Viktor Kalabis, le symphoniste

09-03-2009

"Lorsque j'ai entendu, pour la première fois, des mélodies de Bohuslav Martinů, ses polkas pour piano, sa "Comédie sur le pont" et même les thèmes de ses symphonies inimitables, j'ai éprouvé la même sensation qu'en lisant l'équation d'Albert Einstein exprimant sa théorie de la relativité. Comment était-il possible de susciter tant d’émotions avec des moyens aussi modestes ?" s'interroge le compositeur tchèque, Viktor Kalabis.

Né en 1923 à Červený Kostelec en Bohême, Viktor Kalabis a voué toute sa vie à la musique. Au conservatoire et à l'Académie de musique à Prague, il a été élève des compositeurs renommés Emil Hlobil et Jaroslav Řídký. Entre 1953 et 1972, il a travaillé à la Radiodiffusion tchèque, et à partir de 1972, il s'est adonné exclusivement à la composition. Parmi les grands de la musique qui l'intéressent particulièrement, et dont l'influence se fait sentir dans son style, il y a non seulement Martinů, mais aussi Brahms, Honegger, Janáček, Ravel. Il avoue surtout son admiration pour Bartók. D'ailleurs, selon un critique, par son écriture symphonique, qui évolue "pour arriver à cette puissance expressive, dépouillée, dense, au lyrisme inné, Kalabis s'est rapproché des recherches modales de Bartók."

Viktor Kalabis est un symphoniste. Cela ne veut pas dire qu'il n'écrive pas de musique de chambre et qu'il ne soit pas attiré par la musique vocale. Mais déjà, le nombre de ses oeuvres symphoniques est impressionnant. Il fait valoir dans ses compositions son sens de la structure et de la logique interne, sa sensibilité dramatique et son art de la mélodie. Il réussit, néanmoins, à atteindre ses objectifs avec une rare économie de moyens. Cela donne à sa création un caractère dépouillé qu'on trouve souvent chez les plus grands maîtres.

Grâce à ces qualités, sans doute, des orchestres renommés et des instrumentistes célèbres s'adressaient souvent à lui pour lui demander d'écrire des compositions pour eux. Son Concerto pour grand orchestre a été conçu pour l'Orchestre philharmonique tchèque, sa 4ème symphonie pour l'Orchestre d'Etat de Dresde. Il a aussi écrit un concerto pour le trompettiste Maurice André et un concerto pour le violoniste Josef Suk. Son concerto pour clavecin et orchestre a été dédié à sa femme, la claveciniste renommée, Zuzana Růžičková. Voici un fragment de cette oeuvre interprétée par Zuzana Růžičková et l’Orchestre de chambre de Prague placé sous la direction de l’auteur.

09-03-2009