Prague envisage la construction d’un orphelinat en Syrie

Andrej Babiš a annoncé mardi la future construction dans le pays de Bachar El-Assad d'un centre destiné à accueillir une cinquantaine d’enfants. Cette annonce intervient quelques mois après la polémique dite des « orphelins syriens », qui avait agité la scène politique nationale après le refus du chef du gouvernement d’accueillir le moindre enfant syrien sur le sol tchèque.

Photo: ČTK/APPhoto: ČTK/AP Suite à cette polémique, le Premier ministre tchèque avait en novembre dernier présenté un projet à Bruxelles visant à bâtir en Syrie un centre pour 150 enfants. Le plan présenté à Jean-Claude Juncker a donc été revu à la baisse mais reste d’actualité.

Andrej Babiš : « Nous voulons construire un village tchèque pour les orphelins syriens. J’ai discuté à ce sujet avec le président du Croissant rouge arabe syrien, qui collabore en la matière avec la Croix-Rouge tchèque. Nous avons à disposition un terrain de 20 000 m² et la société tchèque QSPACE est chargée de concevoir un projet, peut-être en collaboration avec des architectes syriens. »

Pas de précisions encore sur la localité exacte où se trouve ce terrain; en revanche le chef du gouvernement s’empresse de souligner qu’il ne s’agit pas d’un projet « de l’Etat », mais qu’une fondation doit être mise en place pour recueillir des dons privés :

Andrej Babiš, photo: ČTK/Michal KamarytAndrej Babiš, photo: ČTK/Michal Kamaryt « Nous ne connaissons pas pour l’instant le montant de l’investissement que cela représente. Je suppose que cela devrait se préciser d’ici à la fin du mois de mars. Le fait est que QSPACE travaille en général sur des concepts de constructions modulaires, qui sont plus rapides et moins chères à mettre en place. Mais la préparation est plus onéreuse et la Syrie est encore sous le coup de sanctions internationales – c’est pour cela que la coopération se fait entre organisations humanitaires. »

En octobre dernier, l’eurodéputée tchèque Michaela Šojdrová (KDU-ČSL) avait initié un projet visant à accueillir en Tchéquie cinquante orphelins syriens vivant dans des camps de réfugiés en Grèce. Cinq mois après, elle considère toujours que Prague doit faire davantage :

Michaela Šojdrová, photo: ČT24Michaela Šojdrová, photo: ČT24 « C’est vrai qu’il y a des enfants dont il faut s’occuper en Syrie mais il y a aussi des orphelins syriens et des mineurs non accompagnés sur le sol européen, notamment dans des camps sur les îles grecques. Je demande au Premier ministre comment la Tchéquie aide ces enfants, dont le nombre a encore augmenté. D’après les informations du HCR, ils sont aujourd’hui plus de 3700 et je pense que notre pays a les moyens d’aider ces enfants qui vivent dans des conditions terribles et nous devrions le faire. »

Du côté du gouvernement, c’est toujours la même fin de non-recevoir opposée à tout projet d’accueil sur le territoire tchèque.

Andrej Babiš : « Nous devons aider ces gens chez eux, là où ils sont nés, où ils ont grandi et ont leurs habitudes. Nous commençons avec ce projet pour 50 enfants, mais le terrain est assez grand pour pouvoir en accueillir davantage à l’avenir. Nous nous sommes également entendus avec la partie syrienne sur le fait que nous financerions cet orphelinat la première année mais que ce serait à elle de prendre les coûts en charge ensuite. »

Le conflit armé en Syrie dure depuis 2011. Le Premier ministre tchèque indique espérer « que le problème syrien soit résolu au plus vite pour que les réfugiés puissent rentrer chez eux ».