Golf : le Czech Masters continue de rêver de Tiger Woods

19-08-2019

Le Czech Masters de golf, tournoi qui figurait pour la sixième année consécutive au calendrier du prestigieux Tour européen PGA, s’est tenu, quatre jours durant, de jeudi à dimanche derniers, dans les proches environs de Prague. Le Belge Thomas Pieters s’y est imposé pour la deuxième fois de sa carrière, terrassant ainsi le plus beau plateau de joueurs jamais réuni en République tchèque.

Thomas Pieters, photo: ČTK / Ondřej DemlThomas Pieters, photo: ČTK / Ondřej Deml

Avec le traditionnel Grand Prix moto à Brno, le Czech Masters de golf, dont il s’agissait de la sixième édition, est le plus grand événement sportif organisé chaque année en République tchèque. Le montant de son budget est estimé à quatre millions d’euros, dont un peu plus d’un quart est consacré au prize money, les gains des joueurs. En s’imposant dimanche sur le parcours de l’Albatross à Vyskoý Újezd, dans les proches environs de Prague, pour la deuxième fois de sa carrière, après une grande première en 2015, Thomas Pieters a empoché quelque 165 000 euros. Auteur d’un score final de -19 ((67+67+66+69) après un ultime put converti pour la gagne sur le 72e trou, le Belge a devancé d’un coup l’Espagnol Adri Arnaus, s’offrant ainsi le quatrième titre de sa carrière sur le Tour européen.

Thomas Pieters, photo: ČTK / Miroslav ChaloupkaThomas Pieters, photo: ČTK / Miroslav Chaloupka Cela faisait trois ans que Thomas Pieters, quatrième du tournoi olympique en 2016, n’avait plus signé la moindre victoire. C’est donc très soulagé qu’il s’est présenté devant les micros à la sortie du green :

« Je suis très heureux, c’est une bonne sensation de gagner de nouveau. Je n’ai jamais douté de moi pendant cette période (sans succès), mais cela a été long à cause d’un swing que je ne sentais pas bien. C’est difficile quand tout le monde pense que vous devriez gagner deux ou trois fois par an. Bien sûr, c’est agréable à entendre, mais c’est aussi parfois pénible, car j’avais l’impression de ne pas tirer le maximum de mon potentiel. Mais aujourd’hui, j’ai gardé le contrôle toute la journée en m’occupant d’abord de mon niveau de jeu. »

Au final, Tom Pieters vainqueur à Prague, c’est donc tout sauf une surprise, le Belge ayant toujours fini dans le Top 10 du tournoi depuis sa première participation victorieuse il y a quatre ans.

Ce Czech Masters a aussi été l’occasion pour le public tchèque, toujours plus nombreux, de voir en action quelques-uns des grands noms du monde de la petite balle blanche, parmi lesquels notamment le Sud-Africain Ernie Els, ancien vainqueur de quatre tournois du Grand Chelem et ancien numéro un mondial, l’Anglais Lee Westwood ou encore l’Irlandais Padraig Harrington, lui aussi détenteur de trois Majors. Toutefois, aucun d’entre eux ne s’y est présenté sous son meilleur jour. Promoteur du Czech Masters, Petr Dědek est aussi le grand artisan de son maintien dans le calendrier du Tour européen PGA, le plus important circuit de golf professionnel en Europe. Malgré la fragilité financière du tournoi, il veut continuer de voir les choses en grand pour les prochaines éditions :

Tiger Woods, photo: Keith Allison, CC BY-SA 2.0Tiger Woods, photo: Keith Allison, CC BY-SA 2.0 « C’est vrai que nous avons réuni cette année le plus beau plateau de joueurs jamais vu en République tchèque. Il y avait bien sûr les grandes vedettes pour les affiches et la promotion du tournoi, mais aussi d’autres très bons joueurs comme Eddie Pepperell ou Bernd Wiesberger, qui figurent actuellement parmi les cinquante meilleures mondiaux. Mais je ne désespère pas d’attirer un jour Tiger Woods et d’autres grandes stars américaines. »

Le plus important pour l’avenir du Czech Masters, et plus encore pour le développement de la popularité du golf en République tchèque, reste néanmoins l’éclosion d’un joueur tchèque en mesure de concurrencer les meilleurs. Mais ces vingt-cinq dernières années, seuls trois Tchèques sont parvenus à franchir le cut sur une épreuve continentale. Actuellement, le numéro un tchèque est Stanislav Matuš, complétement inconnu du grand public et noyé dans les profondeurs du classement européen. Pas plus lui que les douze autres invités au Czech Masters ne sont allés au-delà des deux premiers jours de compétition. C’est d’ailleurs même un amateur, Jakub Bareš, 83e, qui s’en est encore le mieux tiré ce week-end…

Czech Masters à Vysoký Újezd, photo: ČTK / Ondřej DemlCzech Masters à Vysoký Újezd, photo: ČTK / Ondřej Deml
19-08-2019