Une équipe de chercheurs tchèques et danois cherche à dévoiler le secret de la mort de l’astronome Tycho Brahe

15-11-2010

Une équipe de chercheurs danois et tchèques a ouvert, ce lundi, la tombe de l’astronome Tycho Brahe sous les dalles de l’église de la Vierge de Týn à Prague. Leur objectif est d’examiner la dépouille mortelle du célèbre astronome du XVIe siècle et de parvenir ainsi à élucider les circonstances de sa mort qui fait toujours, plus de 400 ans après, l’objet de diverses spéculations.

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová La vie de Tycho Brahe illustre le respect et la vénération dont jouissaient l’astrologie et l’astronomie au XVIe siècle. Fils d’une famille noble et aisée, il peut se consacrer aux études de l’astronomie et de l’alchimie et voyager en Europe. Grâce à son principal mécène, le roi Frédéric II du Danemark, il construit des laboratoires et des observatoires et devient un des astronomes les plus recherchés de son temps. Sans lunette et sans télescope, il établit un catalogue d’étoiles précis pour son époque et crée un modèle cosmogonique qui est un compromis entre le système géocentrique de Ptolémée et la conception héliocentrique de Copernic. Après la mort de son mécène royal, Tycho Brahe est invité en 1599 à Prague pour devenir astrologue et mathématicien de l’empereur Rodolphe II. C’est aussi à Prague qu’il meurt en 1601, âgé de 55 ans.

Zdeněk Dragoun, photo: Barbora KmentováZdeněk Dragoun, photo: Barbora Kmentová La légende veut qu’il soit victime d’une perforation de la vessie parce que, lors d’un banquet, l’étiquette de la cour impériale ne lui a pas permis de se soulager. Les spécialistes estiment cependant qu’il est décédé des suites d’une urémie et selon une théorie, il aurait même été empoisonné. Ce lundi donc une équipe de chercheurs tchèques et danois a procédé à son exhumation. L’archéologue Zdeněk Dragoun décrit le déroulement de cette opération :

« Les tailleurs de pierre et restaurateurs lèvent la dalle funéraire sous laquelle nous nous attendons à trouver une voûte de la tombe qui a été ouverte pour la dernière fois en 1901. Nous y allons creuser d’abord un trou pour y faire passer une caméra. Cela nous permettra d’examiner la voûte et de trouver l’endroit où elle pourra être percée sans problèmes. Ainsi nous pénètrerons jusqu’à la dépouille de Tycho Brahe déposé dans un petit cercueil fabriqué en 1901. »

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová Le cercueil sera amené dans les laboratoires des anthropologues du Musée national où il sera ouvert, la dépouille sera examinée et, d’après Zdeněk Dragoun, les chercheurs procèderont au prélèvement de tissus :

« Il est évident que dans certains éléments de la dépouille mortelle de l’astronome enlevés de la tombe en 1901 l’analyse a démontré un taux élevé de mercure. Il s’agit donc de procéder à un examen par les moyens modernes de la tombe dans son ensemble, et de déterminer à cette occasion par des analyses nucléaire, chimique et autres ce qui est vraiment arrivé à Tycho Brahe.»

Tycho BraheTycho Brahe Selon une théorie de l’historien danois Peter Andersen, l’astronome aurait été empoisonné sur ordre de Christian IV, nouveau roi du Danemark. En revanche, le professeur Bent Kempe de Copenhague considère comme plus probable que Tycho Brahe se soit empoisonné par les médicaments qu’il préparait, lui-même, pour soigner sa maladie.

La dépouille de Tycho Brahe retrouvera le repos dans sa tombe de l’église de la Vierge de Týn ce vendredi. A cette occasion une messe sera célébrée par l’archevêque Dominik Duka, primat de l’Eglise catholique tchèque.

15-11-2010