La migration à l’origine de la polarisation des sociétés

La division de l’opinion publique, en rapport avec les émeutes dans la ville de Chemnitz, en Allemagne, est le premier sujet traité dans cette nouvelle revue de presse qui se penche ensuite sur les éventuelles retombées du Brexit sur les entreprises tchèques. A son menu également un rappel du sacrifice du Polonais, Ryszard Siwiec, depuis lequel cinquante ans se seront écoulés ce samedi 8 septembre. Il y sera aussi question du taux de mortalité sur les routes tchèques et de la finale de la Fed cup qui se tiendra en novembre prochain, à Prague.

Photo: Jens Meyer/AP Photo/ČTKPhoto: Jens Meyer/AP Photo/ČTK La polarisation politique au sein des sociétés démocratiques, qui est liée à la migration, s’accentue et se détériore non pas d’une année à l’autre, mais d’un jour à l’autre. C’est ce qu’observe l’auteur d’une note publiée dans le quotidien Lidové noviny, concernant les émeutes qui ont secoué ces derniers jours Chemnitz, ville allemande située à proximité de la frontière tchèque. D’après ce qu’il écrit, cette polarisation s’est encore accélérée avec Internet et, surtout, avec le développement des réseaux sociaux, car leurs algorithmes sont à même d’aveugler la pensée politique, même chez les gens capables d’une réflexion indépendante et critique. Les événements à Chemnitz qui ont vu s’opposer le camp « anti-immigration », à celui « contre la xénophobie et le racisme » en seraient un exemple marquant. Le texte indique également :

« Ce qui est le plus inquiétant, ce sont les argumentations intransigeantes et le manque de volonté de compromis. Ce qui est certain, c’est que le sentiment anti-immigration va gagner en puissance, on ne sait ni à quel point ni quelle vitesse. Arriver à un consensus entre les deux camps semble désormais très difficile. Or, le fossé qui s’avère de plus en plus profond ne divisera pas les nations de l’Europe mais il sera creusé en leur sein. »

D’après l’auteur du texte publié dans le journal Lidové noviny, un compromis au sujet de la migration serait pourtant possible. Il s’agit d’aider surtout en Afrique et d’assurer, tant qu’il le faudra, uniquement une migration légale et contrôlée. D’un autre côté, il n’y a pas lieu de mépriser ceux qui ont des craintes pour leur propre sécurité, aussi exagérée puisse-t-elle paraître. Toutefois, le climat actuel ne semble pas propice à des consensus et à des compromis, car plus que tout, chacun souhaite voir sa vérité l’emporter.

Les entreprises tchèques face au Brexit

Photo illustrative: Maret Hosemann / Pixabay, CC0Photo illustrative: Maret Hosemann / Pixabay, CC0 Il est difficile de voir les avantages du divorce britannique avec l’Europe. C’est ce que titre une analyse publiée dans le quotidien économique Hospodářské noviny qui se penche sur les conséquences du Brexit pour l’économie locale :

« Les exportations vers la Grande-Bretagne ne constituent que 5% de la totalité des exportations tchèques. Mais au moment de l’entrée en vigueur du Brexit, le marché britannique va devenir pour les exportateurs locaux, le plus important marché européen en dehors de l’Union européenne. Pas étonnant donc qu’ils suivent attentivement la séparation du Royaume-Uni avec l’Europe. Il existe en effet tout un éventail de possibilités de ‘non accord’ dont les entreprises tchèques ressentiraient lourdement les retombées. »

Evidemment, les exportateurs tchèques ne peuvent pas entrer dans les négociations sur le Brexit et tout ce qu’ils peuvent faire, c’est s’adapter et espérer des adieux entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour le moins dignes. Cela dit, ils ne cachent pas leurs craintes, et pour cause. Et l’auteur de conclure :

« Même si le Brexit ne touche que 5% des exportations tchèques, il peut en quelque sorte signaler ce qui se passerait si une telle démarche était entreprise par la Tchéquie. Des craintes qui ne sont pas sans fondement, compte tenu des présentations de certains politiciens tchèques qui ne pardonnent à l’Europe aucun de ses échecs, se faisant en revanche un mérite de leurs réussites. Mais, à la différence de la Grande-Bretagne, la Tchéquie ne dispose ni d’un grand marché, ni d’une capacité suffisante à négocier, quelquechose qui soit pour elle vraiment avantageux. »

1968 : le sacrifice du Polonais Ryszard Siwiec n’est pas tombé dans l’oubli

Ryszard SiwiecRyszard Siwiec Les commémorations du 50e anniversaire de l’occupation soviétique de l’ancienne Tchécoslovaquie, ont manqué d’évoquer les héros, qui s’étaient courageusement illustrés en dehors du pays. Un constat dont fait part l’hebdomadaire Reflex pour rappeler l’acte du Polonais, Ryszard Siwiec, qui en signe de protestation contre l’envahissement de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie, dont l’armée polonaise faisait partie, a décidé de s’immoler par le feu :

