probablement encore longtemps - qu’un anneau de glace artificiel et couvert soit construit, Ledecká, elle, est confrontée à l’absence en République tchèque de pistes dignes de ce nom pour l’organisation d’une descente ou d’un super-G. Et si elle est bien spécialiste de slalom, ce n’est pas en ski alpin, mais uniquement en snowboard. C’est donc somme toute logiquement qu’on ne la verra pas à Špindlerův mlýn, comme le regrette Olga Křížová, médaillée de bronze de la descente des Jeux olympiques de Sarajevo en 1984 :

Photo: ČTK/David TanečekPhoto: ČTK/David Taneček « Malheureusement, les conditions ne sont pas réunies pour organiser des épreuves de vitesse comme la descente et le super-G. Il s’agit à la fois de la longueur, de la largeur et de l’inclinaison des pistes existantes. Certes, nous possédons des pistes homologuées pour accueillir des compétitions internationales, mais pas de Coupe du monde. La seule solution serait de construire une nouvelle piste, mais je pense que personne ne nous donnera jamais l’autorisation. »

Même sans le phénomène Ledecká, le spectacle ne devrait pas manquer dans le nord-est de la Bohême. Annoncé très nombreux, le public assistera à un nouveau duel très attendu entre la double championne olympique et quintuple championne du monde américaine Mikaela Shiffrin et Petra Vlhová, première skieuse alpine slovaque de l’histoire à décrocher un titre de championne du monde – en slalom géant – à Âre en février. Depuis, celle qui a aussi remporté deux autres médailles en combiné (argent) et en slalom (bronze) fait l’objet, comme Ledecká de l’autre côté de la frontière, d’un immense intérêt des médias et des fans dans son pays. C’est donc avec beaucoup d’envie et le sentiment d’être comme à la maison qu’elle aborde cette étape de Špindlerův mlýn :

Petra Vlhová, photo: ČTK/David TanečekPetra Vlhová, photo: ČTK/David Taneček « Ah, ça oui, c’est devenu très intéressant à vivre en Slovaquie ! Les gens s’intéressent beaucoup plus à moi depuis mes médailles aux Mondiaux, leur regard et les attentes ont changé. Mais c’est bien… Il y a désormais plein de supporters slovaques sur le bord de toutes les pistes, et il y en aura encore plus ici en République tchèque. Je suis impatiente de vivre ça, ce sera comme si c’était en Slovaquie. »

Qu’on ne s’y trompe cependant pas, quoiqu’en pensent les Slovaques, c’est bien en République tchèque que la Coupe du monde de ski alpin est de retour. Et même si le public suivra aussi d’un œil, samedi, la possible conquête en Suisse par Ester Ledecká d’un quatrième globe de cristal en Coupe du monde de snowboard, ce passage du cirque blanc est trop rare pour ne pas en profiter pleinement.