Miloslav Vlk fait ses adieux d’archevêque de Prague

09-04-2010

Le président Václav Klaus a reçu le cardinal Miloslav Vlk qui quitte le 9 avril ses fonctions d’archevêque de Prague et de primat de l’Eglise catholique tchèque, pour céder la place à son successeur, Dominik Duka, qui entrera en fonction ce samedi 10 avril, lors d’une messe à la cathédrale Saint-Guy. L’occasion de dresser un bilan des dix-neuf ans de Miloslav Vlk à la tête de l’Eglise catholique tchèque :

Václav Klaus et  Miloslav Vlk, photo: CTKVáclav Klaus et Miloslav Vlk, photo: CTK Avant son départ, le cardinal Miloslav Vlk a confié à la télévision tchèque qu’il avait le sentiment de n’avoir réussi que peu de choses au niveau de la relation entre l’Eglise et l’Etat. Il a notamment cité le report d’un règlement patrimonial, le rejet de l’amendement de la loi sur les Eglises, la non-ratification du traité avec le Vatican ou encore le fait que la cathédrale Saint-Guy soit toujours en possession de l’Etat. Miloslav Vlk avait remis sa démission au Vatican en 2007, lorsqu’il avait atteint l’âge de 75 ans selon les règles de l’Eglise, mais le pape avait toutefois prolongé son mandat de deux années supplémentaires.

Miloslav Vlk, photo: CTKMiloslav Vlk, photo: CTK Miloslav Vlk est entré dans les fonctions de 35ème archevêque de Prague le 1er juin 1991, peu après la révolution de Velours, prenant la succession du très charismatique et très populaire František Tomášek. Après des décennies d’idéologie communiste qui a relégué l’Eglise au second plan, Miloslav Vlk a considéré que les enjeux de sa charge se trouvaient dans les questions pratiques relatives au renouveau de l’Eglise. Il a constitué le corps des évêques, la vie des ordres est revenue à la normale, de nombreuses paroisses désertes ont été occupées par des prêtres venus de Pologne, ce qui a enrichi le service pastoral tchèque de nouveaux éléments proches notamment des jeunes.

Au milieu des années 1990, un problème s’est posé : Miloslav Vlk a pris la tête de l’Eglise catholique à un moment où la loi sur les restitutions des biens de l’Eglise n’est pas passée, faute de 3 voix de députés slovaques, à l’ancienne assemblée fédérale. Il en a fait l’une de ses priorités, espérant y parvenir avec l’aide du parti populaire. Or il n’en fut rien. Miloslav Vlk a été accusé de ne pas avoir agi en diplomate et d’avoir été trop dur lors des négociations. Tout en avouant sa part de responsabilité, Miloslav Vlk souhaite dans ce contexte à son successeur, Dominik Duka, de meilleurs partenaires politiques, s’il veut que le processus aboutisse :

Dominik Duka, photo: CTKDominik Duka, photo: CTK « Bien entendu, le dialogue est une chose essentielle, primordiale, le dialogue avec les autres, et il faut toujours deux personnes, au minimum pour mener le dialogue, et il faut aussi que ces personnes soient ouvertes au dialogue. Je souhaite à mon successeur que ses partenaires soient meilleurs que les miens. »

En dépit des difficultés concernant les affaires patrimoniales et le traité avec le Vatican, l’espace catholique tchèque a jouit, durant son mandat, de la faveur du Vatican. La République tchèque a accueilli trois visites de papes, deux de Jean-Paul II et une de Benoît XVI, en septembre 2009. Deux personnages historiques ont été canonisés sous Miloslav Vlk : Zdislava de Lemberk et Jan Sarkandr.

Ce 9 avril donc, Miloslav Vlk fait ses adieux. Il cesse d’être l’administrateur de l’Eglise, mais il garde son titre de cardinal émérite. On pourra le rencontrer à l’occasion de divers pèlerinages, notamment à Velehrad, en juillet. En août il sera présent à la rencontre des évêques européens en Suisse. Il ne déménage pas loin du palais archiépiscopal, à la maison des chanoines qui se trouve elle-aussi au château de Hradčany.

09-04-2010