Vivement les vacances !

02-08-2019

Quels sont les mouvements et les organisations qui donnent aux enfants tchèques l’occasion de passer les vacances en pleine nature ? Réponse dans cette nouvelle revue de presse. Totalement estivale cette fois-ci, elle présente aussi quelques détails au sujet du goût des Tchèques pour la descente de rivière. Il sera également question de la Tchéquie comme destination prisée de ses habitants.

Photo: Barbora HakenováPhoto: Barbora Hakenová La majorité des parents tchèques veulent que leurs enfants passent au moins une partie de l’été dans la nature. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à vouloir inscrire leur progéniture dans le mouvement scout ou dans un autre groupe analogue. Il est pourtant de plus en plus difficile d’y parvenir. Une des récentes éditions du quotidien Lidové noviny a expliqué pourquoi :

« Au lendemain de la chute du régime communiste en 1989 et pendant de longues années qui ont suivi, l’intérêt pour ce genre d’activités a été très faible dans la société tchèque. Aujourd’hui, en revanche, il est plus fort que jamais. Cette tendance s’approfondit au moment où la plupart des filiales de ces mouvements ne peuvent plus accueillir de nouveaux membres, faute de capacités et de guides, surtout masculins. En Tchéquie, on n’en trouve en ce moment que très peu qui ouvrent leurs portes à de nouveaux membres. La situation est particulièrement défavorable à Prague. La demande est à l’heure actuelle telle qu’il existe des listes d’attente comme s’il s’agissait d’une inscription dans une université prestigieuse. Ce sont aussi les colonies de vacances et les camps qui, souvent, ne disposent pas d’assez de places pour satisfaire toutes les demandes. »

Le commentateur de Lidové noviny estime que c’est la démographie qui en est responsable dans une certaine mesure :

« Au tournant du millénaire, le taux de natalité dans le pays a radicalement baissé ce qui peut en partie expliquer le manque de guides dont le mouvement scout et d’autres groupes ont besoin. Il faut dès lors se demander si le temps n’est pas venu de rémunérer ne serait-ce que modestement tous ces hommes et femmes, tous ces volontaires, qui consacrent leur temps libre et leur enthousiasme à nos enfants, que cela soit pendant les vacances ou durant toute l’année scolaire. »

Scouts, pionniers et autres mouvements pour enfants

Photo: Frettie, CC BY 3.0Photo: Frettie, CC BY 3.0 Le quotidien économique Hospodářské noviny de vendredi dernier s’est aussi intéressé au mouvement scout et à d’autres groupes pour enfants qui partagent des valeurs identiques ou proches. Il observe notamment qu’en dépit des plaintes liées au manque de guides et d’animateurs, il y en a quand même des milliers à travers tout le pays qui exercent leur travail à titre volontaire et qui ont réussi à former des générations de successeurs. Par ailleurs, le Conseil tchèque des enfants et de la jeunesse évalue la valeur de l’ensemble de leur travail volontaire annuel à près d’un milliard de couronnes et demi (un euro vaut près de 25 couronnes). Le journal met également en relief l’existence et les activités du mouvement des pionniers, une association qui fut liée au précédent régime et que beaucoup de Tchèques croient disparue :

« En 1990, peu après la chute du régime communiste, le mouvement des pionniers tchèques a été recréé et confirmé son indépendance en se démarquant de son passé communiste. A l’heure actuelle, il existe en République tchèque près de 500 groupes de pionniers qui organisent chaque années des colonies financièrement accessibles pour près de 20 000 membres. Le mouvement scout organise de son côté près de 1070 camps qui accueillent quelque 32 000 enfants. »

Le journal Hospodářské noviny rapporte également que d’après les données recensées cette année par l’Office tchèque des statistiques, les enfants tchèques passent dehors moins de temps que leurs parents et leurs grands-parents. Autre constat : 2 % des enfants interrogés ne sont jamais allés en forêt, et environ 4% n’ont jamais entendu le son d’un coucou ou vu une ruche d’abeilles.

Les Tchèques aiment descendre les rivières, mais...

Vltava, photo: ČTVltava, photo: ČT La descente de rivière est une activité sportive de loisirs et un passe-temps estival très répandu en Tchéquie. En raison de la sécheresse qui sévit à l’heure actuelle dans le pays, tout comme dans le reste de l’Europe, la navigabilité de nombreuses rivières est pourtant fortement limitée, car le niveau des eaux est très bas. Cela ne concerne pas la Vltava, la plus longue rivière du pays qui le traverse du sud au nord et qui reste la rivière la plus recherchée par les nombreux navigateurs amateurs. Le site info.cz apporte des précisions :

« Au cours des trois dernières décennies, la Vltava a été descendue par un nombre impressionnant de personnes qui est évalué à quelque 200 000 par an. Pour beaucoup d’entre elles, sa descente constitue le symbole d’une liberté sans bornes car à ce jour, il n’existe aucune réglementation, tant en ce qui concerne par exemple la consommation d’alcool que le respect des horaires du silence nocturne au bord de la rivière. D’un autre côté, ce tourisme nautique exacerbé et de masse a tout pour déplaire aux témoins des temps où la rivière était encore ’vide’, ainsi qu’aux habitants des alentours. Il inquiète aussi les écologistes et les représentants des municipalités locales. Ces derniers ont finalement décidé de chercher une façon de réguler le trafic sur la rivière, en dépit des profits économiques qu’il apporte, car il est devenu insupportable à bien des égards. »

Le site info.cz indique que cette initiative en vue d’une régulation liée à la descente de la Vltava surgit, paradoxalement, au moment où la rivière commence à se réguler d’elle-même. Cette année en effet, elle accueille moins d’amateurs de descente qu’auparavant. L’augmentation des prix de la gastronomie dans les campings et la publicité négative liée au tourisme sur la Vltava semblent expliquer cette évolution.

« Difficile d’évaluer s’il s’agit d’une tendance durable ou passagère. Une chose semble pourtant certaine, c’est que la fièvre du tourisme de masse sur la Vltava est désormais finie, » conclut l’auteur de ce texte.

La Tchéquie : une destination prisée aussi par les touristes locaux

Photo: Barbora NěmcováPhoto: Barbora Němcová Cet été, tout comme lors des saisons précédentes, le tourisme en République tchèque va réussir, très probablement, à battre de nouveaux records. C’est ce que l’on peut lire dans la dernière édition du magazine Reportér qui rapporte :

« Le flux de voyageurs et de touristes étrangers qui se rendent en République tchèque ne faiblit pas. On voit augmenter notamment le nombre de ceux qui viennent pour des séjours rapides et très courts, ce qui concerne notamment les touristes venus d’Asie. A l’instar des années précédentes, ce sont Prague et Český Krumlov en Bohême du Sud qui représentent les villes les plus prisées et sont surpeuplées, notamment en été. »

En outre, les Tchèques eux-mêmes contribuent dans une large mesure au boom local du business touristique et de l’hôtellerie. Cette année, ils sont apparemment plus nombreux que jamais à passer au moins une partie de leurs vacances dans le pays et à profiter des services de ses campings, hôtels et pensions. Une donne qui transforme fondamentalement l’image du tourisme local et qui permet au chroniqueur du magazine Reportér de constater : « Les Tchèques se sont mis à découvrir leur propre pays ».

02-08-2019