Neuvième démission d’un ministre du cabinet Petr Nečas

Le gouvernement du premier ministre Petr Nečas a essuyé un nouveau coup grave. Un scandale au ministère du Travail et des Affaires sociales a débouché sur l’arrestation du vice-ministre Vladimír Šiška et à la démission du ministre Jaromír Drábek. Le gouvernement déjà affaibli par une faction de mécontents au sein du Parti civique démocrate ODS, formation principale de la coalition gouvernementale, fait donc face à ce qui est probablement la plus grave crise de son existence.

Jaromír Drábek, photo: CTKJaromír Drábek, photo: CTK Jaromír Drábek du parti TOP 09 est sans doute une des personnalités les plus importantes du gouvernement et la figure de proue de la réforme sociale qui est une des tâches principales du programme du gouvernement. Pourtant, le 3 octobre dernier, Jaromír Drábek s’est vu obliger d’annoncer sa décision de quitter son poste à la fin du mois d’octobre :

« Je dois dire sans équivoque que je ne me sens pas du tout coupable. J’ai dit être prêt à assumer la responsabilité politique de cette affaire et c’est pourquoi j’ai pris cette décision. Je suis fermement convaincu que même Vladimír Šiška prouvera qu’il n’a commis aucun acte criminel. Néanmoins, il est évident que cela prendra un certain temps et nous ne pouvons pas attendre la décision du tribunal. »

Vladimír Šiška, photo: CTKVladimír Šiška, photo: CTK Il est pourtant fort probable que le ministre n’ait pas eu d’autre possibilité, sa situation devenant intenable à la suite de certaines révélations de la police. Selon la police, le vice-ministre Vladimír Šiška et le directeur du département informatique Milan Hojer auraient proposé à la société OKsystem l’attribution d’une commande publique d’un montant de 100 millions de couronnes (4 millions d’euros). Les deux hommes auraient réclamé en échange que la société retire une plainte déposée auprès de l’Office pour la protection de la concurrence. La société OKsystem aurait ensuite accusé le ministère du Travail et des Affaires sociales d’employer des procédés illégaux.

La démission du ministre a été favorablement accueillie par tous les partis politiques. Le ministre des Finances Miroslav Kalousek a déclaré que Jaromír Drábek, son collègue du parti TOP 09, avait assumé par sa démission la responsabilité de la culture politique du pays :

Miroslav Kalousek, photo: CTKMiroslav Kalousek, photo: CTK « Je suis fier que le ministre qui n’a fait rien de blâmable et en ce moment ne sait même pas ce qu’on reproche à son vice-ministre, ait quand même assumé la responsabilité politique de son collaborateur qu’il avait fait venir au ministère du Travail et des Affaires sociales.»

Par contre, l’opposition estime que la démission était un acte inévitable et que le ministre a trop tardé avant de prendre sa décision. C’est ce que pense aussi le vice-président du Parti social-démocrate Zdeněk Škromach :

Zdeněk ŠkromachZdeněk Škromach « Il est étrange que cette démission soit différée d’un mois. Cela suscitera sans doute certaines associations et certains doutes. La première chose qui doit être faite et dont le successeur du ministre doit être chargé, c’est d’examiner toutes les commandes douteuses. Ces tâches sont confiées habituellement soit à un des vice-ministre ou à un autre membre de gouvernement. »

Après le départ de Jaroslav Drábek il ne restera dans le cabinet de Petr Nečas que cinq des 14 ministres qui en faisaient partie au début de son mandat. Le débat sur le successeur du ministre démissionnaire ne démarre que très lentement car certains représentants du parti TOP 09 estiment que ce n’est pas urgeant dans la situation où les antagonismes intérieurs au sein de l’ODS risquent d’entraîner la chute du gouvernement.