Un tour du monde en avion pour commémorer le centenaire de la Tchécoslovaquie

Comment célébrer le centième anniversaire de la création de la Tchécoslovaquie ? Pourquoi pas par un tour du monde en avion ! C’est en tout cas l’idée de Roman Kramařík, auteur du projet Mise Okřídlený Lev (Mission Lion Ailé). Parti le 25 juillet dernier, le juriste et aviateur tchèque devrait accomplir, seul dans son petit monomoteur, quelque 47 000 kilomètres pour rappeler que malgré leur histoire mouvementée les Tchèques ont de quoi être fiers.

Roman Kramařík, photo: Eva TurečkováRoman Kramařík, photo: Eva Turečková Dans Jules Verne, Phileas Fogg réalise un tour du monde en quatre-vingts jours. L’aviateur tchèque Roman Kramařík devrait y parvenir en 46 jours et quelque 200 heures de vol seulement. Le pilote, champion national de voltige aérienne en 2008, a choisi pour son aventure un avion léger de la marque américaine Cessna, construit en 1979.

Le code d’immatriculation de son aéronef OK-TGM, comprenant les lettres initiales du nom du premier président tchécoslovaque Tomáš Garrigue Masaryk, est plus que symbolique en cette année 2018 alors que les Tchèques commémorent les fameuses « années en 8». Roman Kramařík, qui est le tout premier Tchèque à entreprendre une telle expédition, veut en effet commémorer par son voyage ces dates-clés de l’histoire du pays et rendre hommage à l’aviation tchécoslovaque :

« Cette année, nous commémorons les cent ans de la création de la Tchécoslovaquie. Il est nécessaire de rappeler, en Tchéquie et dans le monde, tout ce que les Tchèques ont accompli. Rappeler que nous sommes une nation très habile, fière et, dans la plupart de cas, aussi raisonnable. Il faut également rappeler que notre industrie aéronautique, nos pilotes, nos constructeurs et nos mécaniciens, font partie des meilleurs au monde. »

Photo: Eva TurečkováPhoto: Eva Turečková

Afin de pouvoir profiter du vent arrière, Roman Kramařík est parti vers l’est et il a déjà survolé le Proche-Orient, l’Inde, la Thaïlande, les Philippines ou le Japon. Actuellement, le pilote se trouve aux Etats-Unis et prépare sa traversée de l’océan Atlantique. Avec sa famille et ses fans, Roman Kramařík communique par le biais d’un téléphone par satellite et de sa page Facebook. Il est également possible de suivre son trajet sur une carte en ligne.

Photo: Eva TurečkováPhoto: Eva Turečková L’aviateur traversera au total trois continents et trois océans et réalisera également plusieurs vols de nuit. Pour minimiser les risques d’accident en cas de mauvais temps, Roman Kramařík a planifié toute une série d’arrêts où il pourrait attendre le retour du soleil. Son engin est également équipé de deux canots de sauvetage, ainsi que du matériel et d’outils nécessaires pour un éventuel atterrissage en pleine mer.

Les préparatifs du projet ont duré trois ans. Afin de pouvoir traverser les pays en dehors de l’Europe, l’aviateur a en effet dû se procurer les autorisations de survol. De plus, son Cessna P210 est alimenté par un carburant aéronautique spécial, généralement indisponible dans la plupart des aéroports. Il était ainsi nécessaire d’en transporter sur place en avance. Roman Kramařík :

« Ce qui est le plus difficile, c’est cette gestion du carburant et la situation géopolitique de certains pays. Dans certains Etats, il est impossible de recevoir l’autorisation de survol ou cette autorisation est octroyée sous certaines conditions. »

Photo: Eva TurečkováPhoto: Eva Turečková Roman Kramařík ne veut pas se limiter à un simple tour du monde mais il veut également se rendre sur les traces des Tchèques dans le monde. En Israël, l’aviateur a ainsi rencontré Avraham Harshalom, un survivant de l’Holocauste et pilote d’origine tchèque, et ce avant d’avoir visité le kibboutz Masaryk, fondé au nord-est du pays par des Juifs tchécoslovaques et dénommé d’après l’ancien chef d’Etat tchécoslovaque. Lors de son escale à New Delhi, l’aventurier s’est rendu, entre autres, au mémorial d’Indira Gandhi où se trouve, sur le lieu de l’assassinat de cette femme d’Etat indienne, un monument en cristal créé par des sculpteurs et verriers tchèques et intitulé Skleněná řeka (La Rivière de verre). Dernièrement, Roman Kramařík a également découvert le Dôme de Genbaku, l’unique bâtiment ayant survécu à la destruction de la ville d’Hiroshima, qui a été construit en 1915 par l’architecte tchèque Jan Letzel et qui sert actuellement de mémorial de la paix.

L’avion OK-TGM devrait atterrir le 8 septembre prochain à l’aéroport de Letňany à Prague. Roman Kramařík prévoit ensuite de publier un livre de souvenirs de son voyage.