Prague capitale européenne du fair play

15-11-2010

Prague a récemment été la capitale européenne du fair play. Pendant trois jours fin octobre, les représentants d’une trentaine de pays se sont en effet réunis dans la capitale tchèque à l’occasion du 16e congrès annuel du Mouvement européen pour le fair play (EFPM). Cette année, le thème de discussion retenu était « L’éducation au fair-play dans les écoles : une responsabilité partagée ». Président de l’EFPM, le Portugais Carlos Gonçalves en a dit plus au micro de Radio Prague :

 « L’EFPM est une institution de type non gouvernemental qui a été créée lors d’une assemblée générale constitutive, composée de 14 nations, au siège de la FIFA, en Suisse, en 1994. Elle a pour but la promotion et le développement des valeurs et des principes du fair play à tous les niveaux de pratique sportive, du sport pour les enfants au sport de haut niveau. »

-Concrètement, quelles sont les actions que vous menez afin de réaliser vos objectifs ?

 « Nous sommes une organisation ‘parapluie’ comme l’UEFA en football. En tant que telle nous devons soutenir, appuyer, toutes les actions et campagnes qui sont développées au niveau de chaque pays. Notre souci n’est pas de faire le travail qui doit être réalisé au niveau des pays par chaque organisation nationale du fair play. Pour le moment 40 organisations nationales sont affiliées à l’EFPM. Au-delà, chaque année nous promouvons un congrès annuel du fair play comme ici à Prague. Et chaque année nous discutons d’un sujet différent. Cette fois il s’agit de l’éducation au fair play dans les écoles, de l’importance de cette éducation pour le mouvement sportif, de la responsabilité partagée, qui doit être attribuée à chacun des intervenants dans le mouvement sportif (professeurs, dirigeants, entraîneurs, etc.), et de la responsabilité des organisations, qu’elles soient gouvernementales ou non comme notre association. »

Egalement présente, la France était représentée à Prague par Christian Blareau, trésorier de l’EFPM :

 « En tant que représentant français je vote à l’assemblée générale au nom de la France et du comité olympique en particulier. Mais en réalité je suis vice-président de l’Association française pour un sport sans violence et pour le fair play association qui est basée au comité national olympique français près du stade Charlety à Paris. La France a été membre fondateur de l’EFPM en 1994. Un peu comme en politique, la France et l’Allemagne sont les deux gros moteurs de cette association. Pour autant, nous promouvons les mêmes valeurs en France, c’est-à-dire respect des autres, de soi-même, des règles, enseignement du fair play, etc., ainsi que toutes les valeurs autour de l’éthique. Et puis nous nous retrouvons dans l’instance européenne, où nous faisons le même travail. »

-Vous en êtes au 16e congrès, dont le thème est l’éducation, les écoles. Quels étaient les thèmes les années précédentes ?

Photo: Christopher Bruno / Stock.XCHNGPhoto: Christopher Bruno / Stock.XCHNG « Le chantier est vaste. Nous avons du travail au vu des exactions malheureusement chaque année. A la limite, le sujet vient tout seul. Et puis vous savez que nous, Français, nous avons été extrêmement meurtris par ce qui s’est passé cet été à la Coupe du monde de football. Et quand je vois les excellentes interventions à ce congrès, pour moitié tchèques et pour moitié des autres pays, l’affaire de l’Afrique du Sud et le comportement du sélectionneur reviennent régulièrement dans les diaporamas et les discours. C’est douloureux pour moi en tant que Français, mais à la limite cela nous permet de balayer devant notre parte pour mieux repartir. Nous sommes quand même dans un système qui défend le fair play, donc par rapport à ce qui s’est passé, nous sommes en défaut. Ce n’est pas que les étrangers nous montrent du doigt, mais ils sont obligés de nous faire comprendre que ce qui s’est passé n’est pas bien. Mais nous en sommes tous bien conscients en tant que citoyens français. »

 « Plus précisément par rapport à la question : chaque thème est défini par le bureau en concertation avec le pays qui accueille, c’est-à-dire le comité national olympique. Soit il y a une spécificité par rapport au pays accueillant sur laquelle celui-ci souhaite mettre l’accent, soit c’est nous qui déterminons le problème. Par exemple, l’année prochaine, nous serons à Porec en Croatie, et le thème sera ‘sport, culture et fair play’. L’année dernière, nous étions à Bakou, en Azerbaïdjan, c’était un sujet sur la discrimination qui était malheureusement presque à la mode (en 1999, un an après ‘l’affaire Festina’ sur le Tour de France cycliste, le congrès s’était tenu à Paris et avait eu pour thème l’éthique et le dopage’, ndlr). »

-Et pourquoi les écoles pour Prague ?

 « Au vu des interventions des professeurs d’université tchèques et des autres intervenants ‘du terrain’, j’ai cru comprendre qu’ils étaient très sensibles ici à l’éducation et qu’ils faisaient un gros travail sur ce point précis, que ce soit dans le primaire, le secondaire ou à l’université. Ca se ressent beaucoup, en partant du principe qu’il vaut mieux faire de la prévention que de la répression. Quelque part, le fair play, ce n’est pas inné, ça s’apprend, ça s’enseigne, et là, nous essayons d’apporter notre petite pierre à l’édifice. »

Vous pourrez entendre et lire la suite de l’entretien avec Christian Blareau dans une prochaine rubrique sportive.

15-11-2010