Patinage : le couple français Anissina - Peizerat, champion olympique de danse, et Surya Bonaly ont fait fondre la glace à Prague (II)

17-10-2005

Le couple français Marina Anissina - Gwendal Peizerat et Surya Bonaly ont effectué plusieurs exhibitions en République tchèque la semaine dernière. Radio Prague les a rencontrés.

Gwendal Peizerat et Marina AnissinaGwendal Peizerat et Marina Anissina « Champions on ice » - « Les champions sur la glace » de la troupe américaine de patineurs professionnels étaient présents en République tchèque (Prague, Brno, Ostrava, Zlin) la semaine dernière. Et parmi la pléiade d'anciens champions olympiques, du monde et d'Europe se trouvaient notamment le couple français composé de Marina Anissina et Gwendal Peizerat, sacré en danse aux derniers Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, et la multiple championne d'Europe, Surya Bonaly. Nous les avons rencontrés la veille de leur exhibition, mercredi dernier, devant le public pragois de l'ultra-moderne Sazka Arena. Marina Anissina et Gwendal Peizerat, qui avaient été médaillés d'argent aux championnats d'Europe de Prague en 1999, nous ont tout d'abord expliqué quelles étaient les principales différences entre leurs vies de patineurs amateurs et professionnels :

Marina Anissina : « Ce sont deux choses complètement différentes. Par rapport à la compétition, le monde professionnel, c'est plus de spectacle. Et puis, le stress est différent. Nous avons un peu le même stress que celui des artistes avant leur entrée sur la scène, mais pas celui de devoir remplir un objectif ou de vouloir atteindre la perfection comme en compétition. »

Où se situent les différences au moment de la préparation, tant au niveau physique que technique ?

Gwendal Peizerat : « Par rapport aux compétitions, les exhibitions demandent beaucoup moins de travail, bien entendu. Ce n'est pas le même engagement technique et physique. Nous sommes là avant tout pour faire plaisir au public, et non pas pour remplir un cahier des charges imposé par des juges. Tout cela signifie donc moins d'engagement à l'entraînement, beaucoup plus de plaisir et moins de souffrance. » Au-delà du titre olympique, si le couple composé de Marina, Russe d'origine, et Gwendal est devenu si populaire auprès du public, c'est, entre autres, grâce aux caractères très différents des deux danseurs. Peu avant le spectacle, la presse tchèque avait ainsi présenté Peizerat comme un aventurier et Anissina comme une intellectuelle plus calme et posée. Une présentation qui surprenait quelque peu Gwendal Peizerat :

G.P. : « C'est un petit peu curieux. L'image de Marina calme et posée et la mienne d'aventurier est arrivée avec la fin de notre carrière en tant que compétiteurs. Avant, c'était plutôt l'inverse qui apparaissait. Marina, avec son tempérament fougeux, avait cette image de feu dans le couple et moi, c'était plutôt celle du calme. On avait tendance à dire que notre couple, c'était l'eau et le feu. En fait, on voit que si c'est l'image inverse qui passe aujourd'hui, c'est parce que nous sommes très complémentaires et que nous apportons à chaque fois au couple quelque chose de différent par nos caractères. Et c'est un peu ce qui fait la richesse du couple Marina - Gwendal. »

Surya Bonaly, photo: Uwe Langer, Creative Commons 3.0Surya Bonaly, photo: Uwe Langer, Creative Commons 3.0 Tempérament de feu et popularité, tout cela, Surya Bonaly connaît aussi. Douze ans après son titre de vice-championne du monde acquis à Prague en 1993, la Réunionnaise aujourd'hui naturalisée Américaine reste l'une des rares sinon la seule patineuse de couleur à avoir évolué à un aussi haut niveau sur les patinoires. Passée professionnelle depuis plusieurs années, Surya Bonaly, qui fut aussi la première femme à placer un salto arrière dans son programme en compétition, reste bien consciente de ce qui fait sa particularité :

« Même si, dans certains domaines, pour certaines activités, c'est peut-être un peu dur, gênant, en revanche j'ai de la chance pour ce qui est du patinage. Les gens me reconnaissent plus facilement, se souviennent de moi plus longtemps parce que, pour l'instant, il n'y a pas eu d'autre patineuse de couleur après moi. Je patine dans le monde entier et c'est vrai que c'est un petit plus. Dans les pays européens, je trouve que je suis bien acceptée et les gens m'adorent. Donc, c'est également sympa d'évoluer ici, à Prague. »

Depuis quelques années, le public qui s'intéresse aux compétitions vous a un peu perdue de vue. Mais le patinage et les galas restent-ils au centre de votre vie ?

« Oh, oui ! Bien sûr ! Au contraire, depuis que j'ai arrêté de patiner, je patine encore plus (sic). La compéttion me manque un peu, c'est vrai, parce que quand on s'entraîne, c'est toujours en vue d'un objectif, Jeux olympiques ou championnats du monde. D'un autre côté, passer professionnel demande beaucoup de travail, il y a beaucoup de fatigue et plein d'autres choses. Mais on apprend aussi beaucoup, c'est une autre vie. C'est extraordinaire de pouvoir partager notre passion pour ce sport et de le faire découvrir un peu partout dans le monde. Même si cela fait trente ans que je patine, je prends toujours autant de plaisir. Des fois, on se plaint de la fatigue, on a mal au dos, c'est contraignant, il faut aller à l'entraînement, les répétitions sont longues, mais quand le gala commence, on oublie tout. C'est toujours exceptionnel et aussi agréable de patiner devant un nombreux public. »

17-10-2005