Spejbl et Hurvinek face à la justice

Depuis quelques années les médias tchèques suivent de près un procès curieux qui vient de prendre un tournant décisif. La Cour municipale de Prague a tranché: les droits d'auteur sur les marionnettes Spejbl et Hurvinek appartiennent à Helena Stachova, directrice du théâtre pragois qui porte le nom de ces deux petits héros en bois adorés par les enfants.

Spejbl et Hurvinek, photo: www.spejbl-hurvinek.czSpejbl et Hurvinek, photo: www.spejbl-hurvinek.cz Le célèbre duo, le père Spejbl et son fils Hurvinek est créé par le marionnettiste Josef Skupa déjà dans les années vingt du XXe siècle et depuis ce temps-là le père grincheux et son fils espiègle font le bonheur des petits spectateurs tchèques. Après la Deuxième Guerre mondiale, il s'avère même que ces marionnettes et les spectacles dans lesquels elles jouent sont un excellent article d'exportation car elles réussissent à s'imposer devant les publics d'une trentaine de pays et sont sollicitées aussi par le cinéma, le disque et la télévision.

Helena Stachova, photo: CTKHelena Stachova, photo: CTK Elles ne peuvent pas exister cependant sans les marionnettistes qui leur insufflent la vie. Après la mort de Josef Skupa, c'est son disciple Rudolf Kirschner qui leur prête sa voix et devient directeur du théâtre Spejbl et Hurvinek de Prague. Rudolf Kirschner disparu, les droits de succession passent sur sa femme, Helena Stachova, elle aussi marionnettiste, qui prend la direction du théâtre et permet à Spejbl et à son fils de continuer leur brillante carrière. Il y a quatre ans cependant l'Institut municipal des services sociaux de la ville de Plzen en Bohême de l'Ouest se déclare héritier légitime du fondateur du théâtre Josef Skupa et porte plainte contre Helena Stachova. A partir de ce moment-là, les droits de Helena Stachova sur les célèbres marionnettes sont mis en cause et le Théâtre Spejbl et Hurvinek risque de payer d'importantes sommes à l'Institut des services sociaux de Plzen et de sombrer dans la faillite. Le verdict de la Cour municipale de Prague, de ce mardi, apporte donc un grand soulagement à Helena Stachova et à sa troupe. L'affaire n'est cependant pas close car l'Institut de Plzen pourrait encore faire appel.

Il s'avère que la problématique des droits d'auteurs en République tchèque est encore un domaine inexploré qui cache de nombreuse surprises. L'avocate Dagmar Raupachova : "Qu'est-ce qu'une oeuvre dans le sens de la loi sur les droits d'auteur? On peut dire que cela concerne les oeuvres littéraires, artistiques, scientifiques et même électroniques, des photos, des tableaux, des livres, des marionnettes, des personnages de conte de fées. Je suis convaincue que de nombreux litiges sommeillent encore notamment dans les cas où les gens ne se rendent pas compte qu'ils sont propriétaires des droits d'auteurs et que leurs droits sont violés."