Escalade – Mondiaux : avec Adam Ondra en chef de file, la République tchèque est devenue une nouvelle nation forte

19-08-2019

Malgré la déception engendrée, ce lundi, par la non-qualification d’Adam Ondra pour la finale de l’épreuve du combiné, contre-performance qui remet en cause sa participation aux Jeux olympiques l’année prochaine, les championnats du monde d’escalade au Japon resteront une grande réussite pour la République tchèque. Après le titre remporté, jeudi dernier, par Adam Ondra dans l’épreuve de difficulté, Jan Kříž a en effet décroché la médaille d’argent dans celle de la vitesse, samedi.

Jan Kříž, photo: Kyodo News via AP / ČTKJan Kříž, photo: Kyodo News via AP / ČTK Depuis quelque temps déjà, qui dit escalade en République tchèque, dit forcément Adam Ondra. Le désormais triple champion du monde en difficulté, bien connu dans le monde de l’escalade pour être devenu le premier grimpeur à réussir l’ascension d’une voie classée « 9c », soit le plus haut niveau de difficulté jamais entrepris, est devenu un sportif populaire en République tchèque. La preuve : c’est essentiellement pour suivre ses performances que la Radio tchèque a envoyé un reporter pour couvrir le Mondial qui se tient à Hachioji jusqu’à jeudi encore.

Mais aussi celles, plus inattendues de Jan Kříž, battu de justesse en finale de l’épreuve de vitesse par l’Italien Ludovico Fossali. Selon le nouveau vice-champion du monde, il s’agit là d’une progression logique :

« Nous avons désormais une équipe qui s’occupe de nous et de tous les à-côté de la compétition. Nous n’avons plus à nous chercher nous-mêmes du logement, on nous réserve nos billets d’avion et ce n’est plus à nous d’aller aux réunions techniques avant les épreuves. Ce sont nos entraîneurs qui s’occupent de tout ça. Mais ce n’est pas tout : nous disposons aussi maintenant des services d’un physiothérapeute, et nous avons même une photographe avec nous ! Bref, cela fait pas mal de gens qui sont à notre service et les bons résultats que nous obtenons sont aussi les leurs. »

Jan Kříž, Ludovico Fossali, Stanislav Kokorin, photo: Kyodo News via AP / ČTKJan Kříž, Ludovico Fossali, Stanislav Kokorin, photo: Kyodo News via AP / ČTK

Au classement des nations, la République tchèque a également terminé troisième en difficulté, épreuve historique de l’escalade, bien aidée en cela, il est vrai, par le titre d’Adam Ondra. Mais au-delà encore des podiums, aucun autre pays ne disposait d’un représentant dans chacune des finales des épreuves à la fois, de bloc, de vitesse et de difficulté. Pour Tomáš Binter non plus, entraîneur en chef de l’équipe nationale tchèque, ce résultat n’est pas le fruit du hasard :

Adam Ondra, photo: ČTK/AP/Jae C. HongAdam Ondra, photo: ČTK/AP/Jae C. Hong « Le fait que nos performances soient meilleures dans toutes les catégories et dans toutes les disciplines confirment que nous travaillons bien. La formation des jeunes reste le plus important pour nous. Alors que nous figurions en queue de peloton tant à l’échelle mondiale qu’européenne il y a encore quelques années de cela, nous comptons désormais parmi les nations fortes aujourd’hui. Avant, il y avait Adam Ondra et plus rien ou presque derrière. Ce n’est plus le cas et, franchement, je ne pensais vivre ça un jour. »

La non-qualification d’Adam Ondra pour les JO dans l’épreuve du combiné (bloc, vitesse, difficulté) restera donc l’unique déception de ces Mondiaux, et ce alors que l’escalade figurera au programme à Tokyo l’année prochaine pour la première fois de l’histoire. Seulement 18e ce lundi, alors qu’il était monté sur la deuxième marche du podium lors des précédents Mondiaux, le Tchèque aura néanmoins encore l’occasion de se rattraper, histoire de ne pas rater des Jeux dont, hors falaise, il a fait sa priorité.

19-08-2019