Strachová et un Canadien pour bien représenter la Tchéquie aux Mondiaux de ski alpin

07-02-2017

Championnats du monde de ski alpin, championnats du monde de biathlon ou encore championnats du monde de patinage de vitesse. Ce sont deux prochaines semaines chargées qui attendent les amateurs de sports d’hiver. Dans chacune de ces trois compétitions, les Tchèques possèdent des chances plus ou moins élevées de médailles. Mais au-delà des performances, les Mondiaux de ski alpin, dont la 44e édition démarre ce mardi à Saint-Moritz (Suisse), sont aussi l’occasion pour le grand public de découvrir un nouveau descendeur… canadien.

Šárka Strachová, photo: Šárka Ševčíková, ČRoŠárka Strachová, photo: Šárka Ševčíková, ČRo Jusqu’à la saison dernière, le ski alpin en République tchèque se résumait essentiellement à deux noms : Šárka Strachová bien entendu d’abord chez les femmes et Ondřej Bank chez les hommes. Tous deux toutefois pour des raisons diamétralement opposées. Si Šárka Strachová, qui s’appelait alors encore Záhrobská, est devenue la première skieuse tchèque de l’histoire, hommes et femmes confondus, à décrocher un titre de championne du monde, en slalom en 2007 à Are (Suède), Ondřej Bank, lui, est davantage resté dans les esprits pour ses cicatrices héritées de sa chute spectaculaire lors de la descente du super-combiné des précédents Mondiaux à Beaver Creek en 2015 (cf. : https://www.youtube.com/watch?v=HaIaZ47A0rY). Une chute dont il s’est finalement bien remis et qui lui a valu une certaine notoriété, comme en témoigne sa participation jusqu’en finale à l’automne dernier du concours Danse avec les stars de la Télévision tchèque.

Depuis, le corps bien usé, Ondřej Bank s’est retiré des pistes. Et si, dix ans donc après son titre historique, Šárka Strachová, quadruple médaillée mondiale durant sa carrière, sait que c’est toujours sur ses épaules que reposent les principaux espoirs de podium tchèque lors de ces Mondiaux à Saint-Moritz, chez les hommes en revanche, c’est un Canadien d’origine tchèque qui a repris le flambeau laissé par Bank. Jan de son prénom, Hudec de son nom, Jan Hudec représente la République tchèque depuis le début de cette saison. Mais le Canadien n’a pas de tchèque que la combinaison qu’il porte en compétition depuis le début de saison :

« J’ai un appartement à Olomouc et un autre à Calgary. J’ai un fils de dix ans au Canada et un petit Eliáš ici en Tchéquie avec ma compagne tchèque. Je ne saurais pas dire où je me sens davantage chez moi. Je vis comme un nomade et et mène une vie de gitan. Je passe d’un endroit à l’autre comme les gens du voyage. Je ne sais pas si cela se dit en tchèque aussi, mais j’ai appris à vivre avec un sac sur le dos. »

Jan Hudec, photo: Jan Kaliba, ČRoJan Hudec, photo: Jan Kaliba, ČRo Médaillé d’argent de la descente des championnats du monde en 2007, médaillé de bronze olympique du super-G à Sotchi en 2014, Jan Hudec n’est pas le premier venu. Et sans doute représenterait-il encore le Canada à Saint-Moritz cette année sans une vilaine blessure à un genou. Mais pas retenu par la fédération canadienne, c’est finalement pour la République tchèque, un pays que ses parents, eux-mêmes anciens skieurs de haut niveau, ont quitté au début des années 19801, que le natif de Šumperk (Moravie du Nord) a opté, avec l’aval de la Fédération internationale de ski.

A 36 ans, le Tchéco-Canadien conserve encore de beaux restes et ses performances seront donc suivies avec une attention toute particulière. Tout comme celles des douze autres représentants tchèques, et plus particulièrement d’Ester Ledecká. Spécialiste de freestyle et du snowboard, une discipline où elle a été sacrée championne du monde du slalom parallèle en 2015, la Tchèque, qui figure au départ du slalom géant ce mardi, participe à ses premiers Mondiaux de ski alpin.

07-02-2017