Pour la Tchéquie, les réparations de guerre sont un sujet clos

La question des réparations de guerre est close pour la Tchéquie. Plus d’explications dans cette nouvelle revue de presse. Elle se penchera ensuite sur l’importance de l’existence d’un parti de gauche démocratique. Elle proposera également le regard des médias nationaux sur les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Enfin, il y aura quelques mots au sujet de l’obésité infantile.

Photo: public domainPhoto: public domain La question des réparations de guerre, rouverte en Pologne, a aussi été récemment évoquée en Tchéquie, avec des auditions à la Chambre des députés. Une occasion pour le Premier ministre Andrej Babiš d’expliquer que le pays n’allait pas faire de démarches auprès de l’Allemagne, car « ceci pourrait perturber considérablement le climat de confiance mutuelle en Europe ». Un avis soutenu sur le site echo24.cz par l’historien Oldřich Tůma :

« A mon sens, d’un point de vue juridique, Babiš a raison, car la Déclaration tchéco-allemande de l’année 1997 indique que ni l’une ni l’autre partie ne reviendra sur les questions du passé. Cela sous-entend que la République tchèque a renoncé à ses revendications. Il se peut que le gouvernement allemand donne quelque chose aux Grecs et aux Polonais, mais évidemment pas tout. Par ailleurs, même les pays africains, par exemple, déplorent les dommages subis du fait de l’esclavage et du colonialisme. Or, je suis d’accord avec le chef de gouvernement qui estime que ces revendications déstabiliseraient complètement tout. Si l’on satisfait les revendications des uns, il faudrait s’acquitter également envers celles des autres. »

Cela dit, l’historien considère que dans l’intérêt de ses citoyens, le gouvernement tchécoslovaque aurait pu en faire un peu plus dans le passé, notamment en ce qui concerne le dédommagement des injustices commises à l’égard des individus. Le site echo24.cz rappelle qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les estimations de la Tchécoslovaquie du montant des réparations était de l’ordre de 17,5 milliards de dollars, une somme qu’il est aujourd’hui impossible de mesurer. A l’époque, la priorité devait être évidemment donnée à satisfaire les pays ayant ressenti le plus lourdement les retombées de la guerre ou de l’occupation. Or, la Tchécoslovaquie a reçu des réparations sous différentes formes et notamment sous la forme de certains services.

L’existence d’un parti de gauche démocratique : un impératif d’actualité

Photo: Gumruch, public domainPhoto: Gumruch, public domain « Celui qui est pour la démocratie, doit souhaiter que la social-démocratie survive. » Tel est le titre d’un article publié dans le quotidien Hospodářské noviny qui rappelle que la social-démocratie a déjà été menacée de disparition en 1920, dans l’ancienne Tchécoslovaquie, suite à la scission avec les communistes. Son auteur souligne que la fin de la social-démocratie est redevenue une menace d’actualité qu’aucun démocrate, même s’il n’est pas sympathisant de ce courant politique, ne doit saluer. Il explique pourquoi :

« Chaque démocrate doit vouloir que la social-démocratie demeure un parti fort. Evidemment, il n’est pas important qu’il porte forcément ce nom mais, ce dont on a besoin, c’est d’un parti de gauche profondément démocratique. Son absence profiterait aux partis extrémistes comme le SPD de Tomio Okamura. C’est aussi le mouvement ANO d’Andrej Babiš qui en tire profit, comme le prouvent les enquêtes d’opinion. Il y a bien entendu des différences entre ces deux formations, mais toutes les deux présentent un certain déficit démocratique. »

L’article publié dans le quotidien Hospodářské noviny rappelle que, par le passé, la social-démocratie en Europe obtenait les voix de gens éduqués, comme les enseignants ou les fonctionnaires d’Etat, tout en arrivant à étouffer les impulsions xénophobes et nationalistes d’une partie des classes populaires. Aujourd’hui, le déclin de la social-démocratie ne touche pas seulement la Tchéquie mais, à quelques exceptions près, pratiquement l’ensemble des pays membres de l’Union européenne. « Un constat qui risque d’avoir des conséquences fatales pour l’Europe, car beaucoup de ceux qui appuyaient jusqu’ici les sociaux-démocrates se tournent désormais vers les populistes », peut-on lire dans ce texte.

Le regard tchèque sur les élections de mi-mandat aux Etats-Unis

Photo: ČTK/AP/Jeffrey McWhorterPhoto: ČTK/AP/Jeffrey McWhorter Comme prévu, les pages internationales de la presse tchèque en cette fin de semaine ont été principalement consacrées à analyser les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. « Les résultats de ces élections constituent une forte complication pour Donald Trump. » C’est ce que titre par exemple le site ihned.cz, qui constate qu’en dépit de la survenue d’une « vague bleue », les démocrates seront à même de bloquer l’agenda de Donald Trump. Et que, deux ans après sa surprenante victoire à l’élection présidentielle, les Américains ont montré qu’ils voulaient contrôler plus rigoureusement sa politique.

