Réforme des lycées

14-02-2011

La fin du mois de janvier a vu un nouveau front s’ouvrir dans le domaine de l’éducation nationale. La réforme scolaire à venir suscite l’inquiétude du monde estudiantin. Une action spectaculaire a été menée à Liberec par des lycéens en provenance de différents établissements de la région. Ils ont porté un cercueil accompagné d’une musique funèbre et ont apporté une pétition aux autorités locales pour affirmer leur opposition aux mesures annoncées.

Dans quatre ans, le nombre de lycées « élites » dans lesquels le cursus d’étude dure huit ans va diminuer. Le ministre de l’Education, Josef Dobeš (VV), a convenu avec les préfets des régions que, dans ces écoles à caractère sélectif, les effectifs devraient se limiter à 5 % de l’ensemble des classes. En effet, les lycées « inférieurs » souffrent d’une désaffection de 10 % des élèves de l’école élémentaire, et la qualité de l’enseignement est également en baisse. A cause d’un nombre d’enfants trop faible, des lycées vont fusionner et même disparaître. A propos de la désignation de ceux-ci, une décision sera prise en mars par les régions. Josef Dobeš s’est expliqué plus en détail à propos de cette réforme :

Josef DobešJosef Dobeš « Cette réforme est nécessaire même si j’admets qu’elle n’est pas populaire. Elle est nécessaire car les écoles ne sont remplies qu’à 60 ou 70% de leurs capacités d’accueil, et c’est justement un grand nombre d’écoles et un petit nombre d’élèves qui nuisent à la qualité de l’enseignement. »

Sur la question d’une éventuelle réduction du personnel enseignant, le ministre tient à se montrer plutôt rassurant :

« Nous venons d’avoir une conférence de presse et les chiffres ne devraient pas être trop dramatiques, car il existe un certain pourcentage d’enseignants proches d’un départ à la retraite. Nous comptons donc sur des départs naturels avant tout. »

La réaction du président de l’Association des directeurs de lycées, Jiří Kuhn, ne s’est pas faite attendre. Il réagit avec préoccupation aux dernières annonces de réformes :

Jiří KuhnJiří Kuhn « Je fais une différence entre l’initiative du ministre et celle prise par les régions. La réduction du nombre d’écoles est nécessaire. La vraie question est de savoir si la voie qui mène à une réduction de l’éducation, de manière générale, est juste. Personnellement, je pense que non. Je considère la réduction à un chiffre de 5 % des élèves qui fréquenteront les lycées de longue durée comme un coup de poignard dans le dos des écoles et comme quelque chose de dangereux pour l’éducation de la société tchèque. J’espère que nous arriverons à trouver une voie pour régler ce problème, car celui-ci pourrait avoir des conséquences désastreuses. »

Lorsqu’on lui demande si les places qui vont être supprimées pourraient manquer à la société, Jiří Kuhn rectifie :

«Ce ne sont pas les places qui vont nous manquer, mais bel et bien l’éducation des gens. Actuellement, la République tchèque, proportionnellement à son nombre d’habitants, possède un des taux les plus bas de lycéens avec une formation généraliste. C’est dommage. Nos pays voisins, et en particulier ceux situés à l’Ouest, mettent l’accent sur l’éducation. La puissance des moyens mis à disposition de l’éducation est essentielle, et c’est pour cela que je ne peux accepter une telle politique de réduction de l’enseignement. »

Les prochaines discussions sur la réforme des lycées promettent donc d’être animées. Une partie de l’élite culturelle semble prête à défendre avec conviction un service de qualité des écoles secondaires.

14-02-2011