Réactions tchèques au lendemain des législatives slovaques

14-06-2010

A peine trois semaines après les Tchèques, de l’autre côté de la frontière, les voisins slovaques votaient ce week-end. Des législatives très suivies évidemment côté tchèque, comme il en va de toute la vie politique de la Slovaquie depuis la séparation des Tchèques et des Slovaques. A Prague, en tout cas, l’étrange victoire du parti social-démocrate slovaque Smer a un goût de déjà-vu.

Le président slovaque Ivan Gašparovič, photo: CTKLe président slovaque Ivan Gašparovič, photo: CTK Etonnant mimétisme que celui des électeurs slovaques qui, comme les Tchèques il y a moins d’un mois, ont donné la victoire au parti social-démocrate en terme de voix, mais se retrouveront de toute évidence bientôt avec un gouvernement de centre-droit au pouvoir. En Slovaquie comme en République tchèque, c’est en effet une victoire à la Pyrrhus pour la social-démocratie, à la différence près que le parti de Robert Fico sort de quatre ans de législature tandis que celui de Jiří Paroubek était dans l’opposition. Le chef de file des sociaux-démocrates tchèques, Bohuslav Sobotka a tenu à souligner la victoire, même paradoxale, du parti de Robert Fico :

Robert Fico, photo: CTKRobert Fico, photo: CTK « Smer est incontestablement le vainqueur de ces élections, il a remporté 35% des voix, suivi du SDKU qui a recueilli 15% de suffrages en moins. C’est une grosse différence et je suis content de voir qu’en Slovaquie, on ait respecté la coutume constitutionnelle et que Robert Fico ait été chargé de former un cabinet. »

Smer, vainqueur paradoxal, s’offre même une victoire plus importante qu’il y quatre ans et une bien plus importante que celle des sociaux-démocrates tchèques. Mais ce ne sera pas suffisant : en effet, quatre partis d'opposition de droite et centriste disposent ensemble d'une majorité de 79 des 150 sièges. Iveta Radičová, photo: CTKIveta Radičová, photo: CTKUn situation qui préfigure un avenir sous forme d’une coalition rassemblant ces partis chez lesquels se sont répartis les voix des électeurs. C’est la leader de la droite Iveta Radičová, ex-candidate à la présidence, qui devrait de toute évidence devenir Premier ministre. Un avenir qui n’est pas pour déplaire à Miroslav Kalousek dont le parti TOP 09 s’est retrouvé dans la même situation il y a trois semaines, en République tchèque. Son analyse des résultats est évidemment différente de celle des sociaux démocrates tchèques :

Miroslav KalousekMiroslav Kalousek « Je pense que deux points positifs sont victorieux en Slovaquie. D’abord, c’est quelqu’un qui va remettre en ordre les finances publiques qui va gouverner, car le gouvernement Fico n’a fait qu’accentuer la dette publique, encore plus que ce qui s’est passé en République tchèque. Ensuite, il est bon de noter que la carte nationaliste ou hongroise va cesser d’être jouée. »

Pour le commentateur du quotidien Lidové noviny, ces législatives sonnent le glas de « de quatre ans de coalition nationalistico-socialiste aux accents populistes, qui par le nombre de scandales de corruption, le clientélisme, les attaques contre la minorité hongroise et la liberté des médias, rappelait les pires années de l’ère Mečiar avant 1998. »

Vladimír Mečiar d’ailleurs disparaît à cette occasion de la scène politique slovaque, faute d’avoir atteint 5% des suffrages, ce que ne manquent pas de repérer les commentateurs tchèques. De même qu’ils soulignent le choix de la modération fait par les électeurs de la minorité hongroise qui ont préféré donner leurs voix à un parti prônant la collaboration entre Slovaques et Hongrois qu’à la formation plus radicale soutenue par le premier ministre hongrois.

14-06-2010