Quand Prague rêvait d’organiser les JO

06-09-2019

Cette nouvelle revue de presse se penche tout d’abord sur un phénomène répandu en Tchéquie : le report de scolarité. Elle s’intéresse également au taux d’échec élevé dans les écoles de l’enseignement supérieur. Elle propose ensuite un regard sur le Soulèvement national slovaque qui s’est déroulé il y a 75 ans. Notre revue de presse s’intéressera aussi aux efforts des responsables municipaux de Prague déployés il y a quinze ans de cela, en vue de l’organisation des Jeux olympiques dans la capitale tchèque. Quelques mots enfin sur les remaniements envisagés dans le parc de Petřín à Prague.

Reporter d’un an la scolarité de son enfant ? C’est la question que se pose tous les ans une grande partie des parents tchèques. Ces dernières années, le nombre de ces reports connaît en effet une augmentation significative, comme Radio Prague l’avait déjà constaté dans son article consacré à ce sujet. L’année dernière, près de 23% des élèves sont entrés à l’école élémentaire un an plus tard que prévu. Tout indique que cette année une telle situation risque de se reproduire. Le site lidovky.cz a rapporté à ce propos :

« A l’origine, ce système avait été mis en place pour faciliter la situation des enfants ne possédant pas les aptitudes sociales nécessaires, afin d’empêcher qu’ils n’aient pas à souffrir de ce retard à l’école. A cette fin devaient être consultés des pédiatres, ainsi que des conseillers pédagogiques et psychologiques. Aujourd’hui cependant, le report de scolarité a pour la plupart des motivations différentes. Les parents veulent ainsi augmenter les chances de leurs enfants aux examens d’entrée dans une école de cycle secondaire, notamment au lycée. Evidemment, le système de contrôle médical et psychologique devrait éliminer la possibilité d’un report non justifié. Hélas, il ne fonctionne pas comme il le devrait. »

D'après les experts interrogés par le site, un report de scolarité peut avoir des retombées néfastes. Les enfants trop ‘âgés’ perdent leur élan initial, s’ennuient à l’école et finissent leurs études plus tard que leurs congénères. Or, l’effort de beaucoup de parents de garantir à leurs enfants une vie meilleure peut se retourner au final contre ces derniers.

Le taux d’échec dans les écoles du cycle supérieur

Photo illustrative: jarmoluk / Pixabay, CC0Photo illustrative: jarmoluk / Pixabay, CC0 Les écoles supérieures et les universités tchèques s'inquiètent du taux d’échec élevé de leurs étudiants. Le site echo24.cz a apporté quelques détails à ce sujet:

« L’année dernière, près de la moitié des étudiants en première et en deuxième année d’université ont abadonné leurs études de manière prématurée. Ce problème de longue date varie selon les écoles, les facultés et les programmes d’études. Ce sont les facultés de technologie et de chimie qui enregistrent le taux d’échec le plus élevé, autour de 80% dans certains cas. Il s’agit pourtant de domaines où la demande de jeunes diplômés sur le marché du travail est très forte. L’agriculture, les sciences naturelles ou l’économie sont des disciplines qui sont confrontées au même problème, mais dans une moindre mesure. Les écoles supérieures d’art et certains autres établissement aux examens d’entrée plus stricts, connaissent en revanche un nombre de défections beaucoup plus faible. Ce sont aussi les domaines qui offrent une bonne perspective de carrière professionnelle, comme le droit, la médecine ou la psychologie qui viennent se classer dans cette dernière catégorie. »

Les écoles cherchent des solutions en modifiant les programmes d’études ou en collaborant avec des centres de consultation pour les étudiants. Le site echo24.cz constate que les causes de l’abandon des études sont multiples : depuis une mauvaise orientation jusqu’aux échecs aux examens causés par toute sorte de raisons d’ordre social.

