Ouverture au public d’une ancienne planque de la StB dans le clocher d’une église à Prague

21-04-2010

Depuis la semaine dernière on peut visiter un endroit pas comme les autres dans la capitale tchèque : un ancien centre d’observation dans le clocher de l’église Saint-Nicolas, utilisé par la police secrète communiste pour espionner les activités des ambassades occidentales qui se trouvaient à quelques mètres.

Photo: CTKPhoto: CTK Il faut monter de nombreuses marches en bois et refaire le parcours que faisaient quotidiennement les agents de la StB pour arriver en haut du clocher, dans le centre d’observation surnommé Kajka, d’où l’on voit une bonne partie de Mala Strana, le quartier du Petit Côté sous le château de Prague.

L’église Saint-NicolasL’église Saint-Nicolas C’est la société ABL, chargée de la gestion de certains bâtiments historiques, qui a décidé de rénover cette ‘planque’, en laissant la décoration d’origine. Notamment les étiquettes de bière collées au mur par les agents. Et on sait que la bière c’est diurétique. Donc un urinoir avait été installé, avec écoulement direct dans la gouttière et dans les gargouilles...

Vít Bárta, directeur de la société ABL :

Photo: CTKPhoto: CTK « La planque était isolée pour que les agents n’aient pas froid pendant le service. Il y avait cette petite pièce avec une machine à écrire et cette pissotière reliée à la gouttière pour que les agents n’aient pas sans arrêt à descendre et à monter. »

Un endroit stratégique que cette église en plein milieu du quartier d’importantes ambassades. Ladislav Bukovský est le directeur des archives des services secrets :

Photo: CTKPhoto: CTK « D’ici ils pouvaient surveiller les activités autour de l’ambassade de la RFA, de l’ambassade américaine, même de l’ambassade yougoslave et peut-être aussi française. Leurs observations étaient transmises aux services de contre-espionnage qui s’en servaient pour leur travail. »

Des objets utilisés par la StB pour surveiller et espionner sont également à voir au sommet de la tour. Une petite exposition montée en collaboration avec l’Institut d’étude des régimes totalitaires, dont Jiří Reichl est le porte-parole :

Jiří ReichlJiří Reichl « Dans ce poste d’observation il y avait notamment des émetteurs radio et des appareils photo sophistiqués. Ce qui est interessant c’est que certains dissidents s’échangeaient de la littérature interdite au pied de cette église sans se douter de l’existence de la planque mais sans pouvoir être vus non plus à cet endroit-là. »

La planque peut donc désormais être visitée par petits groupes de 10 ou 15 personnes. L’entrée coûte 100 couronnes, à peu près 4 euros. C’est la seule planque qui était restée en l’état sur la petite centaine que la StB avait installée à Prague.

21-04-2010