Quand tombent les mangues

26-12-2016

Il y a neuf ans de cela, une émission de Radio Prague diffusée le jour de Noël avait été consacrée à un médecin tchèque victime du « mal d’Afrique », cette attirance pour le continent noir évoquée par les colonisateurs à leur retour en France. Ce médecin s’appelait Marcel Drlík*. De retour en République tchèque après un an passé dans un hôpital de Bozoum, dans le nord-ouest de la République centrafricaine, Marcel Drlík avait fondé, en 2006, avec quelques amis, SIRIRI, une ONG qui œuvre essentiellement dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’agriculture. Depuis, tel un de ces centaines d’enfants centrafricains que ce chirurgien pédiatre a aidés à venir au monde, SIRIRI a bien grandi. Son directeur Vojtěch Bílý et une des volontaires de l’organisation, Adriana Vlasáková, ont évoqué cette évolution dans les studios de Radio Prague :

Adriana Vlasáková et Vojtěch Bílý, photo: Štěpánka BudkováAdriana Vlasáková et Vojtěch Bílý, photo: Štěpánka Budková SIRIRI a fêté cette année son dixième anniversaire ; un anniversaire marqué notamment par le lancement officiel du programme éducatif « Škola hrou » - « Apprendre (ou L’école) en jouant ». Son objectif : apprendre aux petits élèves centrafricains les bases de la lecture et de l’écriture dans leur langue natale, et non plus en français, une langue qu’il ne parle le plus souvent pas à leur arrivée à l’école, comme cela est d’usage jusqu’à présent.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Pour mener à bien ce projet « d’école intelligente » dont les cinq principes pédagogiques sont la coopération, la démonstration, l’évaluation, la pratique et la réflexion, SIRIRI a conçu notamment un syllabaire en sango, la langue véhiculaire en Centrafrique. Comme l’expliquent dans un excellent français Vojtěch Bilý et Adriana Vlasáková, qui ont participé à une formation d’enseignants de Bozoum en septembre dernier en compagnie de huit autres volontaires tchèques, ce manuel imprimé en République tchèque permet désormais d’assurer un enseignement ludique et en sango durant la première année d’école.

Après un projet pilote en 2015, le programme, fort de son succès et de sa réussite, s’est donc développé en 2016 et devrait, à moyen terme, continuer à être diffusé progressivement au-delà de Bozoum, ville située à 400 kilomètres au nord de la capitale Bangui, comme l’espèrent les responsables de SIRIRI.

Adriana Vlasáková et Vojtěch Bílý, photo: Štěpánka BudkováAdriana Vlasáková et Vojtěch Bílý, photo: Štěpánka Budková Pour en savoir plus sur ce programme « Apprendre ou l’école en jouant », mais aussi sur l’histoire de SIRIRI, ses autres actions dans un des pays les plus pauvres au monde, sur l’expérience qu’a vécue Vojtěch Bilý, ancien bachelier de la section tchèque du lycée Carnot à Dijon, lorsque la guerre civile faisait rage lors de son premier séjour en Centrafrique ou encore sur les mangues qui tombaient sur les toitures en tôle de l’école, écoutez donc cet entretien…

 « Nzoni matanga ti Noel » ou « Veselé Vánoce » en sango – Joyeux Noël !

https://siriri.org/

*Cf.: http://www.radio.cz/fr/rubrique/special/le-medecin-tcheque-victime-du-mal-dafrique

Toujours à propos de SIRIRI, cf. aussi :

http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/en-centrafrique-laction-concrete-dune-ong-tcheque

26-12-2016