Le Monde : Andrej Babiš est en « conflit d'intérêts » selon les juristes de la Commission européenne

D'après le quotidien Le Monde se référant à une note confidentielle du service juridique de la Commission européenne, le Premier ministre tchèque Andrej Babiš se trouve dans une situation de conflit d’intérêts au regard de la loi européenne. Ce service pointe du doigt le « mélange des genres » auquel se livre le chef du gouvernement tchèque, homme d'affaires mais également engagé en politique depuis 2011. Ces conclusions font suite à une demande d'un autre service de la CE, en charge des fonds structurels, et qui estime, d'après Le Monde, qu'Andrej Babiš « apparaît comme le seul bénéficiaire » de deux trusts dans lesquels ont été placées ses parts des entreprises Agrofert et Group Agrofert. Le 19 septembre dernier, une lettre de de signalement de la part de l’ONG luttant contre la corruption Transparency International avait déjà signalé ces mêmes soupçons.

Plus grave, les juristes de la Commission signalent qu'Andrej Babiš, en tant que Premier ministre a « l’opportunité de diriger et d’influencer les prises de décision liées à la mise en œuvre des fonds venant du budget de l’UE ». Ce dernier est même à la tête du « Conseil des fonds structurels », l’organisme tchèque qui décide de la distribution de ces fonds, rappelle Le Monde.

Le Premier ministre tchèque affirme de manière répétée qu'il n'est plus à la tête du groupe alimentaire Agrofert. Au total, les compagnies Agrofert et Group Agrofert ont reçu « une quantité significative « de fonds structurels européens, dont « approximativement 42 millions d’euros en 2013 et 82 millions d’euros en 2017, » d'après le service juridique de la commission. Selon le quotidien français, le chef du gouvernement tchèque a qualifié ces conclusions de « mensonges », ce vendredi 30 novembre.

A noter qu'Andrej Babiš est soupçonné dans une autre affaire liée à des subventions européennes. L'affaire dite du Nid de cigognes empoisonne actuellement l'agenda politique du Premier ministre tchèque : ce dernier fait l'objet de poursuites judiciaires en lien avec ce centre récréatif qui aurait touché un financement européen destiné normalement aux PME. Andrej Babiš est particulièrement mis en cause depuis les déclarations récentes de son fils qui a affirmé avoir fait l’objet d’un enlèvement vers la Crimée, avec l’idée, pour ses prétendus ravisseurs, qu’il ne puisse pas être interrogé par la police dans l’affaire du Nid de cigognes dans laquelle il est également poursuivi.