Le Soulèvement national slovaque vue de Tchéquie

Première Armée tchécoslovaque en Slovaquie, 1944, photo: Pavel PelechPremière Armée tchécoslovaque en Slovaquie, 1944, photo: Pavel Pelech Le 75ème anniversaire du Soulèvement national slovaque, commémoré en Slovaquie durant la semaine écoulée, est aussi un événement tchécoslovaque. C’est ce que qu’observe l’auteur d’un texte publié dans le quotidien Lidové noviny :

« Le sort du Soulèvement slovaque ressemble à celui de Lidice, la commune tchèque rasée en 1942 par les nazis. Le communisme leur a collé une étiquette forcément idéologique, provoquant chez de nombreuses personnes une certaine réticence à leur égard. Cette optique n’a pas vraiment changé avec la chute du régime, il y a trente ans de cela. Tandis que la résistance en Europe de l’Ouest a connu une réhabilitation publique, une relecture critique des deux événements tchécoslovaques n’a pas eu lieu, d’autant plus que depuis l’an 1993, ce soulèvement est devenu une partie de l’histoire de la Slovaquie indépendante. Aujourd’hui, avec tout le respect que l’on doit à la République slovaque et à son organisation des festivités à l’occasion de cet anniversaire, il y a lieu de souligner que le Soulèvement national slovaque était un événement et un chapitre historique de la Tchécoslovaquie. »

Le commentateur rappelle, par exemple, que les deux commandants de ce soulèvement étaient des officiers de l’armée de la République de Masaryk et que l’idée même d’une insurrection armée en Slovaquie reflétait la manière de penser du président tchécoslovaque Edvard Beneš. Voilà pourquoi, l’armée insurrectionnelle s’appelait d’ailleurs officiellement Première Armée tchécoslovaque en Slovaquie. Et de conclure :

« Il s’agit là d’un sujet pour les historiens. Mais nul ne saurait désormais ignorer que le Soulèvement national slovaque auquel 2 000 Tchèques ont également participé, fait partie de l’histoire tchécoslovaque. »

Quand Prague rêvait d’organiser les JO

La République tchèque s’est officiellement inscrite aux Jeux olympique d’été qui auront lieu l’année prochaine à Tokyo. L’occasion pour le commentateur du site novinky.cz de rappeler l’initiative de la municipalité de Prague prise il y a quinze ans de cela, en vue de l’organisation des Jeux olympiques dans la capitale tchèque :

« L’idée d’organiser les Jeux olympiques à Prague a été soutenue notamment par le maire de la ville de l’époque Pavel Bém qui a constitué à cette fin une commission dite olympique. La candidature de Prague pour les JO 2016 soumise deux ans plus tard a échoué. Le projet s’est avéré dès le début non réalisable, son coût et l’ensemble des investissements ayant été évalués à des dizaines sinon à des centaines de milliards de couronnes. Rien que la campagne olympique impliquant toute sorte d’‘études’ et d’événements promotionnels a coûté très cher. Beaucoup ont alors soulevé l’idée que la campagne avait pour but... la campagne elle-même. »

Pourquoi rappeler tout cela ? Selon le commentateur, il existe en Tchéquie une certaine tradition de projets qui n’ont d'emblée aucune chance de s’imposer, mais dont les préparatifs sont coûteux. Voilà pourquoi les citoyens et les médias devraient faire preuve de vigilance lorsque les ministères ou les institutions d’Etat envisagent l’élaboration d’« études » pour des projets mégalomanes non réalisables.

« L’an prochain à Tokyo, on peut s’attendre à de fortes chaleurs et à des tremblements de terre. A Prague, le climat serait plus doux, il est vrai, mais en cas de JO sur place, des tremblements se dérouleraient fort probablement sur la scène politique», remarque-t-il.

Petřín va-t-il sauvegarder son aura actuel ?

La colline de Petřín, un des plus beaux parcs et un des coins les plus tranquilles de Prague, qui possède entre autre une tour panoramique surnommée la Tour Eiffel tchèque, doit subir de nombreux réaménagements, avec par exemple la construction dans l’un de ses jardins d’un édifice en béton. Le projet envisagé par la municipalité de Prague a provoqué de vives réactions auprès des riverains. Ils craignent que ce projet ait pour objectif d’amener les touristes étrangers dans un des rares endroits situés au centre de Prague qui ne soit pas encore touché par le tourisme de masse. L’hebdomadaire Reflex a remarqué à ce sujet :

« Parfois, il est préférable de laisser les choses telles qu’elles sont, comme les gens les aiment et comme ils y sont habitués depuis des décennies. C’est plus important que d’assouvir les ambitions des architectes et de leurs concepts urbanistes, ainsi que les impératifs de l’engineering social prônant le progrès. »

D’après l’un des activistes locaux cité dans le magazine, « la colline de Petřín mérite une approche très sensible, comme s’il s’agissait en fait d’une forêt vierge pragoise. »

La colline de Petřín, photo: Ondřej TomšůLa colline de Petřín, photo: Ondřej Tomšů
06-09-2019