Acheter ou louer un appartement ?

La situation sur le marché tchèque de l’immobilier ; l’annonce de la candidature présidentielle de Jiří Drahoš, ancien président de l’Académie des sciences ; le goût particulièrement prononcé des Tchèques pour les offres promotionnelles ; les préparatifs pour les trois importants anniversaires qui tombent l’année prochaine, en 2018, avec en premier lieu le centenaire de la fondation de l’Etat tchécoslovaque ; tels sont les sujets qui sont au menu de cette nouvelle revue de presse hebdomadaire.

Photo: Jiří NěmecPhoto: Jiří Němec En République tchèque, il existe un grand nombre de personnes qui risquent de se retrouver sans logement. Il s’agit en premier lieu de personnes âgées qui demeurent seules après le décès de leur conjoint, ainsi que de mères qui élèvent seules leurs enfants, les deux catégories qui sont les plus menacées par la pauvreté. C’est ce que l’on peut lire sur le site du quotidien internet Deník Referendum, qui a publié une analyse sur le sujet et qui se penche aussi sur l’état présent du marché de l’immobilier :

« Lors des vagues de privatisation du logement communal en République tchèque, survenues dans les années 1990 après la chute du régime communiste, des dizaines de milliers de ménages ont eu la chance d’acheter les logements qu’ils habitaient. Leurs prix étaient très inférieurs aux prix du marché. Et même si la privatisation n’avait pas une dimension sociale, elle a profité à ceux qui n’auraient pas pu se permettre l’achat d’un logement dans des conditions courantes. Cette chance n’existe plus pour la jeune génération, car la privatisation du logement communal est pratiquement terminée. Or, comme les Tchèques préfèrent être propriétaires de leur logement, leur situation sera de plus en plus difficile, compte tenu de l’augmentation incessante des prix de l’immobilier. »

L’auteur du texte considère que l’Etat et les communes hésitent à donner une réponse à ce problème, ce dont témoignent, par exemple, les longues polémiques qui accompagnent la loi sur le logement social, récemment discutée par le gouvernement. L’important est alors, comme le souligne le journal, de convaincre les jeunes que la location d’un logement, communal ou autre, peut être une stratégie rationnelle et qu’elle ne témoigne pas d’un état d’infériorité.

Prague face à la menace d’une bulle immobilière

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová Un texte mis en ligne sur le site ihned.cz rapporte pour sa part que les prix des logements augmentent en Tchéquie de façon dramatique, notamment à Prague, et que les Tchèques apprennent à vivre dans une bulle immobilière. Ceci serait dû en premier lieu aux crédits immobiliers bon marché et à la situation conjoncturelle dans la plupart des grandes villes. Son auteur précise :

« Les logements, et notamment ceux à Prague, constituent les biens dont les prix augmentent le plus en République tchèque. Sommes-nous dans une bulle comme dans les années 2004 – 2008 ou bien s’agit-il de la dernière occasion pour un homme ordinaire d’acheter un appartement ? Même si nul ne sait répondre, il est vrai que rien n’indique que les prix des nouveaux logements puissent chuter. On voit que la vie à Prague, une ville occidentale attrayante, a une valeur probablement plus importante que ce croyaient eux-mêmes les Pragois. »

Une bonne situation économique, un des taux de chômage parmi les plus bas à l’échelle européenne, les salaires qui augmentent. De quoi attiser la fièvre immobilière qui se présente actuellement en Tchéquie, car celui qui a de l’argent veut l’investir, tandis que celui qui n’en a pas assez, peut profiter de crédits immobiliers bon marché. Le texte mis en ligne sur le site ihned.cz indique que la banque centrale tente d’intervenir contre ce phénomène et la spéculation risquée liée à l’endettement, considérant que le marché immobilier pourrait représenter la plus grande menace pour la stabilité du secteur financier. Les règles pour l’octroi de crédits immobiliers deviennent donc plus rigoureuses à partir de cette année. Le manque d’offres fait également monter les prix alors que le nombre de constructions de logements est insuffisant pour satisfaire la demande.

