Les monuments aux morts et les sépultures militaires, une question épineuse entre Tchèques et Russes

Cette nouvelle revue de presse apporte d’abord quelques explications au sujet d’une guerre non-déclarée entre les Tchèques et les Russes et concernant les monuments de guerre. Elle rappellera ensuite quelques points forts des commémorations liées au 50ème anniversaire de l’écrasement du Printemps de Prague et se penchera sur les interrogations autour des vacances scolaires d’été en Tchéquie. Il sera aussi question des prochaines élections municipales et des risques liés au mauvais état des ponts en République tchèque.

Photo: Dezidor, CC BY-SA 3.0Photo: Dezidor, CC BY-SA 3.0 Les Tchèques et les Russes mènent une longue guerre non-déclarée concernant les monuments aux morts. C’est ce que rapporte le dernier supplément Orientace du quotidien Lidové noviny. Il s’agit notamment de monuments et de sépultures dédiés aux légionnaires tchécoslovaques qui ont contribué, il y a cent ans de cela, à la naissance de l’Etat tchécoslovaque et qui sont morts en Russie. Le problème, c’est que les Russes empêchent leur restauration ou bien accompagnent ceux qui ont déjà été rénovés d’inscriptions indiquant que les Tchécoslovaques se seraient comportés en assassins, en voleurs et en agresseurs, et qu’ils auraient été responsable de l’escalade de la guerre civile en Russie. Le journal précise :

« Les tracasseries autour des sépultures de guerre dans lesquelles les deux pays sont impliqués ont commencé en 1991, lorsqu’un char symbolisant la libération de Prague par l’Armée rouge, dont le gouvernement soviétique avait fait en 1945 don à la ville, et qui est situé dans le quartier de Smíchov à Prague, a été repeint par un jeune artiste tchèque en rose. Un autre chapitre clé de cette animosité est lié à la statue qui a été dédiée après la Deuxième Guerre mondiale au maréchal soviétique Koniev, dont les unités sont les premières à être entrées en mai 1945 dans la capitale tchécoslovaque et qui se trouve également à Prague. Aujourd’hui, la statue porte une étiquette rappelant l’engagement du maréchal dans l’écrasement de la révolte hongroise en 1956 et dans les préparatifs, en 1968, de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Cette précision est dénoncée tant par les communistes locaux que par les représentants russes. »

Le supplément Orientace remarque que les monuments vandalisés tant en Tchéquie qu’en Russie ne constituent que la partie visible de cette guerre, celle-ci étant principalement menée en catimini dans les cabinets des diplomates, des politiciens et des historiens.

Toutefois, en dépit de l’existence d’une commission intergouvernementale tchéco-russe pour l’entretien des sépultures de guerre qui a été fondée en 2002 en vue de résoudre ce problème et qui se réunit une fois par an, les deux parties ne parviennent pas à s’entendre. Elles ne semblent pas capables de se mettre d’accord sur des éléments aussi essentiels que la définition d’une sépulture militaire.

Un rappel digne des événements d’août 1968

Août 1968, photo: VHÚAoût 1968, photo: VHÚ Le dernier numéro de l’hebdomadaire Respekt revient sur les commémorations liées au 50ème anniversaire de l’occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie qui se sont déroulées la semaine dernière. Il constate d’abord que les manifestations en rappel des événements d’août 1968 ont été heureusement conçues, car le pathos n’a pas dissimulé les informations authentiques. En outre, les médias publiques tchèques ont préparé d’excellentes émissions qui ont eu un grand retentissement, la majorité des médias privés s’étant également dignement acquittés de leur devoir de mémoire envers cet anniversaire. Le magazine écrit également :

« Lors des commémorations, une large place a été accordée à tous ceux qui, pendant ces journées tragiques, ont pris des risques, se sont battus et qui n’ont pas capitulé, qu’il s’agisse d’employés de la Radio tchécoslovaque, de certains politiciens et soldats, de manifestants dans les rues. Il est nécessaire de cultiver la conviction que le courage est apprécié par la société et qu’il ne tombe dans l’oubli. Ainsi, on peut renforcer la certitude qu’un tel comportement est juste chez les nouvelles générations. »

D’après le magazine Respekt, les réactions à l’entrée dans le pays des troupes du Pacte de Varsovie représentent un des grands moments de l’histoire tchèque. A l’époque, les Tchécoslovaques ont surpris non seulement leurs agresseurs, mais aussi le monde entier et, surtout, eux-mêmes.

