A Bruxelles, Zátopek fête son anniversaire

17-01-2017

« Všechno nejlepší k narozeninám, Emilku ! » Zátopek, entendez par là le magazine Zatopek, fête ce mardi, à Bruxelles, son 10e anniversaire. En janvier 2007 sortait le premier numéro d’un magazine en français de course à pied baptisé du nom du célèbre athlète tchèque Emil Zátopek.

Gilles Goetghebuer, Anna Muratore, Aurore Braconnier, photo: Guillaume NarguetGilles Goetghebuer, Anna Muratore, Aurore Braconnier, photo: Guillaume Narguet « La première fois que j’ai entendu Gilles (Goetghebuer, le rédacteur en chef, ndlr) prononcer son nom, je lui ai demandé de répéter et si Zapotek (sic) était un clown. J’avais franchement du mal à le situer… »

Ne vous fiez surtout pas aux apparences… Malgré ce qu’elle affirme sur le ton de la plaisanterie, Anna Muratore, une des quelques journalistes qui travaillent au sein de la rédaction du magazine, sait désormais très bien de qui et de quoi il en retourne à l’évocation du nom de Zátopek :

« Cela a été vite rétabli et nous avons en effet découvert un personnage avec une aura incroyable. Cela est certes limité à la course à pied, mais il a une dimension énorme à l’international. C’était une grande figure mondiale de l’athlétisme. Et puis cela m’a permis de découvrir une personnalité très attachante et un homme habitué aux performances qui a révolutionné le monde de la course à pied. »

« Moi, j’appartiens à une génération qui ne connaît pas beaucoup Zátopek. Même parmi les sportifs qui lisent le magazine, j’en entends qui disent ‘Ah oui, j’aime beaucoup Zapotek’… »

Aurore Braconnier, elle, est la petite dernière de la rédaction. Et comme sa collègue Anna, Aurore aussi a d’abord dû se familiariser avec ce drôle de personnage d’une autre époque et d’un autre monde :

Photo: Zatopek MagazinePhoto: Zatopek Magazine « J’ai eu la chance d’interviewer pas mal de personnes qui appartenaient à la génération de Zátopek et qui m’ont fait découvrir un homme qui avait l’air d’avoir beaucoup de valeurs humaines qui transcendent et dépassent le cadre du sport. Je suis donc très contente d’en apprendre toujours un peu plus et je pense qu’il inspire encore beaucoup de monde. »

Alain Mimoun, grand ami de Zátopek - que « le bon Dieu m’a donné », affirmait-il – ne compte pas parmi les noms qu’Aurore Braconnier a eu le plaisir d’interroger, et ce même si une très émouvante interview du champion olympique du marathon à Melbourne en 1956 a bien entendu été publiée dans le magazine durant ces dix années. Mais des champions qui ont évoqué leurs souvenirs de « La locomotive humaine », surnom du Tchèque, Aurore en a rencontré d’autres :

« J’ai fait Michel Jazy, Fernand Kolbeck ou encore Bruce Tulloh, autant d’athlètes qui ont côtoyé ou qui étaient plus ou moins proches de Zátopek. Tous en parlaient avec beaucoup de respect. Humble, modeste, très travailleur, solidaire, généreux… En gros, c’est toujours ce qui est ressorti du portrait qui était dressé de Zátopek dans ces interviews. »

Ces valeurs qui étaient celles du coureur tchèque sont aussi celles que s’efforce de transmettre le magazine. Aujourd’hui, ce Zátopek de papier en textes et en images a donc dix ans, un âge à deux chiffres. Et si un enfant reste encore un enfant à dix ans, c’est aussi un temps où un jeune homme ou une jeune fille sera bientôt un adulte. Pour un magazine comme Zatopek, les choses se passent un peu différemment, comme l’explique son rédacteur en chef, Gilles Goetghebuer :