Jiří Drahoš relève le défi de l’élection présidentielle

Jiří Drahoš, photo: Marián Vojtek, ČRoJiří Drahoš, photo: Marián Vojtek, ČRo Au lendemain de l’annonce officielle de sa candidature présidentielle, Jiří Drahoš, ancien président de l’Académie tchèque des sciences, a accordé une interview à l’hebdomadaire Reflex dans laquelle il explique les motivations de sa décision :

« Il ne s’agit en aucun cas d’une décision précipitée. L’idée de mon éventuelle candidature présidentielle m’a d’abord été suggérée par des gens de mon entourage. Mais lorsqu’on veut relever un tel défi, on doit en trouver la justification dans son for intérieur. En tant que scientifique et en tant que manager, j’ai servi pendant toute ma vie l’Académie des sciences, dont j’ai été successivement le directeur, le vice-président et le président. En réfléchissant sur ma candidature présidentielle, j’ai réalisé que si je voulais imposer les valeurs qui sont les miennes – la démocratie, la vérité, la raison et le respect pour l’homme, les valeurs que je défendais en tant que scientifique et en tant qu’humain, je devais faire pour cela quelque chose. Et c’est à ce moment précis que j’ai pris ma décision. »

Jiří Drahoš refuse de se définir, comme beaucoup le pensent et comme beaucoup le souhaiteraient, comme un candidat anti-Zeman ou anti qui que ce soit. Il veut se présenter pour lui-même. Ceci dit, il considère Miloš Zeman comme l’adversaire le plus redoutable parmi tous les candidats potentiels, estimant qu’il se qualifiera sûrement au deuxième tour de l’élection présidentielle. Un scrutin qui devrait être, selon ses dires, très ouvert.

Les Tchèques et les offres promotionnelles

Photo illustrative: Jan RosenauerPhoto illustrative: Jan Rosenauer Les Tchèques aiment les promotions et ils en profitent plus que les autres Européens. Plus de la moitié des produits alimentaires dans les supermarchés sont vendues sous forme d’offres promotionnelles. Ce phénomène tchèque fait l’objet d’un article publié dans la dernière édition de l’hebdomadaire Respekt, qui explique :

« L’histoire des promotions tchèques commence au début des années 1990. Après l’écroulement de l’économie communiste centralisée, on a vu émerger dans les villes tchèques les premiers supermarchés privés. Certains d’entre eux sont nés sur la base de la privatisation des self-services socialistes par des entrepreneurs tchèques, d’autres ont été le fruit de la pénétration dans le pays de grandes chaînes supranationales avides de nouveaux marchés. Depuis, une rude lutte concurrentielle entre les acteurs locaux et étrangers a éclaté, ce qui a donné lieu à l’apparition des premiers prospectus proposant des soldes sur certains articles, notamment sur les produits alimentaires. Dans leur lutte contre les chaînes occidentales, les firmes tchèques étaient bien entendu condamnées à l’échec. »

C’est entre les années 2008 et 2013, une période marquée par un ralentissement de l’économie, que le phénomène des promotions s’est le plus développé. Une grande partie d’acteurs ayant alors disparu, on ne voit désormais sur le marché tchèque que huit grandes chaînes internationales. Toutefois, le milieu reste très concurrentiel ce qui profite à cette pratique des offres promotionnelles. Les grandes chaînes peuvent se les permettre, car elles les compensent par des prix plus élevés sur d’autres biens de consommation. A propos de l’avenir des promotions en Tchéquie, l’hebdomadaire Respekt émet l’hypothèse selon laquelle le pays pourrait se rapprocher au fur et à mesure de pays comme l’Allemagne, où celles-ci sont plus rares mais, où les prix des denrées alimentaires sont généralement moins élevés.

2018 – l’année de trois importants anniversaires

Le 28 octobre, 1918Le 28 octobre, 1918 La République tchèque prépare toute une gamme d’événements pour célébrer trois importants anniversaires qui tombent en 2018. L’événement principal, c’est bien sûr le centenaire de la naissance de la République tchécoslovaque en octobre. Le pays se rappellera également que 50 ans se sont écoulés depuis le Printemps de Prague, cette courte période de dégel du régime communiste qui a été écrasé en août 1968 par les chars soviétiques. Enfin, 2018 sera aussi l’année du 25e anniversaire de la partition de l’ancienne Tchécoslovaquie. Le quotidien Lidové noviny écrit à ce propos :

« Des dizaines d’événements, expositions, spectacles et autres, qui auront lieu à cette occasion, seront répartis sur toute la République pour culminer le 28 octobre par une parade militaire monumentale. La collaboration entre la République tchèque et la Slovaquie est prévue pour la préparation de différents projets. Par ailleurs, l’année 2018 devrait démarrer à minuit par un toast symbolique prononcé en commun par des représentants tchèques et slovaques. »

Le journal souligne que le centenaire de la fondation de la République tchécoslovaque permettra de mettre en relief les idéaux qui étaient chers au premier président tchécoslovaque, Tomáš Garrigue Masaryk, et qu’il donnera « une occasion unique de faire revivre les valeurs spirituelles et morales sur lesquelles notre société est née ».