UE : Tchèques et Slovaques prônent l’intransigeance contre les Etats en déficit public

19-10-2010

Trois mois après la visite de Petr Nečas à Bratislava, c’était au tour du Premier ministre slovaque, Iveta Radičová, elle aussi nommée en juin dernier, de rendre la politesse et de faire un passage à Prague. Au-delà des coutumes d’usage selon lesquelles les deux parties se sont félicitées de l’excellence de leurs relations, le chef du cabinet tchèque et la première femme à diriger le gouvernement slovaque ont notamment accordé leurs violons avant le Conseil européen de la semaine prochaine sur la gouvernance économique.

Petr Nečas et Iveta Radičová, photo: CTKPetr Nečas et Iveta Radičová, photo: CTK En juillet dernier déjà, à Bratislava, la lutte contre l’endettement à outrance de certains gouvernements européens et le refus de voir l’Europe payer les pots cassés avaient figuré au cœur des échanges menés par Petr Nečas et Iveta Radičová. Trois mois plus tard, rien n’a changé, et Tchèques et Slovaques ont conservé la même position sur le sujet. Les uns comme les autres sont partisans de l’intransigeance et favorables à ce que de sévères sanctions soient infligées aux pays incapables de maintenir le déficit de leurs finances publiques dans des limites acceptables et convenues préalablement.

L’importance des déficits de la Grèce, de l’Irlande ou du Portugal, conséquence du non-respect du pacte de stabilité européen, a même un temps potentiellement menacé l’existence de l’euro. La Slovaquie, elle, a crispé Bruxelles en août dernier en étant le seul Etat membre de la zone euro à refuser d’apporter son aide financière à la Grèce. Pour autant, Iveta Radičová a profité de sa présence à Prague pour se féliciter de l’appartenance de son pays à cette fameuse zone euro que les Tchèques, eux, ne sont pas pressés de rejoindre :

Iveta Radičová, photo: CTKIveta Radičová, photo: CTK « Je pense effectivement que nous avons intégré la zone euro au bon moment. La Slovaquie a derrière elle des réformes de fond et nous avons également procédé au rétablissement de notre secteur bancaire. De ce fait, la crise financière n’a pas eu de conséquences sur notre secteur bancaire. Nous avons su y faire face. Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres pays, nous sommes confrontés à la crise économique, et dans ce contexte, l’euro représente un facteur et un élément certains de stabilité. »

Favorables l’un comme l’autre à l’adoption d’un mécanisme automatique de sanctions vis-à-vis des pays trop laxistes en matière de discipline budgétaire, la République tchèque et la Slovaquie possèdent donc des positions qui ne diffèrent que sur quelques « détails », principalement la monnaie unique, comme l’a rappelé Petr Nečas:

« A la différence de la République tchèque, la Slovaquie est un pays membre de la zone euro. Nos positions diffèrent donc forcément quelque peu. Tandis qu’il est réclamé quelque chose à la Slovaquie du fait de sa qualité de membre, qu’on lui demande de payer, rien n’est demandé à la République tchèque. »

Si rien n’a été demandé à Prague, Tchèques et Slovaques seront cependant à l’unisson lors du sommet européen des 28 et 29 octobre à Bruxelles. Ils ne seront pas les seuls, puisque, parallèlement à l’accord trouvé par les ministres des Finances de l’UE sur le renforcement de leur discipline budgétaire commune, le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel sont également tombés d’accord, lundi, à Deauville, sur la nécessité de sanctionner davantage les Etats membres de la zone euro dont le déficit public serait excessif. Voilà donc au moins un point en matière de politique européenne sur lequel Paris, Berlin, Prague et Bratislava sont sur la même longueur d’ondes.

19-10-2010