Nouveau rapport sur la violence à l'égard des Roms

09-04-2014

L’ONG Amnesty International a choisi la Journée internationale des Roms, le 8 avril, pour publier un rapport sur les violences et les discriminations dont ces populations font toujours l’objet en Europe. Les critiques visent principalement des pays comme la Grèce, la France mais également la République tchèque. Dans ce dernier pays, où de nombreuses manifestations visant la communauté rom ont eu lieu en 2013, les autorités publiques et notamment la justice et la police sont accusées d’adopter un comportement laxiste face aux attaques dont les Roms sont les cibles.

Photo: Filip Jandourek / ČRoPhoto: Filip Jandourek / ČRo « Quand je les ai vus [les manifestants anti-Roms], je me suis dit que […] c'était peut-être à ça que ça ressemblait sous Hitler. » C’est par cette citation pour le moins dramatique recueillie par Amnesty International et attribuée à un Rom répondant au nom de Michal que débute la partie du rapport consacrée à la dénonciation des violences racistes visant la communauté rom en République tchèque.

Il est largement fait référence aux manifestations survenues l’été dernier dans la ville de České Budějovice et qui trouvent leurs origines dans une simple dispute entre des parents roms et non-roms sur un terrain de jeu pour enfants. Sont critiquées les insuffisances des autorités qui peinent à trouver une réponse adéquate face à ces débordements de violences. Directeur de l’Agence gouvernementale pour l’intégration sociale, Martin Šimáček commente :

Martin Šimáček, photo: Šárka Ševčíková / ČRoMartin Šimáček, photo: Šárka Ševčíková / ČRo « Jusqu’à un certain point, ce que dit le rapport est juste. Il faut dire qu’en République tchèque, les Roms font face à une grande animosité. On le voit à partir d’enquêtes d’opinion : neuf Tchèques sur dix n’aiment pas les Roms et se comportent en conséquence. Ainsi cela se manifeste chez les extrémistes de droite qui continuent d’haïr ouvertement les Roms et commettent des actes violents. Par ailleurs, on voit, en rapport avec ces démonstrations, une amélioration du travail de protection de la police sans égard à la minorité visée. »

Cette amélioration du travail de la police n’est pas particulièrement mise en avant par le rapport d’Amnesty International et c’est ce qui fâche quelque peu Jiří Pětioký du service de sécurité du ministère de l’Intérieur :

« J’ai lu le rapport et je le trouve un peu trop dramatique. Non pas que je veuille en sous-estimer les conclusions, mais je pense que la situation n’est pas aussi catastrophique en République tchèque. Dans le rapport, je trouve qu’il manque les points de vue de certains acteurs. Je pense qu’il aurait été bon que soient rapportées également des critiques émanant de la police ou du ministère de l’Intérieur. »

Après une relative période de répit, les villes tchèques devraient être à nouveau le théâtre de défilés anti-rom. C’est ce que pense en tout cas Martin Šimáček, car ces manifestations expriment d’abord des problématiques sociales qu’il convient d’analyser et de tenter de résoudre :

Photo: Jiří Čondl / ČRoPhoto: Jiří Čondl / ČRo « Cela a un lien avec la stagnation économique, la crise, avec le manque de solutions apportées aux problèmes d’exclusion sociale, avec la dégradation des conditions de vie des minorités et avec le racisme latent à l’encontre des minorités et plus particulièrement des Roms. Tout cela explique la persistance de ces défilés anti-rom. Dans cette optique, je pense que la police n’est pas le seul responsable qui aurait un réel pouvoir pour influencer la situation. »

Martin Šimáček ajoute que comparée à certains pays européens et notamment à la France, largement ciblée par le rapport d’Amnesty International, la police

09-04-2014