Ligue Europa : Jablonec se heurte à Koubek, le Slavia pas encore qualifié

« Maudits Français ! », diraient probablement les Tchèques, s’ils étaient un peu Québécois, après les défaites infligées jeudi soir par Bordeaux au Slavia Prague (0-2) et par Rennes à Jablonec (0-1) en Ligue Europa. Pour le club pragois, la désillusion bordelaise retarde, et pourrait même compromettre, la qualification en phase finale de la compétition, tandis que Jablonec était d’ores et déjà éliminé.

Le non-match du Slavia

Bordeaux - Slavia Prague, photo: AP Photo/Bob Edme/ČTKBordeaux - Slavia Prague, photo: AP Photo/Bob Edme/ČTK Le Slavia s’est peut-être vu un peu trop beau. Vainqueurs et dominateurs à l’aller à Prague face à des Girondins apathiques (1-0), les Rouges et Blancs, deuxièmes de leur groupe C, avaient simplement besoin pour se qualifier d’empocher plus de points que le FC Copenhague, leur premier poursuivant, qui se déplaçait au Zénith Saint-Pétersbourg. Au final, même un nul aurait suffi puisque les Danois ont été défaits (0-1).

Mais au stade Atlantique, les Tchèques ont été incapables de développer leur jeu. Peut-être l’actuel leader du championnat tchèque s’est-il laissé endormir par les propos d’Eric Bedouet, le coach bordelais, qui, avant la rencontre, a parlé du Slavia comme du « favori » de la poule, l’équipe la plus coriace rencontrée par ses joueurs. Pour son homologue tchèque, Jindřich Trpišovský, le constat à l’issue de la partie était en tout cas sans appel :

« Notre performance a tout simplement été très mauvaise sur tous les plans. C’était très clairement notre plus mauvaise performance. Nous avons concédé tant de frappes à l’adversaire, réalisé tellement d’imprécisions. C’est bien simple, dès la première minute, l’issue de ce match nous pendait au nez. »

Bordeaux - Slavia Prague, photo: AP Photo/Bob Edme/ČTKBordeaux - Slavia Prague, photo: AP Photo/Bob Edme/ČTK Dominateurs sans être réellement dangereux en première mi-temps, les Bordelais ouvrent la marque peu après la reprise (49’) par l’intermédiaire de leur attaquant Nicolas de Préville, à la réception d’un coup franc mal négocié par la défense du Slavia. Dès lors, les Tchèques se montrent un peu plus entreprenants à défaut d’être véritablement dangereux. Sauf à dix minutes du coup de sifflet final, quand la reprise de Jan Sýkora est sauvée sur la ligne par un défenseur bordelais. Le malheureux milieu de terrain s’en veut encore d’avoir raté ça :

« On a fait une mauvaise performance mais j’ai eu une grosse occasion et si je l’avais mise, ce match aurait pu prendre une tournure. Nous aurions pu décrocher le nul et nous serions qualifiés. C’est à moi de faire amende honorable. »

Jan Sýkora n’est cependant pas le seul responsable de la déroute de son équipe. A la fin des arrêts de jeu, Jules Koundé inscrit le deuxième but girondin en profitant de l’extraordinaire passivité des défenseurs tchèques. Pour Jindřich Trpišovský, il faudra que les siens montrent un autre visage le 13 décembre prochain face au Zénith Saint-Pétersbourg. Si le Slavia reste maître de son destin, il est désormais sous la menace directe de Copenhague et de Bordeaux.

Jablonec se heurte à Tomáš Koubek

Jablonec - Rennes, photo: ČTK/Petrášek RadekJablonec - Rennes, photo: ČTK/Petrášek Radek La cinquième journée de cette édition de la Ligue Europa offrait aux amateurs de football une autre confrontation franco-tchèque. Jablonec recevait le Stade Rennais sous une pluie glacée. Le match des mal-classés du groupe K a, comme à l’aller au Roazhon Park, tourné à l’avantage des Bretons, cette fois-ci grâce à une frappe en pleine lucarne de Clément Grenier à la 55e minute.

Les joueurs de Bohême du Nord sont pourtant loin d’avoir démérité. Au contraire, ils ont même posé de nombreux soucis à la défense rennaise qui a dû à plusieurs reprises s’en remettre à son portier, Tomáš Koubek. En difficulté depuis le début de la saison, le local de l’étape, objet de toutes les attentions avant la rencontre, a sorti le grand jeu avec plusieurs arrêts décisifs et la part de chance qu’il convient d’avoir en pareille occasion, notamment à la demi-heure de jeu, quand la frappe à bout portant de Martin Doležal est venue heurtée sa transversale. Le portier rennais restait collectif après la rencontre :

Tomáš Koubek, photo: ČTK/Petrášek RadekTomáš Koubek, photo: ČTK/Petrášek Radek « Bien sûr, je suis content. Cela m’aide et cela aide surtout l’équipe parce que nous avions besoin de cette victoire. Je sais que ce n’était pas très regardable. Peut-être attendait-on davantage de notre part. Mais évidemment, cet environnement n’était pas facile pour les garçons. Ils ne connaissent pas, ils n’y étaient pas préparés. »

La pilule est toutefois difficile à avaler pour Petr Rada, l’entraîneur de Jablonec, qui répète à l’envie que son équipe s’est montrée supérieure sur les deux matchs au Stade Rennais. Cela ne se matérialise pas au classement puisque le club tchèque, qui participe à sa première phase de poules de Ligue Europa, reste bon dernier avec deux points. Grâce à leur victoire, les Rennais joueront leur qualification à domicile face à Astana. Ils auront probablement encore besoin de Tomáš Koubek.