Mois de la lecture d’auteur 2013 : Petra Hůlová donne un aperçu sur son nouveau roman

30-07-2013

Le plus grand festival littéraire tchèque : c’est le Mois de la lecture d’auteur qui se déroule dans les villes de Brno et d’Ostrava en République tchèque, ainsi qu’à Košice en Slovaquie et à Wrocław en Pologne. La quatorzième édition du festival, qui a débuté le premier juillet à Brno, s’achève ce samedi. Pour Petra Hůlová, l’écrivaine tchèque, c’était l’occasion de présenter des extraits de son premier roman autobiographique.

Photo: Site officiel du Měsíc autorského čteníPhoto: Site officiel du Měsíc autorského čtení Le Mois de la littérature d’auteur a été créé en l’an 2000 à Brno. Depuis trois ans, il s’est diffusé en dehors de la capitale morave dans quatre autres villes et dans deux pays voisins. Sa programmation combine traditionnellement deux approches. D’un côté, des auteurs tchèques, de l’autre côté, des invités spéciaux, comme par exemple en 2010 des écrivains contemporains français. A son tour, la quatorzième édition du festival a accueilli des auteurs luxembourgeois, allemands, autrichiens et suisses.

Au cours des quatorze dernières années, le festival est devenu la plus grande rencontre littéraire en République tchèque. Les auteurs nationaux y font connaître au public leurs nouveaux ouvrages. Tel est le cas également pour Petra Hůlová qui a présenté une œuvre inachevée ce lundi à Brno. Agée de 31 ans, auteur de sept romans, Petra Hůlová a reçu le Prix Magnesia Litera pour son premier ouvrage, traduit en français sous le titre Les montagnes rouges (en tchèque : A la mémoire de ma grand-mère). En 2008, son roman Station Taïga (Stanice Tajga) s’est vu décerné le Prix de Josef Škvorecký.

Au micro de Radio Prague, elle a parlé pour la première fois du contenu de sa prochaine publication :

Petra Hůlová, photo: David VaughanPetra Hůlová, photo: David Vaughan « Le manuscrit sur lequel je travaille actuellement est mon premier livre comportant des éléments autobiographiques. L’histoire parle d’une femme alcoolique, écrivaine de romans à l’eau de rose, une littérature du type des éditions Harlequin. La plus grande partie de ce qu’elle écrit, elle le crie, bourrée, de son balcon. D’ailleurs, elle ne quitte jamais son appartement. Pour moi, il s’agit d’une grimace que je me fais à moi-même. C’est une ironie noire de ce que je fais, ce que l’écriture signifie pour moi et ce que j’ai déjà vécu. »

Si l’intrigue de ses précédents romans évoquait ou se déroulait dans des endroits lointains - la Mongolie, les Etats-Unis ou traitait de la vie d’immigrants ukrainiens en République tchèque - Petra Hůlová écrit actuellement une hyperbole de la vie d’une femme écrivaine et se permet pour la première fois de toucher à son vécu à travers son enfance et sa jeunesse. Il s’agit d’un récit partiellement inspiré de son expérience et de son activité littéraire. Elle évoque la façon dont l’écriture change la vie de l’auteur :

« Une personne, afin de maintenir son potentiel créatif, recherche toute sorte d’ennuis et de soucis. En conséquence, des choses intéressantes se passent dans sa vie mais au prix de devoir soi-même se faire souffrir ainsi que de faire souffrir son entourage. Tout cela est très cynique et j’avoue que je ressens ce mécanisme dans ma vie aussi, puisque tout ce qui se passe représente un matériel pour écrire. »

Nous avons également interrogé Petra Hůlová sur sa façon d’écrire et sur le temps qu’elle passe à achever un ouvrage. La question que se posent ses lecteurs, relative à la date de publication de son nouveau livre, est néanmoins restée sans réponse. Petra Hůlová :

'La Chambre à trois en plastique', photo: Torst'La Chambre à trois en plastique', photo: Torst « Je suis ce genre de personne qui écrit rapidement des grands traits pour voir tout de suite, si l’histoire tient la route ou pas. Je ne cisèle pas trop longuement mes textes parce que je trouve que cela leur ferait perdre de l’énergie. Je ne sais pas quand est ce que mon dernier roman va être publié. Je vais peut-être le mettre de côté pour un moment et le relire plus tard. On ne peut pas généraliser sur cette question de savoir de combien de temps j’ai besoin pour terminer un livre. Mon livre Umělohmotnej třípokoj, la Chambre triple en plastique, qui comporte des éléments pornographiques, je l’ai écrit en une semaine dans un état de transe. En revanche, avec un autre livre, j’ai passé six mois de travail intensif, sachant que la plupart du travail se fait dans ma tête quand je n’écris pas. »

Merci à Petra Hůlová d’avoir partagé avec les auditeurs de Radio Prague cet aperçu de son nouveau livre. Pour tous ceux qui ne pouvaient pas se rendre à Brno ce lundi, le festival littéraire a mis en ligne l’enregistrement de toutes les soirées de lecture d’auteur, y compris celle de Petra Hůlová. Vous pouvez les retrouver sur le site www.autorskecteni.cz.

30-07-2013