Quand le marin français Pin faisait prisonniers les SS de Zbraslav

« Quand le marin français Pin faisait prisonniers les SS de Zbraslav », c'est ainsi que l'on pourrait titrer le chapitre de l'histoire tchèque et d'ailleurs aussi française, qui n'est pas très bien connu et qui, pourtant, témoigne de l'amitié qui existait entre la France et la Bohême, depuis la période du roi de Bohême, Jean de Luxembourg. L'histoire remonte au 9 mai 1945 où trois soldats français sont venus à Prague pour participer à sa libération. Lors de ma dernière visite à Paris, j'ai rencontré M. Paul Pin qui a dirigé cette opération et qui a bien voulu m'accorder une interview.

La Libération de PragueLa Libération de Prague Rappelons les faits, tout d'abord. Lorsque la guerre, a éclaté le jeune Paul Pin n'avait que dix-neuf ans, et il étudiait à la faculté de médecine de l'Université de Paris. Il devait interrompre ses études pour rejoindre les commandos spécialisés dans le renseignement, avant d'être engagé dans la troisième Armée Patton. Détaché au G 2 de la cinquième Infantry Division du Kentucky, une division d'élite de Patton, il est arrivé en mai 1945 jusqu'aux hauteurs dominant les Sudètes, au sud-ouest de Prague. « Certes, on nous avait annoncé la capitulation des armées allemandes et la signature de l'armistice, le 8 mai, à Reims », se souvient Paul Pin, «or la bataille continuait en Bohême du fait que Hitler avait ordonné de poursuivre le combat jusqu'au bout ». A Prague, les unités SS, sous le commandement du comte Karl Friedrich de Pückler-Burghauss, avaient refusé le cesser le feu et continuaient leurs furieuses opérations à Prague-Sud. Vu cette situation, le lieutenant Paul Pin a décidé d'agir, en dépit de l'interdiction de franchir la ligne qui marquait l'ultime pénétration des troupes américaines en territoire tchèque, en vertu des fatidiques accords de Yalta. Le jeune lieutenant l'a franchi, même s'il n'avait pas obtenu l'autorisation du général Patton.