Kreuziger de retour sur le Tour avec une ambition retrouvée

08-07-2019

Un seul coureur tchèque participe cette année au Tour de France cycliste qui s’est élancé de Bruxelles samedi. Sous le maillot de l’équipe sud-africaine Dimension Date, Roman Kreuziger, souvent équipier de luxe par le passé, devrait pouvoir jouer sa carte personnelle pour sa neuvième participation à la Grande Boucle. Et il entend bien profiter de ce statut pour retrouver le Top 10 au classement général.

Roman Kreuziger, photo: Jan Brychta, ČRoRoman Kreuziger, photo: Jan Brychta, ČRo Absent la saison dernière, où la priorité avait été donnée au Tour d’Italie, Roman Kreuziger est de retour sur les routes de France cet été. Et après s'être sacrifié dans un rôle d'équipier pour Alberto Contador chez Saxo-Tinkoff trois ans durant, puis pour les frères Yates chez Mitchelton-Scott la saison dernière encore, le coureur tchèque a enfin endossé un costume de leader au sein de la formation sud-africaine. Et si, parmi les trois grands Tours qui figurent au programme de la saison, il préfère sans doute le profil du Giro et la relative tranquillité de la Vuelta à la nervosité du Tour de France, ce n’est cependant pas avec moins envie qu’il a abordé cette 106e édition de la plus grande course au monde, comme il l’a confié au micro de l’envoyé spécial de la Radio tchèque jeudi dernier, à l’avant-veille du départ :

« J’ai fini le Tour quatre fois parmi les dix premiers au classement général, c’est donc une course qui me réussit plutôt bien, même si je n’ai effectivement pas toujours été dans un rôle de leader et que j’ai souvent davantage été dans celui d’équipier lors de mes dernières participations. Pour cette année, il faudra attendre de voir le déroulement de la course pour mieux définir mon rôle. Quoiqu’il en soit, comme chaque coureur, je suis impatient de prendre le départ du Tour, même si c’est une course que vous détestez parfois, car elle est synonyme de vingt-et-un jours de souffrances. Mais c’est aussi une course avec une ambiance que vous ne retrouvez nulle part ailleurs, et c’est ce qui fait que vous finissez toujours par l’aimer. »

Roman Kreuziger, photo: Filip bossuyt, CC BY 2.0Roman Kreuziger, photo: Filip bossuyt, CC BY 2.0 Huitième en 2009 et 2010, cinquième en 2013 et dixième en 2016, Roman Kreuziger peut raisonnablement espérer se mêler à la lutte pour une nouvelle place dans le TOP 10 au classement général cette année. C’est en tous les cas avec cette idée en tête qu’il a rejoint le Team Dimension Data en début de saison, et c’est aussi l’ambition de son directeur sportif, Gino van Oudenhove :

« Roman est clairement notre meilleure grimpeur. L’équipe l’a bien protégé lors de la première étape pour éviter une éventuelle chute. Lors de ces étapes rapides promises aux sprinteurs, notre principal objectif est de ne pas perdre trop de temps. Ensuite, quand arriveront les premières bosses et les étapes de montagne, nous souhaitons que Roman figure à l’avant de la course et en bonne position au classement général. Mais si ce n’est pas le cas, nous modifierons notre stratégie et jouerons alors la carte individuelle pour viser une victoire d’étape. »

Avant l’arrivée sur le territoire français ce lundi, après deux jours passés en Belgique, Kreuziger a plutôt bien limité les dégâts. Après une étape inaugurale qu’il a finie à l’intérieur du peloton, le Tchèque et les sept autres coureurs du Team Dimension Data ont réalisé le quatorzième meilleur temps du contre-la-montre par équipe, avec un retard de 54’’ sur les vainqueurs, Jumbo-Visma, au bout des 27 kilomètres du parcours. A sa descente de vélo, Kreuziger n’avait donc pas de raison particulière de faire grise mine :

Roman Kreuziger, photo: Tomáš Kohout, ČRoRoman Kreuziger, photo: Tomáš Kohout, ČRo « C’était un tracé très rapide sans véritable difficulté technique sur un terrain légèrement vallonné qui était idéal pour les équipes de rouleurs. Il faut féliciter Jumbo-Visma, qui a réalisé une grande performance et a remporté l’étape avec une nette avance sur les autres. C’est difficile de se mesurer à eux, mais derrière, les écarts ne sont pas très importants, et je pense que nous ne nous en sommes pas trop pas mal sorti en ne finissant pas loin des autres équipes. »

Victime d’une chute à la Flèche wallonne en avril dernier, Kreuziger a pris du retard dans sa préparation au printemps, comme l’a confirmé sa 22e place finale au Tour de Suisse en juin, un résultat décevant de ses propres dires pour sa course de rentrée après six semaines d’entraînement. A 33 ans, le coureur tchèque, ancien champion du monde junior, sait néanmoins qu’il n’a plus beaucoup de temps à perdre, et il espère bien être en mesure d’en perdre le moins possible sur les favoris dès ce mois de juillet sur le goudron du Tour.

08-07-2019