Presse : la Tchéquie pourrait devoir rembourser plusieurs millions d'euros de subventions européennes touchées par Agrofert

04-12-2019 mis à jour

Selon le site iRozhlas.cz, qui se réfère au rapport d’audit de la Commission européenne, la République tchèque pourrait devoir rembourser entre 284 et 451 millions de couronnes (entre 9,2 et 17,4 millions d’euros), des sommes correspondant aux subventions européennes touchées par le groupe agroalimentaire Agrofert depuis début février 2017. Cette conclusion correspond à celles du rapport préliminaire d’audit déjà envoyé au printemps dernier à Prague. Selon les conclusions du rapport d’audit final, non publié, mais auquel plusieurs médias tchèques ont eu accès, la Commission européenne estime en effet que le leader du mouvement ANO et actuel Premier ministre exerce toujours une influence sur son ancien groupe Agrofert, en dépit du fait qu’il en ait placé les actifs dans deux fonds fiduciaires pour ne pas contrevenir la loi sur les conflits d’intérêts, la dite « Lex Babiš » entrée en vigueur en République tchèque début 2017.

Bruxelles constate ainsi que toutes les subventions accordées au groupe Agrofert après le 9 février 2017, date d’entrée en vigueur de cette loi, l’ont été illégitimement. « Andrej Babiš est toujours le bénéficiaire final du groupe Agrofert et depuis février 2017, également de deux fonds fiduciaires qu’il contrôle. Il a un intérêt économique direct au succès du groupe. »

Interrogé sur la question, le Premier ministre Andrej Babiš a une fois de plus réfuté les soupçons de conflit d'intérêts pesant sur lui. Devant les députés ce mercredi, il a également fait savoir que la République tchèque ne rembourserait aucune des subventions européennes incriminées.