Nucléaire : Hillary Clinton à Prague pour soutenir la candidature américaine à l’appel d’offres de Temelín

03-12-2012

La secrétaire d’Etat des Etats-Unis Hillary Clinton a passé ce lundi onze heures à Prague. Un séjour un peu trop court pour découvrir la capitale tchèque mais suffisant pour défendre l’offre de la société américaine Westinghouse dans le cadre de la commande de deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Temelín, en Bohême du Sud. Sa visite a également permis d’évoquer d’autres sujets de politique internationale avec son homologue tchèque Karel Schwarzenberg, notamment au sujet de la situation en Syrie.

Hillary Clinton, photo: Filip Jandourek, ČRoHillary Clinton, photo: Filip Jandourek, ČRo La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton est arrivée à Prague, « l’une des plus belles villes du monde » selon ses mots, dans la nuit de dimanche à lundi pour repartir peu après l’heure du déjeuner en direction de Bruxelles, où elle doit rencontrer mardi et mercredi les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN. Sa visite était surtout destinée à soutenir la société Westinghouse, qui concourt à un des plus importants appels d’offres lancés en République tchèque. Il s’agit de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires venant s’ajouter aux deux existants à la centrale de Temelín. Face à l’autre candidat à cet appel d’offres, un consortium tchéco-russe baptisé MIR 1200, les Américains n’hésitent pas à utiliser l’atout majeur que constitue leur force politique. On écoute Jiří Gavor, spécialiste dans le domaine de l’énergie :

« Il est clair qu’une personnalité comme Hillary Clinton est un soutien significatif pour l’offre américaine. Les Américains savent qu’ils disposent d’un avantage certain au niveau politique et ils vont essayer d’en profiter. »

Temelín, photo: ČEZTemelín, photo: ČEZ Le contrat est estimé à plus de vingt milliards d’euros et pourrait signifier la création de 9 000 emplois sur le sol américain dans le cas où Westinghouse serait finalement retenu. Une opportunité qui explique le détour de la délégation diplomatique états-unienne par la capitale tchèque. L’offre de la société américaine serait, selon Hillary Clinton, la plus à même de permettre à la République tchèque de parvenir à la sécurité énergétique. Elle limiterait ainsi sa dépendance en la matière vis-à-vis de la Russie, un pays qui n’est pas membre de l’OTAN :

« Nous encourageons la République tchèque à diversifier ses sources d’énergie et ses fournisseurs de façon économiquement viable et écologiquement intelligent. Et nous n’avons pas peur d’appuyer la compagnie Westinghouse dans son projet d’extension de la centrale nucléaire de Temelín, car nous pensons qu’elle offre les meilleures garanties en matière de technologie et de sécurité. »

On se souvient que le gouvernement français a lui-même longtemps été très actif pour défendre la candidature du géant du nucléaire Areva. Cela n’a pourtant pas empêché ce dernier d’être écarté de l’appel d’offres, au motif notamment d’un non-respect de la législation tchèque relative à l’atome. L’entreprise française a fait appel d’une décision qui montre toutefois bien que les efforts diplomatiques ne font pas tout. Peu avant la venue d’Hillary Clinton, le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce Martin Kuba a ainsi rappelé que son gouvernement ne favorisait aucun candidat :

Martin Kuba, photo: Filip Jandourek, ČRoMartin Kuba, photo: Filip Jandourek, ČRo « Il n’y a absolument pas de favori pour le gouvernement. Cela va surtout dépendre de la capacité de l’offre à fournir une technologie sûre et moderne pour un prix et des conditions garantis. Il nous apparaît également important que l’industrie tchèque soit associée le plus possible à cette commande. »

Par ailleurs, la secrétaire d’Etat américaine a également eu le temps de s’entretenir avec les chefs de la social-démocratie tchèque avant de s’embarquer vers Bruxelles, en emportant avec elle un cadeau offert par Karel Schwarzenberg : une photographie où on la voit avec son ex-président de mari aux côtés de Václav Havel.

03-12-2012