Foot : un derby pragois moyen, mais comme on l’aime quand même

C’était le 290e de l’histoire. Un de plus. Le traditionnel derby pragois entre le Sparta et le Slavia, disputé dans le cadre de la 14e journée de la Fortuna Liga, le championnat de République tchèque de football, a vu les deux grands rivaux se quitter dos à dos sur un score de parité (2-2). Chaud sur le terrain, chaud dans les tribunes, le derby a somme toute répondu aux attentes.

Le traditionnel derby pragois entre le Sparta et le Slavia, photo: ČTK/Šimánek VítLe traditionnel derby pragois entre le Sparta et le Slavia, photo: ČTK/Šimánek Vít Le premier derby des « S » pragois - comme les Tchèques l’appellent – remontent au 29 mars 1896. La Bohême était encore un royaume de l’Empire austro-hongrois et ce premier affrontement entre deux clubs dont la rivalité allait grandir au fil des années et des décennies, s’était disputé devant 121 spectateurs sur l'île dite « du pré impérial » - Císařská louka. Plus qu’une île, une large berge lieu qui était un lieu de promenade très prisé des Pragois le dimanche au XIXe siècle, et sur laquelle a probablement été organisé le festin pour la célébration du couronnement du roi Venceslas II en 1297.

Loin de ces considérations historiques, le 290e duel entre le Sparta et le Slavia n’a abouti au couronnement d’aucun nouveau roi. Très engagé comme souvent, indécis jusqu’au bout, disputé dans une chaude ambiance comme seul le derby peut en offrir dans le championnat tchèque, mais d’un faible niveau technique, le derby pragois s’est achevé sur un logique partage des points, comme le concédait, à l’issue du match, le milieu de terrain ivoirien du Slavia

« Nous sommes venus ici avec l’intention de gagner, mais c’est un derby et on sait bien que la priorité est d’abord de ne pas perdre. Ramener un point du Sparta n’est pas un mauvais résultat. C’était un match difficile, même si on a fait le plus difficile en marquant les premiers. Mais on s’est ensuite un peu relâchés et le Sparta a poussé. On a commis des erreurs, moi le premier en concédant ce penalty juste avant la mi-temps qui a permis au Sparta de prendre l’avantage. Heureusement, nous avons égalisé en deuxième mi-temps, ça reste donc plutôt positif. »

Zdeněk Ščasný (à droite) et l'entraîneur du Jindřich Trpišovský, photo: ČTK/Šimánek VítZdeněk Ščasný (à droite) et l'entraîneur du Jindřich Trpišovský, photo: ČTK/Šimánek Vít Le Slavia a d’abord ouvert le score suite à une reprise de la tête sur un corner de son défenseur Ondřej Kúdela à la 36e minute. Les Rouges et Blancs auraient même pu posséder deux buts d’avance, deux minutes à peine plus tard, si une autre tête cette fois de leur attaquant nigérian Peter Olayinka n’avait terminé sa course sur le poteau du gardien roumain Florin Nita du Sparta. Mais c’est le Sparta, coup sur coup par ses deux joueurs africains, d’abord par son attaquant ghanéen Benjamin Tetteh (42e) puis par son international gabonais Guélor Kanga sur penalty (45e+2), qui a pris les devants au tableau d’affichage juste avant la mi-temps, avant que le Slavia, brouillon mais plus entreprenant, ne recolle en milieu de seconde période (70e) grâce à un nouveau coup de tête sur un énième corner cette fois de son milieu Tomáš Souček. Deux buts concédés sur coups de pied arrêtés qui ont mis dans une colère froide l’entraîneur du Sparta Zdeněk Ščasný:

« Le Slavia est actuellement dans une très belle forme, mais je reste convaincu que nous avons une meilleure équipe, même si le classement dit autre chose. Le Slavia joue beaucoup avec beaucoup d’énergie en faisant un gros pressing avec une importante prise de risques, mais je pense que notre qualité de jeu est supérieure. Malheureusement nous commettons des erreurs impardonnables à ce niveau. Quand vous encaissez deux buts sur des corners en commettant de telles fautes de marquage et de placement, cela devient très compliqué dans un match comme celui-ci. Cela l’est d’autant plus que nous avons eu des occasions en début de deuxième mi-temps pour punir le Slavia en inscrivant un troisième but. »

Ce résultat nul fait donc plutôt l’affaire du Slavia, tout heureux de s’en tirer à si bon compte au vu de sa médiocre prestation dans le jeu. Ce point lui permet de retrouver son fauteuil de leader grâce à une meilleure différence de buts que le Viktoria Plzeň. Samedi, le club de Bohême de l’Ouest, qui recevra le grand Real Madrid ce mercredi en Ligue des champions, s’était en effet imposé sur la pelouse d’Ostrava (1-0) en assurant le minimum syndical dans ce qui était l’autre match au sommet de cette 14e journée. Le duo de tête dispose de sept points d’avance sur un trio de poursuivants composé du Sparta, loin de satisfaire aux ambitions affichés en début de saison, et de deux clubs moraves Zlín et le Baník Ostrava.

Ibrahim Traoré : « Les Africains m’aident beaucoup au Slavia »

Ibrahim Traoré (à gauche) et Guélor Kanga du Sparta, photo: Michal Krumphanzl/ČTKIbrahim Traoré (à gauche) et Guélor Kanga du Sparta, photo: Michal Krumphanzl/ČTK A la fin de ce derby sans vainqueur, nous nous sommes brièvement entretenus avec Ibrahim Traoré, le milieu de terrain ivoirien du Slavia Prague. Arrivé en provenance de Zlín au début du mois de septembre, le milieu de terrain ivoirien, souvent titulaire en championnat comme en Ligue Europa, a réussi son adaptation dans le club de la capitale. Malheureux toutefois dimanche, avec un carton jaune et une faute de main sanctionnée d’un penalty, Ibrahim Traoré a été remplacé à la mi-temps. Au moins était-il plus lucide pour répondre à nos questions…