Escalade-difficulté : Adam Ondra prophète en son pays

04-11-2019

« Je suis Adam Ondra et j’aime l’escalade »: c'est ainsi que s’est présenté en français au micro de Radio Prague International celui que l’on ne présente plus. Ce week-end, le grimpeur tchèque de 26 ans a une nouvelle fois brillé et s’est facilement octroyé le titre de champion tchèque de difficulté. Radio Prague Int. était sur place.

Adam Ondra, photo: Camille MontagnonAdam Ondra, photo: Camille Montagnon

Revenu de Chine où il a remporté la Coupe du monde d’escalade le mois dernier, c’est à la salle Big Wall, à Prague 9, et sous les encouragements du public tchèque qu’Adam Ondra a performé :

Adam Ondra, photo: Camille MontagnonAdam Ondra, photo: Camille Montagnon « Je pense que si parmi tous les grimpeurs certains tchèques n’en connaissent qu’un, c’est probablement moi. Donc c’est cool, bien sûr ! Je pense que je fais de la bonne publicité à mon pays dans le monde. Et dans le même temps je fais de la bonne publicité à mon sport en République tchèque. Il y a une longue tradition d’escalade ici. Hors de Prague il y a beaucoup de tours en grès qui ont connu des centaines d’années d’escalade. L’engouement autour de la grimpe en salle à Prague, Brno ou dans d’autres villes est apparu il y a environ cinq ans, soit en même temps que partout ailleurs. Mais je pense que ma médiatisation a aussi aidé. Quand je m’entraine c’est la plupart du temps dans ma ville d’origine qui est Brno, en République tchèque. »

Si dimanche il n’est pas parvenu à saisir la prise de fin, Adam Ondra est le seul à avoir atteint le sommet du mur, suivi de près par Jakub Konečný, qui n’est cependant pas parvenu à aller au-delà de l’avant-dernière dégaine. Martin Stráník est venu compléter ce podium masculin, conformément aux pronostics que nous avait confiés Adam avant le début de la compétition :

« Je devrais être confiant. Bien sûr, cette saison il y a Martin Stráník, Jakub Konečný qui sont tous les deux assez forts et qui ont fait certaines finales de coupe du monde donc ça ne sera certainement pas facile. Mais j’essaie d’être confiant, et je veux essayer de ne pas prendre la chose trop sérieusement parce que la véritable et sérieuse compétition, dans laquelle il sera important de performer, c’est dans trois ou quatre semaines à Toulouse. »

Adam Ondra, photo: Camille MontagnonAdam Ondra, photo: Camille Montagnon Si seuls les dix premiers du classement combiné - difficulté, bloc et vitesse- sont qualifiés pour Toulouse, ce qui n’est pas le cas de Jakub Konečný et Martin Stráník, ils auront la possibilité de se qualifier pour les JO lors des prochains championnats européens. Cela sera cependant plus difficile que pour Ondra qui pourra se contenter d’une des six premières places sur les vingt grimpeurs qui s’affronteront à partir du 28 novembre prochain.

A en croire le champion tchèque, les championnats nationaux de ce week-end n’étaient qu’une promenade de santé par rapport aux qualifications pour les JO à venir :

« Ce sont les championnats tchèques de difficulté. Pour moi c’est une sorte de pause entre les entrainements aux qualifications pour les Jeux Olympiques qui auront lieu à Toulouse, en France. Donc je suis là, je grimpe un peu et j’essaie de profiter. »

Adam Ondra, photo: Camille MontagnonAdam Ondra, photo: Camille Montagnon Profiter avant de se rendre à Tournefeuille donc, où Ondra se réjouit de retrouver un public français qu’il affectionne particulièrement :

« Je pense que la culture de la grimpe en France est formidable. Chaque compétition organisée en France, est toujours suivie par beaucoup de passionnés d’escalade et l’atmosphère est toujours merveilleuse, oui ! Et je ne crois pas que cela soit différent à Toulouse. J’ai jeté un œil et toutes les places sont réservées donc… »

Et lorsqu’on lui demande ce qui fait la différence entre lui et les autres, Adam Ondra répond :

« L’escalade est une chose extrêmement complexe. Il ne s’agit pas simplement de puissance mais aussi de technique. Au-delà de la technique, il y a tellement d’autres choses, notamment le mental. Je pense qu’en escalade, la performance est composée de nombreux facteurs, et je suis assez bon dans chacun de ces facteurs ce qui fait qu’au final, j’ai fini par très bien grimper ».

Photo: Camille MontagnonPhoto: Camille Montagnon « Ce qui est très important c’est que je suis vraiment passionné d’escalade. D’un certain point de vue, j’ai sacrifié énormément de choses pour la grimpe, mais moi je ne les perçois pas comme des sacrifices, parce que j’aime tellement ça ! Je prends beaucoup de plaisir à m’entraîner cinq heures par jour, presque tous les jours, même si pour quelqu’un d’autre ça peut sembler être la pire chose au monde ! C’est dur, mais tout dépend de la manière dont vous le percevez : pour moi il ne s’agit pas que d’entrainements difficiles, mais aussi de moments très divertissants. J’y pense comme quelque chose de très fun, et je pense que c’est aussi ça qui permet de rendre les entrainements plus efficaces. »

Une efficacité que l’on retrouve dans la rapidité de sa grimpe, bien qu’il se soit autorisé une courte pause pour saluer et sourire au public tchèque au cours de son ascension.

Du côté des filles, c’est la jeune Eliška Adamovská qui remporté l’or dimanche, devant Michaela Smetanová et Nikola Králíková.

04-11-2019