L’hebdomadaire Respekt a publié sur son site une analyse intitulée « Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ont prouvé que l’Amérique n’était pas un cas perdu ». Constatant que la domination unicolore de Donald Trump sur la politique américaine est désormais finie, son auteur écrit :

« La démocratie américaine continue à fonctionner et, compte tenu du taux de participation élevé, on pourrait même dire qu’elle est plus vivante que précédemment. Au cours des deux premières années du mandat de Trump, lequel pouvait s’appuyer sur le soutien entier du Congrès républicain, le système démocratique n’a pas été perturbé, ce qui est évidemment une excellente nouvelle. Cela dit, le populisme ‘trumpiste’ n’est pas imbattable et il n’est pas devenu non plus la préférence majoritaire. Ces élections ont montré qu’une importante partie des Américains le rejetaient de plus en plus fortement. »

A l’issue de ces élections, le site aktuálně.cz a retenu notamment le clivage entre les jeunes et les personnes âgées, ainsi que celui entre les villes et la campagne. L’auteur d’un texte publié sur le site de l’hebdomadaire Reflex remarque toutefois pour sa part que « ces élections ont confirmé que l’idée répandue en Europe, selon laquelle Donald Trump serait un malheureux président impopulaire, ne répond pas à la réalité ». Dans ce contexte, un autre regard est offert par l’auteur d’un texte mis en ligne sur le site novinky.cz, selon lequel le conflit le plus marquant de notre époque se déroule entre les partisans de l’isolement national et ceux de l’ouverture des frontières. Dans cette logique, il estime que récentes élections régionales et municipales en Pologne méritent un intérêt au moins aussi important que celles qui ont eu lieu cette semaine aux Etats-Unis :

« S’agissant du combat électoral pour la mainmise sur les régions, les communes et les villes, le parti conservateur Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski a essuyé une défaite, en tout cas dans les grandes villes et dans les villes de taille moyenne. La politique de cette formation peut servir d’un exemple typique d’une gouvernance autoritaire qui s’inscrit dans le passé. En revanche, les forces politiques favorables à une société plus ouverte et à la coopération, qui représentent le camp opposé, peuvent se targuer d’importants acquis électoraux. »

Les enfants tchèques et l’obésité

Photo illustrative: Štěpánka BudkováPhoto illustrative: Štěpánka Budková La baisse de la pratique du sport, lequel semble représenter une notion inconnue pour de nombreux enfants tchèques, se traduit par la hausse radicale de l’obésité infantile. Le quotidien Lidové noviny apporte quelques précisions à ce propos :

« Lorsqu’ils évoquent les problèmes qui guettent les enfants et les adolescents, les médias évoquent le plus souvent ceux liés au tabagisme, à l’alcool, aux stupéfiants. Ce qu’ils négligent généralement, c’est l’obésité qui, pourtant, à en croire les données de l’Organisation mondiale de la Santé, touche près d’un tiers des enfants en Tchéquie. Par ailleurs, aux côtés des Bulgares, des Britanniques et des Maltais, les Tchèques seraient les plus gros en Europe. Les statistiques confirment en outre qu’il s’agit d’une tendance qui n’a de cesse de s’aggraver. »

D’après l’Association tchèque des médecins, le coût lié au traitement de l’obésité représente jusqu’à 10 % du montant des dépenses de santé. Une raison de plus d’y voir un problème grave concernant l’ensemble de la société. A propos des activités physiques et sportives, souvent négligées par les enfants, le journal Lidové noviny remarque :

« En Tchéquie, le sport ne dispose pas d’un chapitre budgétaire à part et encore moins d’un ministère, comme c’est le cas dans d’autres pays. Et si, au début des années 1990, l’argent mobilisé pour le sport représentait environ 1 % du budget de l’Etat, aujourd’hui, cette proportion est cinq fois plus faible. Et pourtant, le sport est la source de la majorité écrasante des nouvelles positives concernant notre pays. Le hockey sur glace, le tennis, le biathlon, le ski, l’athlétisme, le canoë-kayak, autant de disciplines et beaucoup d’autres encore auxquelles la Tchéquie doit un certain prestige international. »

Et l’auteur constate en conclusion que, plus important encore que les médailles et les records, il y a l’accessibilité du sport pour tous, au moment où le nombre de membres des clubs sportifs est à la baisse.