Photo: Guillaume NarguetPhoto: Guillaume Narguet « Un magazine vieillit plus vite qu’un enfant. Il prend un rythme de croisière dès le deuxième numéro. La grande difficulté dans le monde de l’édition, ce n’est pas le premier numéro, car on peut mobiliser toutes les énergies et il y a beaucoup d’enthousiasme. En revanche, cela se complique dès le deuxième numéro. On rentre alors dans une logique de continuité, ce qui signifie trouver de nouveaux sujets et contributeurs. Mais Zatopek a passé ce stade jusqu’à donc fêter son dixième anniversaire. »

« Nous avons commencé modestement sur la Belgique francophone, ce qui ne fait que quatre des dix millions d’habitants que compte notre pays. Puis, au fur et à mesure du succès du magazine, le territoire s’est élargi avec une version néerlandophone de Zatopek, et des versions pour la France, la Suisse et le Canada. Nous avons ainsi un magazine trimestriel qui est distribué dans tous les pays francophones. »

« Cette périodicité nous distingue des autres magazines de course à pied dans le sens où nous ne pouvons pas traiter de l’actualité sportive en tant que telle en raison des délais de parution. Nous nous intéressons donc plutôt à des thématiques comme la place que le sport ou la course à pied occupe dans la société, c’est-à-dire tous les liens qu’il est possible de faire avec l’histoire, la médecine, la sociologie ou l’économie…. Finalement, l’activité de la course à pied peut être reliée pratiquement à tous les sujets. Via la course à pied, nous touchons du doigt des notions comme l’alimentation, l’organisation de son temps libre ou les voyages. Zatopek doit permettre d’utiliser la course à pied comme une fenêtre ouverte sur le monde. »

« Quant à savoir si les lecteurs sont réceptifs à ce type de sujets, nous pouvons en juger par le courrier que nous recevons et l’évolution des ventes. C’est pourquoi je répondrais par l’affirmative. Globalement, tous pays compris, nous arrivons à vendre 25 à 30 000 exemplaires de chaque numéro de Zatopek dans le monde. Cela fait donc peut-être quelques centaines de milliers de lecteurs. »

Et pour fêter ces milliers de lecteurs amateurs de course à pied qui, au fil de la décennie, ont découvert ou appris à mieux connaître Emil Zátopek, une manifestation très particulière est organisée ce mardi soir en coopération avec le Centre tchèque à Bruxelles et le Comité olympique tchèque. Un événement dont Gilles Goetghebuer est heureux et fier de la tenue :

« C’est une manifestation que nous avons appelée le ‘Zátopek revival run’, puisque nous allons reproduire le record du monde qu’Emil Zátopek a établi à Bruxelles le 1er juin 1954 au stade des Trois tilleuls. Nous avons donc donné rendez-vous dans ce stade un peu désuet mais qui a gardé son charme qui se situe dans la commune de Boitsfort à tous ceux qui collaborent de près ou de loin à Zatopek, ainsi qu’à nos lecteurs. Le but est d’égaler le record de Zátopek… Mais nous n’avons bien évidemment personne pour faire vingt-cinq tours de piste en 28’54’’, nous avons formé des équipes dont les membres se relaieront. Chacun fera donc en fonction de son état de forme et de ses possibilités, la participation peut se limiter à quelques centaines de mètres. Un meneur d’allure à vélo a également été prévu. Ce sera notre référence, notre locomotive. »

« Je pense que c’est une manifestation importante aussi pour l’ambassade tchèque. S’il existait un magazine de cyclisme qui s’appelait Eddy Merckx en Tchéquie, je ne doute pas un instant que les Belges s’enorgueilliraient de la chose. Je sens donc bien qu’il y a une forme de fierté à ce que ce nom de Zátopek passe à travers les générations. Du coup, comme des conditions climatiques ‘tchèques’ très froides sont attendues ce mardi soir à Bruxelles, l’ambassadeur a prévu un grand samovar d’une liqueur tchèque servie chaud qui devrait retaper tous les coureurs. »

 « Et puis la course sera suivie d’une exposition de très grandes planches de la bande dessinée récemment sortie et consacrée à la biographie de Zátopek (cf. : http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/emil-zatopek-recourt-en-bd). »

Et pour en savoir plus sur cette belle « soirée revival Zátopek » dans la capitale européenne, soyez à l’écoute de nos émissions ce mercredi.

17-01-2017