90 ans pour le Musée des postes

10-12-2008

De deux mois plus jeune que la République tchécoslovaque, le Musée des postes à Prague fêtera, le 18 décembre, le 90e anniversaire de sa fondation. Le timbre présenté à cette occasion pour la première fois au public est tourné vers l’avenir : il est consacré à la prochaine présidence tchèque du conseil de l’UE. Sa valeur nominale est de 17 couronnes et son auteur Tomáš Pakosta a représenté, sur un fond blanc, le logo - EU 2008 accompagné de lettres colorées qui illustrent les noms abrégés des 27 Etats membres. Cette page d’histoire sera toutefois consacrée au passé du Musée des postes et à ses activités au cours des 90 années écoulées…

Le Musée des postes, photo: Kristýna MakováLe Musée des postes, photo: Kristýna Maková La décision de fonder un musée des postes en tant qu’institution indépendante de Vienne a été annoncée par le ministère des Postes et des Télégraphes le 18 décembre 1918. Toutes sortes d’affaires liées à la poste retournaient du centre viennois dans le nouvel Etat, après l’éclatement de la monarchie austro-hongroise et la fondation de l’Etat tchécoslovaque indépendant, et il a fallu trouver une place pour elles. Comme le rappelle Patricie Tošnerová, du Musée des postes, l’institution avait pour mission de collectionner et restaurer les documents témoignant de l’histoire des postes et de les présenter au public, ce qui est d’ailleurs sa tâche jusqu’à présent. Le Musée des postes à Prague est membre de l’Union mondiale des postes et les différents pays membres acquièrent et échangent les timbres par le biais de la centrale helvétique :

« La production de tous les Etats membres parvient en RT et il en est de même dans le sens inverse, c’est-à-dire que la production tchèque, auparavant tchécoslovaque, est envoyée dans tous les musées du monde par l’intermédiaire du bureau international de l’Union qui a son siège à Berne. »

Le Musée des postes, photo: Kristýna MakováLe Musée des postes, photo: Kristýna Maková Une rareté du musée, selon Patricie Tošnerová, ce sont les timbres émis sous le régime communiste mais interdits de présentation, pour des raisons politiques. Il s’agit notamment de deux feuillets des présidents de la République d’alors : Antonín Novotný et Ludvík Svoboda, ensuite des timbres émis à l’occasion du XVI congrès du PCT en 1969 et des timbres qui devaient paraître à l’occasion des Jeux olympiques d’été de Los Angeles, mais auxquels les sportifs tchécoslovaques n’ont pas pu participer. Le musée expose les copies de ces timbres, mais les originaux seront à voir le 18 décembre, jour du 90e anniversaire du musée.

Ce qui attire le plus les visiteurs dans ce musée, c’est la section des timbres tchécoslovaques, tchèques et étrangers venant du monde entier, dit Alena Reichová, chef de cette section :

« On y trouve les timbres de la République tchécoslovaque, depuis le tout premier timbre poste émis en 1918 : inutile de rappeler qu’il s’agit du fameux panorama du château de Hradčany créé par Alfons Mucha. Notre musée abrite aussi de très intéressants timbres classiques d’Europe édités depuis l’année 1840. »

Parmi ces timbres, il y a de vrais bijoux comme le premier timbre du monde, Black Penny, de 1840 avec le portrait de la reine du Royaume-Uni, Victoria, mais aussi, par ex., les premiers timbres des cantons helvétiques, les timbres espagnols, français, et beaucoup d’autres. Très rares sont les enveloppes portant un cachet remplaçant, avant 1840, le timbre. A noter que le Musée pragois des postes abrite dans ses collections plus d’un million d’objets…

Une section indépendante, ce sont des timbres émis après la fondation de la République tchèque, en 1993. Plus de 500 timbres, ayant pour thème les sujets les plus divers, dont beaucoup ont été créés par des graveurs et peintres réputés. Ces timbres doivent leur réputation notamment à la façon dont leurs auteurs transposent, en miniature, les tableaux provenant des collections de la Galerie nationale. Leur technique de gravure sur acier est tout à fait unique. Les œuvres d’art paraissent régulièrement sur les timbres depuis 1966 : la première transposition a été la Toilette de la jeune femme du Titien, créée par Jiří Švengsbír. Les créateurs tchèques utilisent par ailleurs aussi une technologie unique qui rehaussent la réputation des timbres : il s’agit de l’impression en taille-douce colorée. La Tchéquie est, en effet, l’un des rares pays qui utilisent cette technologie exigeante.

Le Musée des postes, photo: Kristýna MakováLe Musée des postes, photo: Kristýna Maková Durant les 90 ans de son existence, le musée a plusieurs fois déménagé. Ces 20 dernières années, il a son siège dans la Maison Vávra, à la sortie de la rue Revoluční, tout près de la rivière Vltava. Cette maison est tout aussi exceptionnelle, car elle a toujours appartenu aux meuniers pragois. On écoute Jan Kramář, chef de la section de l’histoire des postes :

« Le plus connu parmi eux, Vaclav Michalovic, a demandé, en 1847, la décoration des intérieurs de la maison à son ami, Josef Navrátil. »

Cet artiste dont on trouve le manuscrit dans plusieurs châteaux tchèques, a orné quatre salons au premier étage du musée. Lorsqu’en 2002, la crue millénaire a envahi Prague, les timbres ont été sauvés par un déplacement rapide justement au premier étage qui est resté intact, y compris les fresques. Le reste du bâtiment, endommagé par les flots, a dû être restauré.

Le Musée des postes offre aux visiteurs deux expositions permanentes – celle de la création des timbres tchécoslovaques et tchèques, l’autre des pays étrangers. Sa succursale qui se trouve à Vyšší Brod, au sud de la Bohême, expose les documents de l’histoire des postes depuis 1526 jusqu’à présent.

10-12-2008