Prague est l’hôte d’un congrès international sur le néonazisme

02-10-2008

Au Congrès international sur les dangers du néonazisme qui se tient à la Faculté philosophique de l’Université Charles à Prague, il a été constaté entre autres que les activités des groupes extrémistes de droite, en Tchéquie, faisaient partie des plus importantes en Europe.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Le congrès a constaté que depuis la chute du régime communiste en 1989, il y a eu une trentaine de meurtres à motivation raciale ou contre des membres des minorités nationales en République tchèque. Comparé aux nombre d’habitants, ce chiffre classe la Tchéquie à l’une des plus mauvaises positions en Europe. La situation est semblable en ce qui concerne les manifestations racistes ou de l’extrême droite. D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur datant de 2002, plus de 4 000 Tchèques se déclareraient ouvertement pour les idées de l’extrême droite. Les autorités devraient donc effectuer une étude qui analyserait ce phénomène surtout chez les jeunes. Ondřej Cakl qui suit de près et à long terme les activités des extrémistes en Tchéquie, est tout à fait d’accord avec cette idée :

« Les jeunes sont capables d’organiser des manifestations tous les quinze jours. Une partie de la génération plus radicale, plus militante, est capable de se reconnaître dans ces actions et, pour cela, y participe aussi. »

Ondřej Cakl appelle aussi à l’élaboration d’une conception de lutte contre les néonazis. Les régions devraient se consacrer plus activement à la lutte contre le néonazisme. Les autorités, la justice, la police n’interviennent pas assez rigoureusement, explique-t-il avant de préciser :

« Beaucoup de ces manifestations sont fortement antisémites. Certaines sont vraiment orientées contre les Roms. Pourtant, il ne se trouve personne pour dire que cette manifestation, ce discours ont dépassé les limites fixées par la loi. »

Le président de la Chambre des députés, Miloslav Vlček, qui est l’un des hôtes du Congrès international sur les dangers du néonazisme, est d’accord avec cette opinion et il ajoute encore :

« Il y a des politiciens qui permettent de telles choses et je suis persuadé que c’est une erreur. Si nous sommes unis, tous les politiciens, si nous disions ‘non, ce parti, ce groupuscule peuvent être dangereux pour nous à l’avenir’ et si nous l’interdisions, je pense que ce serait une solution. »

Klára Kalibová, de l’association « La tolérance et la société civique » a critiqué le verdict qui a disculpé l’éditeur de la version tchèque de Mein Kampf, tout comme l’enquête sans conclusion sur la publication du Journal de Turner de Andrew Mac Donald (à la suite d’une révolution, la race blanche prend la domination totale des Etats-Unis). La République tchèque est le seul pays où ce livre a été publié en dehors des Etats-Unis et de la Russie. En Allemagne, le livre est interdit. Pourtant, le congrès a constaté que c’est dans ce pays que les néonazis sont les plus actifs, étant même représentés au parlement régional de Saxe par l’intermédiaire du parti NPD. Malheureusement, la Tchéquie arrive juste en seconde place en Europe.

02-10-2008