Prague Pride : gros succès pour la Marche des fiertés

17-08-2015

Dimanche s’est achevée la cinquième édition du festival des communautés LGBT, Prague Pride. Une semaine riche d’une centaine d’événements en tout genre, marquée surtout par le succès samedi de la Marche des fiertés. La manifestation a réuni dans les rues de la capitale tchèque quelque 15 000 personnes selon la police, plus de 35 000 selon les organisateurs qui évoquent une affluence record.

Photo: ČTKPhoto: ČTK C’est désormais un rendez-vous incontournable de l’été à Prague : la Marche des fiertés a attiré encore plus de monde que les années précédentes, hétéros comme homos, célébrités comme anonymes, rassemblés autour du mot d’ordre « on a tous un arc-en-ciel en nous ». Preuve de la banalisation de l’événement dans le paysage de la ville, les politiques s’y montrent volontiers. Ainsi c’est Madame la maire en personne, Adriana Krnáčová (ANO), qui a mené le cortège, depuis la place Venceslas jusqu’à l’esplanade de Letná où la fête s’est poursuivie tout l’après-midi avec concerts et spectacles.

David Tišer, photo: Jana ŠustováDavid Tišer, photo: Jana Šustová Outre la présence exceptionnelle de Pavel, sosie de la chanteuse autrichienne Conchita Wurst, qui s’est elle-même produite plus tôt dans le cadre du festival, ou encore celle du London Gay Men's Chorus, reprenant à tue-tête les tubes de Freddy Mercury et autres Beyoncé, une quinzaine de chars allégoriques ont égayé le défilé. L’an passé, l’un d’entre eux était décoré aux couleurs de la communauté rom, un véhicule qui a fait son petit effet si bien qu’il a été reconduit pour cette édition, avec en prime une scène tout spécialement affrétée dans le parc de Letná, où tout un chacun pouvait venir raconter son histoire. Membre de l’équipe organisatrice, David Tišer explique le principe de cet espace :

« Nous voudrions parler des discriminations. Nous en avons tous fait l’expérience, que ce soit en tant que femme, en tant que gay, en tant que Rom ou en tant que père en congé parental par exemple. Nous voulions sur cette scène pouvoir entendre ces histoires une minute durant. »

Photo: ČTKPhoto: ČTK Ancien rédacteur en chef de différentes revues gay, l’acteur Jiří Hromada considère pour sa part au micro de la Télévision tchèque que l’heure est moins au combat, qu’il juge remporté, qu’à la célébration :

« En 1990, seuls 10% des citoyens nous acceptaient. Cette année, ce pourcentage monte à 75%, voire 80%. Aujourd’hui, nous ne nous battons plus à proprement parler, nous faisons la fête. »

Des propos que semble confirmer la faible mobilisation, quelques dizaines de personnes tout au plus, pour le traditionnel contre-rassemblement organisé à l’initiative des jeunes chrétiens-démocrates pour célébrer la famille. Pas complètement démoralisé pour autant, le conseiller municipal Jan Wolf, qui y participait, estime que le rapport de force pourrait s’inverser à l’avenir.

Photo: ČTKPhoto: ČTK Quoi qu’il en soit, le combat pour l’égalité des droits des minorités sexuelles n’est sans doute pas terminé. Par exemple en République tchèque, si les homosexuels, pour lesquels le mariage n’est pas ouvert, peuvent adopter des enfants, leur partenaire ne peut pas être reconnu comme parent, ce qui fragilise juridiquement ces cellules familiales. Pour corriger cette situation qui concernerait près d’un millier d’enfants, un amendement à la loi sur le partenariat enregistré, l’équivalent du Pacs, circule pourtant dans les couloirs de la Chambre des députés depuis environ un an, mais les parlementaires ne l’ont depuis jamais étudié.

17-08-2015