Les églises se préparent à la Nuit blanche

26-05-2010

Elles ne seront pas moins de 400, les églises tchèques et moraves à participer à la Nuit des églises organisée ce vendredi 28 mai. Un riche programme culturel, avec notamment des concerts, des activités pour les jeunes et l’ouverture exceptionnelle des lieux habituellement inaccessibles, attend cette année les visiteurs.

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul à BrnoL'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Brno L’ensemble des diocèses tchèques et moraves s’associe aux manifestations organisées pour la deuxième fois dans notre pays à l’occasion de la Nuit blanche. Une participation qui prend de l’ampleur, après le succès de l’année passée qui a attiré quelques 100 000 visiteurs. C’est à Brno, métropole morave, que le public a été le plus nombreux à profiter de l’occasion pour découvrir les lieux spirituels, la beauté des constructions sacrales et surtout pour dialoguer, partager sa foi, son expérience, ses talents, observe Vojtěch Cikrle évêque de l’Eglise catholique romaine de Brno :

Vojtěch Cikrle, photo: Jan Rosenauer, zdislava.signaly.czVojtěch Cikrle, photo: Jan Rosenauer, zdislava.signaly.cz « La Nuit des églises nous vient de l’Autriche voisine : l’impulsion est d’ouvrir la porte des églises, car beaucoup de gens sont en quête de valeurs spirituelles. Mais il y en a également beaucoup, de ces gens qui se disent je ne peux pas aller à l’église parce que je ne suis pas croyant. Mais s’ils reçoivent une telle invitation, alors ils se disent bon, nous irons voir une église, cela sera intéressant de vivre quelque chose de nouveau. »

La nuit des églises est une manifestation oecuménique. Y prennent part des catholiques, des baptistes, des orthodoxes, des évangéliques, des Frères tchèques. Son ambition est d’ouvrir la porte des lieux de culte de confessions différents dont aussi l’Eglise tchécoslovaque hussite, comme le souligne Pavel Šandera, évêque de cette Eglise de Brno :

« Nous devons agir ensemble vis-à-vis du public, puisque nous les chrétiens, nous devenons effectivement une minorité et il serait bon de parler d’une seule et même voix, d’apporter un témoignage unique, pour montrer que nous ne sommes pas séparés. »

ils peuvent y entendre un concert, voir une exposition ou un spectacle, participer à des ateliers, des projections et des activités pour les jeunes. La Nuit des églises crée un espace pour des rencontres dans une ambiance exceptionnelle où le visiteur fait la connaissance du christianisme par l’intermédiaire de conférences, de musique, d’œuvres d’art et de sensations, souligne Zlata Součková, coordinatrice du projet :

« La Nuit des églises est une invitation à ceux qui se trouvent hors des Eglises ou en marge des Eglises. Le cadre culturel de la manifestation, l’ambiance de cette nuit, permettent de s’adresser à un large public. Les visiteurs apprécient la possibilité d’entrer dans l’église de leur choix, juste pour un moment, juste pour le plaisir. La Nuit des églises est pleine de liberté, de légèreté et, en même temps, de profondeur et de spiritualité. »

La tradition d’un ancien lieu de culte celte allait être respectée par l’Eglise catholique qui a édifié une église. Les Lettres de Majesté, éditées à la fin du XVIIIe siècle et garantissant la liberté des religions catholiques et évangélique, a amené la population plutôt protestante à demander la construction d’une nouvelle église. Celle-ci devait toutefois respecter certains paramètres, explique Tomáš Drobík, curé de l’église évangélique de Bošín :L'église catholique de BošínL'église catholique de Bošín La Nuit blanche crée l’événement dans de nombreuses villes et communes. Lors de sa première édition qui s’est déroulée le 30 mai 2009, nous nous sommes rendus avec notre micro à Bošín, un village sur l’Elbe, dans la région de Bohême centrale qui s’y était associé. Bien que Bošín ne compte que 80 habitants, il possède deux imposantes églises, l’une catholique, l’autre évangélique, témoin de la situation assez confuse, au Moyen-âge. La communion selon les deux rites était répandue dans la région avant la Guerre de Trente ans. Celle-ci a laissé derrière elle une région brûlée et dépeuplée, à une exception près : Bošín, protégé par une colline mythique, Chotuc.

« Elle ne devait pas posséder de clocher, elle devait être située loin des voies de communication, et on ne devait pas reconnaître qu’il s’agissait d’une construction sacrale. La construction originale de l’église n’a pas résisté à la crue. Sur ses ruines, une nouvelle église a été édifiée. Il s’agit d’un exemple typique de l’architecture évangélique de la région de l’Elbe. Ce qui est surprenant, ce sont ses 200 bancs, soit un nombre bien superflu pour un si petit village. Cela témoigne d’une rivalité entre les deux Eglises. Après des siècles d’interdiction, les évangéliques ont décidé d’afficher leur foi en érigeant une construction imposante et étalée. »

Comme l’ajoute encore Tomáš Drobík, la paroisse évangélique de Bošín se joint cette année aussi à la Nuit des églises. Elle est également en train de mettre au point un projet baptisé ‘Open Church’ qui se propose d’encourager les activités civiques et une approche positive de la vie dans une région comptant parmi les plus athées de République tchèque.

26-05-2010