Foot : Michal Bílek, nouveau sélectionneur d’une équipe tchèque à rajeunir

Depuis mardi dernier, l’équipe de République tchèque possède un nouveau sélectionneur. Il s’agit de Michal Bílek, qui était déjà l’assistant d’Ivan Hašek lors des derniers matchs de qualification pour la Coupe du monde. Michal Bílek a signé un contrat de deux ans avec pour mission de qualifier la République tchèque pour le championnat d’Europe 2012.

Michal Bílek, photo: CTKMichal Bílek, photo: CTK La valse des entraîneurs se poursuit donc à la tête de l’équipe nationale tchèque de football. Mardi dernier, c’est sans surprise Michal Bílek qui a été nommé nouveau sélectionneur. Depuis le début de l’année, il s’agit du quatrième coach à prendre la direction de la Reprezentace. Michal Bílek succède en effet à Petr Rada, limogé après la défaite concédée en avril à domicile contre la Slovaquie en éliminatoires de la Coupe du monde, à František Straka, qui n’est resté en poste que le temps d’un match amical sans signification contre Malte, et à Ivan Hašek, président de la fédération auto-désigné sélectionneur dans l’urgence pour la dernière ligne droite des qualifications. La République tchèque n’étant finalement pas parvenue à décrocher son billet pour le Mondial sud-africain à l’été prochain, l’intérim d’Ivan Hašek a donc pris fin et l’heure d’un nouveau changement avait sonné.

Ivan Hašek et Michal Bílek, photo: CTKIvan Hašek et Michal Bílek, photo: CTK Le choix s’est porté sur une certaine forme de continuité puisque Michal Bílek a été l’assistant d’Ivan Hašek depuis la prise de fonction de ce dernier lors du match amical contre la Belgique fin août. C’est d’ailleurs sous cet angle que le président de la fédération, Ivan Hašek, a justifié le choix de Michal Bílek :

« C’est avant tout un choix humain et professionnel. Je pense qu’il a toutes les compétences pour diriger l’équipe nationale. En outre, sa fonction d’assistant lors des cinq derniers matchs lui donnait un avantage par rapport aux autres candidats potentiels. Il connaît déjà le groupe. Son rôle sera désormais de préparer une équipe avec pour objectif de la qualifier pour le prochain championnat d’Europe. »

Agé de 44 ans, Michal Bílek, ancien entraîneur entre autres du Sparta Prague, club sous le maillot duquel il a également été élu meilleur joueur tchécoslovaque en 1989, dirigera son premier match à la tête de l’équipe nationale lors d’un tournoi à Dubaï mi-novembre. Jusqu’à l’automne prochain et le début des éliminatoires pour le prochain Euro, les Tchèques ne disputeront que des matchs amicaux. Et Michal Bílek sait déjà sur quels joueurs il entend s’appuyer :

« L’épine dorsale de l’équipe ne changera pas. Nous disposons de plusieurs joueurs de qualité qui jouent un rôle-clef dans leurs clubs, un peu partout en Europe. Je compte m’appuyer sur ces leaders et il n’y a donc pas lieu de tout bouleverser. Mais il faut aussi reconnaître que notre parcours lors des qualifications n’a pas été bon et c’est pourquoi il convient quand même de procéder à quelques changements. Il y a certains joueurs qui stagnent et ce sont ceux-là qu’il faut remplacer. Pour cela, j’ai l’intention d’être en relation étroite avec l’entraîneur de la sélection espoirs afin que nous ayons le meilleur suivi possible des jeunes joueurs. »

Photo: CTKPhoto: CTK Intégrer des jeunes et apporter du sang neuf seront donc les deux priorités de Michal Bílek dans un proche avenir. Car au-delà de l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine, le grand objectif à plus long terme pour la République tchèque sera la Coupe du monde 2014 au Brésil. Mais même s’il est bien connu du public, notamment pour son passé de très bon joueur et ses 35 sélections avec la Tchécoslovaquie, pour beaucoup, Michal Bílek n’est pas l’homme de la situation, comme le pense, par exemple, Antonín Panenka :

Antonín Panenka, photo: CTKAntonín Panenka, photo: CTK « Pour moi, il ne s’agit pas de l’entraîneur idéal pour l’équipe nationale. J’estime qu’il ne possède pas de suffisamment d’expérience pour un tel poste et que les résultats qu’il a obtenus dans les clubs où il est passé n’ont rien d’extraordinaire non plus. D’un autre côté, Michal Bílek est encore un jeune entraîneur et il aura de nombreux conseillers à ses côtés. Je dois aussi reconnaître que ce n’était pas un choix facile, car actuellement je ne vois aucun entraîneur dans notre pays susceptible de diriger l’équipe nationale. »

Nombreux sont ceux qui reprochent à Michal Bílek également son manque de personnalité. Le président Ivan Hašek lui-même a admis avoir pensé à d’autres candidats, même s’il affirme n’avoir jamais sérieusement envisagé l’engagement d’un entraîneur étranger, ce qui aurait été une première dans l’histoire du football tchèque. Une possibilité qui ne plaît pas non plus à Antonín Panenka :

« Personnellement, je n’y suis pas favorable. Je ne pense pas que ce soit une bonne solution, essentiellement parce que la mentalité tchèque est différente de celle d’autres pays européens. Je pense qu’un sélectionneur étranger aurait la tâche très difficile chez nous, il serait toujours critiqué. En un mot, c’est une solution à laquelle je suis opposé. »

C’est donc avec un jeune entraîneur tchèque que l’équipe nationale rajeunie s’efforcera de se qualifier pour l’Euro 2012.