« Il a réalisé son acte le 8 septembre 1968, trois semaines après le début de l’occupation, en plein milieu d’une fête de la moisson tenue à Varsovie. Il est mort, quatre jours plus tard. Même si la nouvelle s’est vite répandue dans la capitale polonaise, elle a été par la suite passée sous silence. Les médias n’ont publié aucune information à ce sujet. Plus tard, d’autres héros ont suivis son exemple, dans les pays de l’Est, dont en premier lieu les Tchèques Jan Palach et Jan Zajíc. Toutefois, Ryszard Siwiec demeurera à tout jamais la première victime volontaire de l’occupation soviétique, celui qui a rompu le tabou. »

Dimanche 9 septembre, une messe pour les nations polonaise et tchèque, en mémoire de Ryszard Siwiec sera célébrée à la cathédrale Saint-Guy, à Prague. Elle s’inscrit dans un projet commun mis sur pied, à l’occasion des centenaires des Etats modernes des Tchèques et des Polonais. Son objectif est de mettre en relief les liens historiques entre ces deux pays durant cette période.

Un trop grand nombre de morts sur les routes tchèques

Photo illustrative: HZSPhoto illustrative: HZS Resté en baisse un temps, le nombre de morts sur les routes tchèques est de nouveau en hausse, due à la période estivale. Le sujet est traité dans la dernière édition de l’hebdomadaire Respekt qui explique :

« Les données retenues par le Centre de recherches des transports révèlent que deux tiers des accidents de la route sont dûs au mauvais comportement des conducteurs. Les autres sont causés par les mauvaises infrastrctures, car il existe en Tchéquie des centaines d’endroits, carrefours, virages et autres, qui sont dangereux ou générateurs de risque. En revanche, contrairement à ce que l’on croit, le fait que beaucoup de voitures utilisées en Tchéquie soient obsolètes, leur âge moyen variant autour de quinze ans, n’y joue pas un grand rôle. Lors des accidents de la route, il est vrai que les technologies modernes sauvent davantage la vie aux acteurs concernés, mais l’accidentalité des nouvelles voitures est aussi fréquente que lorsqu’il s’agit de modèles plus vieux. »

D’après le magazine Respekt, le comportement des conducteurs reflète la politique de l’Etat et la façon dont la circulation est perçue par les politiciens. Or, les années 1990 ont été aussi violentes, en ce qui concerne le nombre de morts sur les routes. Dès l’adoption de la loi sur la circulation routière en 2000, l’Etat a fait enfin savoir que la sécurité sur les routes était dans l’intérêt public, ce qui avait rassuré la population.. Un autre tournant a été marqué en 2006 avec l’introduction du système, dit de points à la base, qui sanctionnait chaque manquement au respect des règles. L’hebdomadaire rapporte enfin :

« Prendre des mesures et introduire des sanctions plus sévères à l’égard des conduteurs représente un sujet qui n’est pas très populaire dans les cercles politiques. Même si les représailles sont importantes, c’est en premier lieu grâce à la prévention que les pays les plus sûrs aujourd’hui se démarquent. Et c’est de ceux-là que l’on devrait s’inspirer. »

En attendant la finale de la Fed cup à Prague

Le trophée de la Fed cup, photo: Archives d'ITFLe trophée de la Fed cup, photo: Archives d'ITF Il n’a fallu que deux heures pour voir tous les tickets pour la finale de la Fed cup épuisés. La compétition se tiendra les 10 et 11 novembre prochain, à Prague. Une information au sujet de laquelle le site aktualne.cz a précisé :

« Cet intérêt n’étonne guère, car les joueuses tchèques, menées par Petra Kvitová et Karolína Plíšková, seront opposées à la puissante équipe américaine, dernière championne de cette compétition internationale féminine. Un intérêt qui est encore attisé par l’éventuelle participation des plus grandes vedettes, les soeurs Serena et Venus Williams. Les organisateurs de l’événement et le chef de l’équipe tchèque Petr Pála s’attendant alors à une ambiance festive et très orageuse. »

C’est à trois reprises que les joueuses de tennis tchèques ont triomphé en finale à Prague, d’abord sur la Serbie, en 2012, puis sur l’Allemagne et sur la Russie. D’un autre côté, elles ont un souvenir douloureux avec les Américaines qui les ont battus, lors de dix matches sur douze. Et le site aktualne.cz de conclure sur le constat que compte tenu des réformes envisagées de la Fed cup, c’est peut-être la dernière fois que le public tchèque aura l’occasion de voir une finale de cette compétition dans son pays.