Rebondissement dans l'affaire de la restitution de la cathédrale Saint-Guy : l'Etat en redevient le propriétaire

On repart de zéro dans le litige long de 14 ans opposant l'Etat tchèque et l'Eglise catholique pour la propriété de la cathédrale Saint-Guy au Château de Prague : la Cour suprême a annulé, vendredi, le verdit rendu l'an dernier par la cour d'appel qui avait tranché en faveur de l'Eglise.

La cathédrale Saint-GuyLa cathédrale Saint-Guy La décision de la Cour suprême faisait suite à la plainte portée par le Bureau pour la représentation de l'Etat tchèque dans les affaires patrimoniales, explique Marika Komonova, porte-parole de la Cour :

« La Cour suprême a satisfait la République tchèque, le Bureau du président de la République, et annulé les jugements rendus par le tribunal du premier arrondissement de Prague et le tribunal municipal de Prague. »

L'incertitude continue toutefois de planer sur le sort de la cathédrale : la Cour suprême a renvoyé le dossier au tribunal du premier arrondissement de Prague et le procès sera rouvert dès le début. Le litige pour les droits de propriété de la cathédrale remonte à 1992, lorsque l'Eglise catholique a porté plainte contre l'Etat tchèque pour la propriété de la cathédrale et des bâtiments adjacents. Le complexe de la cathédrale est passé sous l'administration de l'Etat par une loi adoptée par l'Assemblée nationale en 1954. Cette loi reste toujours en vigueur, la Cour constitutionnelle ne l'ayant jamais abolie, en dépit des tentatives en date de 1999.

Or, pour Petr Zdercik, avocat de l'Eglise, il s'agissait d'une décision des temps totalitaires et la cathédrale n'a jamais cessé d'appartenir à l'Eglise tchèque. Il s'est déclaré surpris par la rapidité avec laquelle la Cour suprême a pris la décision :

« Jusqu'à ce jour, personne ne m'a demandé mon opinion sur la composition du Sénat et, éventuellement, sur son impartialité. »

L'Eglise ne s'est pas encore exprimée sur le verdict de la Cour suprême publié vendredi dernier. Le porte-parole du Château, Petr Hajek, espère que la cathédrale passera sans problèmes sous la gestion de l'administration du Château, en attendant un nouveau verdict, comme cela a été le cas en automne dernier, lorsque le Château a été contraint de rendre la cathédrale à l'Eglise en accord avec le jugement de la cour d'appel. Celui qui en profitera sera le visiteur. Depuis le 6 septembre dernier, l'Eglise catholique a introduit une entrée payante de 100 couronnes (environ 3 euros), mais celle-ci sera supprimée une fois que la cathédrale passera de nouveau sous l'administration du Château de Prague.