Interrogations autour des vacances d’été

Photo illustrative: Štěpánka BudkováPhoto illustrative: Štěpánka Budková Les vacances scolaires d’été qui durent en Tchéquie deux mois signifient non seulement un temps de détente et de gaité, mais aussi celui de soucis économiques et logistiques pour les parents. A l’approche de la rentrée scolaire, ce lundi 3 septembre, l’auteur d’une note publiée dans l’hebdomadaire Ekonom a écrit à ce sujet :

« D’après une récente enquête de la société Profi Credit, six enfants sur dix passent leurs vacances en grande partie à la maison, devant leur ordinateur ou tablette ou devant le petit écran. Et ceci en dépit du fait que les Tchèques aiment passer leurs vacances en famille et qu’une grande partie d’entre eux possèdent des résidences secondaires à la campagne, leurs fameuses ‘chalupa’. Ceci est dû au déséquilibre entre la durée des congés des parents qui s’étend sur quatre ou cinq semaines et celle des vacances scolaires qui est deux fois plus longue. De même, la situation économique des familles joue également un grand rôle. »

Ne devrait-on pas réévaluer la durée de deux mois de vacances en vue de les raccourcir ou de les répartir différemment sur toute l’année scolaire ? Et ne devrait-on pas laisser même en juillet et en août les écoles ouvertes aux enfants, non pas pour l’apprentissage, mais pour toutes sortes de jeux d’été ? Autant d’interrogations que ce texte soulève et qui, selon son auteur, devraient faire l’objet d’un débat public

Les prochaines élections municipales en manque de candidats

Photo illustrative: Ondřej TomšůPhoto illustrative: Ondřej Tomšů A l’instar des années précédentes, les élections municipales qui se tiendront en Tchéquie les 5 et 6 octobre, seront accompagnées de toute sorte de bizarreries. C’est ce qu’indique l’auteur d’un texte publié dans l’édition de ce mercredi du quotidien Právo. Il illustre ce constat par le fait que parmi les candidats on trouve, par exemple, une stripteaseuse, un ex-gouverneur passible d’une peine non validée ou encore les membres d’une même famille représentant des formations différentes. Ce qui est pourtant plus inquiétant, ce sont les initiatives plus faibles que jamais des partis établis :

« Par rapport à la situation d’il y a quatre ans, le nombre de personnes inscrites sur les listes des candidats aux élections communales a diminué de 17 000, ce qui est le nombre le plus bas depuis l’an 2006. Ce déclin concerne notamment les partis traditionnels, tels que le Parti social-démocrate (ČSSD) ou le parti de droite TOP 09. Une preuve de la volonté faiblissante des gens de participer à la vie politique tant au niveau national qu’au niveau local. C’est une très mauvaise nouvelle pour ce pays. »

Le journal Lidové noviny rapporte pour sa part que parmi les candidats aux élections municipales on voit augmenter le nombre de femmes, de quelque 10% par rapport au début des années 1990. D’après ce que signale un de ses récents éditoriaux, on trouve même des listes qui contiennent uniquement des noms de femmes.

Ces ponts qui risquent de s’écrouler

Photo illustrative: Slavomír Kubeš/ČTKPhoto illustrative: Slavomír Kubeš/ČTK Quand reverra-t-on un pont s’écrouler ? Une interrogation soulevée par un article publié dans le quotidien Mladá fronta Dnes en lien avec la récente tragédie qui a touché un pont autoroutier de Gênes, en Italie. L’occasion aussi de rappeler qu’un cinquième de la totalité des ponts qui se trouvent en République tchèque sont dans un mauvais ou très mauvais état. Les plus problématiques selont les experts sont ceux qui ont été construits entre les années 1950 et 1970, donc à la même époque que le pont de Gênes. L’auteur de l’article observe :

« En dépit du fait que la longévité de ces ponts devraient s’étendre sur une centaine d’années, c’est au bout de cinquante ans déjà que, souvent, leur état s’avère déplorable. Ce sont les technologies utilisées à l’époque basées sur le béton précontraint, ainsi que le mauvais entretien des ponts qui en seraient principalement responsables. Ainsi, chacun des ponts que l’on traverse en Tchéquie, à pied ou en voiture, possède des points critiques. Cela concerne même les ponts en béton armé qui sont les plus nombreux dans le pays. »

Le journal émet dans ce contexte au moins un constat positif, c’est que la Tchéquie peut se targuer, à la différence d’autres pays, d’un monitoring précis et régulier de l’état actuel de ses ponts qui est conduit deux fois par an. Les moyens qui sont débloqués à l’entretien des ponts demeurent en revanche insuffisants, notamment par rapport à l’Allemagne et à d’autres pays européens développés.