Max Svabinsky, un peintre amoureux de la vie

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Une biographie de Max Svabinsky a été intitulée "Le satire enchanté" et ce titre exprime un aspect important de son oeuvre et de sa personnalité. Il était enchanté par la vie, le monde, la nature, la femme et il a réussi à exprimer son engouement profond pour les forces de la vie, dans les tableaux, les dessins et les gravures d'une grande sensualité. Né en 1873, il allait devenir la figure de proue de la génération des artistes tchèques, marquée par le symbolisme et l'art nouveau. Influencé par l'esthétique "fin de siècle" et par l'art français, il évoluait vers un style original. La robustesse de son art, l'opulence toute slave des personnages représentés sur ses tableaux, la prodigalité de formes et de coloris lui ont donné la gloire. Il n'était pas un artiste cherchant la modernité, il restait en dehors des mouvements artistiques ayant révolutionné les arts plastiques, au 20ème siècle, en s'inspirant chez les maîtres du passé et en développant la leçon de la Renaissance. Critiqué parfois pour son conservatisme, il n'en était pas moins admiré et exerçait toujours une grande influence sur les arts plastiques tchèques. L'exposition, qu'on peut voir ces jours-ci, au manège du palais Walenstein de Prague, réserve une large place, aussi, à ses gravures. Tandis que son oeuvre peint est loin de faire l'unanimité de la critique, son oeuvre gravé et dessiné ne cesse d'être admiré par le public et les spécialistes. Max Svabinsky dominait, avec une aisance digne d'un véritable virtuose, pratiquement toutes les techniques graphiques et, en jouant de la lumière et de l'ombre, il donnait à ses gravures une rare poésie. L'exposition présente, non seulement de belles estampes inspirées par la nature et la nudité féminine, mais aussi une importante collection de portraits, dessinés et gravés, de personnalités célèbres, auxquels Max Svabinsky a su donner une étonnante profondeur psychologique. Il y a, cependant, une chose que l'exposition ne montre pas. C'est en 1910, qu'il a commencé à enseigner l'art de la gravure, à l'Académie des arts à Prague dont il allait devenir le recteur. Il a fait école. Ces nombreux disciples continuaient, pendant de longues années après sa retraite, et même après sa mort en 1962, à maintenir le niveau élevé de l'art graphique tchèque.