Prague 4+4 jours en mouvement

17-10-2014

Tout au long de la 19e édition du Festival international d’art contemporain, qui se tient actuellement dans divers bâtiments et rues de la ville, Prague est parcourue d’un frisson « d’adrénaline culturelle », comme l’ont promis les organisateurs. Toutes les formes d’art contemporain sont à l’honneur durant neuf jours : danse, théâtre, arts plastiques, projets audiovisuels…

Le programme de cette année est chargé pour un festival bien ancré dans la vie culturelle pragoise depuis et qui n’a cessé, depuis sa création il y a près de vingt ans, de se développer et d’attirer des artistes du monde entier. Des troupes de théâtre et de danse ont investi le théâtre Archa, le palais U Stýblů, le studio Alta et le Centre de production d’art folklorique (ÚLUV).

Le festival s’est ouvert avec la performance « More Than Naked » de la chorégraphe autrichienne Doris Ulrich, une réflexion sur la nudité et le mouvement. Le second spectacle à avoir pris place dans le théâtre Archa est la production du chorégraphe flamand Jan Martens, « The Dogs Days Are Over », véritable marathon de danse qui repousse les limites du corps humain. Les chorégraphes israélien Hillel Kogan et norvégien Yaniv Cohen abordent dans leurs pièces dansées un regard critique et plein d’humour sur la situation actuelle au Moyen-Orient, tandis que l’Américain Zachary Oberzan mêle fiction et réalité dans une pièce où il joue son propre rôle. L’art s’est invité aussi dans la rue, avec notamment un nombre important de promenades guidées autour de la place Venceslas, la performance de théâtre de rue de la compagnie tchèque VOSTO5, de VERTEDANCE et d’étudiants de l’école de théâtre de Prague, et avec les projets de la compagnie CREW de la chorégraphe Lotte van den Berg, qui cherchent à créer « un espace intime pour une conversation fragile au milieu du remue-ménage de la ville » selon les mots de Pavel Štorek, coordinateur du festival.

'More Than Naked', photo: Site officiel du festival 4 + 4 dny v pohybu'More Than Naked', photo: Site officiel du festival 4 + 4 dny v pohybu Les performances ne sont pas liées les unes aux autres par un thème particulier, comme l’explique Marketa Černa, une des organisatrices du festival :

« En ce qui concerne les groupes internationaux, nous essayons toujours de présenter ce que l’on a trouvé de mieux parmi les productions de l’année dernière. Cependant, certaines pièces abordent parfois des sujets communs. Les spectateurs attendent de nous qu’on leur propose quelque chose de nouveau, qu’on leur montre les lieux du centre où le festival a lieu sous différents angles, et qu’on les emmène vers des réalités différentes. »

L’un de des objectifs de ce festival est de faire découvrir certains des meilleurs artistes contemporains, mais aussi de faire revivre des lieux de Prague insolites, emblématiques ou intéressants d’un point de vue architectural, mais tombés dans l’oubli, via des prestations artistiques.

« C’est avec le groupe que l’on a créé en 1996 que l’on a décidé d’amener l’art dans des lieux où les gens ne sont pas habitués à le trouver. Chaque année, nous essayons de trouver une maison vide ou abandonnée dans le centre de Prague et nous la ‘squattons’ en quelque sorte avec l’art. »

Le palais U Stýblů, photo: Site officiel du festival 4 + 4 dny v pohybuLe palais U Stýblů, photo: Site officiel du festival 4 + 4 dny v pohybu Le lieu de prédilection cette année sera le palais U Stýblů, actuellement désaffecté, se trouvant pourtant sur une des places les plus fréquentées de Prague, la place Venceslas.

« Nous retournons au palais U Stýblů, parce que nous pensons que l’objet est vraiment passionnant et inspirant. L’année dernière, nous avons eu de nombreuses discussions sur la place Venceslas, sur son usage, la façon dont elle est perçue à l’heure actuelle, positive ou négative… On pense que l’on a utilisé le thème de la place Venceslas en tant que sujet de discussion social et politique. »

Une grande exposition d’art visuel est installée dans ce palais, où les visiteurs peuvent se rendre tout au long du festival, intitulée « Qui est le réalisateur ? ». Il sera ouvert également pour un certain nombre de performances. L’autre lieu mémorable ravivé est le Centre de production d’art folklorique, lieu souterrain se trouvant sur le grand axe de Prague, l’avenue nationale, où Lou Reed a donné, en mars 1990, un concert mémorable.

17-10-2014