Les médecins tchèques sont les bienvenus en Europe

16-08-2004

La Tchéquie est-elle menacée d'un exode massif des médecins? Qui va les remplacer? Le ministère de la Santé, peut-il arrêter les départs?

Entre 20 et 30 médecins tchèques partent, chaque mois, à l'étranger, après le 1er mai 2004. Le plus souvent en Allemagne et en Grande-Bretagne où ils n'ont pas de problème de langues et où la demande est la plus élevée. Le nombre de départs a plus que doublé, ces derniers temps, confirme David Rath, président de l'Ordre des médecins tchèque qui délivre aux médecins partant à l'étranger le certificat de moralité.

Après le 1er mai, les pays de l'Union européenne reconnaissent non seulement le diplôme tchèque, mais aussi les attestations de spécialisation qui n'étaient pas reconnues, avant cette date. Les médecins tchèques sont de plus en plus demandés et crédités à l'étranger. Les postes qui leur sont offerts sont mieux rémunérés qu'auparavant, le salaire annuel de 85 000 livres n'est pas une exception, affirme David Rath.

David Rath, photo: CTKDavid Rath, photo: CTK Les départs des médecins, c'est en effet une question d'argent, avant tout. Difficile de s'étonner, car le salaire moyen du médecin tchèque est de 1 100 euros, tandis qu'à l'étranger c'est près de 5000 euros, dit Milan Kubek, président du Syndicat des médecins. Que faire pour que les départs ne deviennent pas massifs? Augmenter les salaires et permettre aux médecins de travailler parallèlement à l'hôpital et dans un cabinet privé, bref supprimer la barrière entre le privé et le public, dit Kubek à propos de sa vision de la santé publique tchèque. En attendant, les spécialistes partent et les médecins de Slovaquie, d'Ukraine et de Russie arrivent à leurs places.

Pas ravie de cette situation, Milada Emmerova, ministre de la Santé publique, ne craint cependant pas que les départs deviennent massifs. L'Europe est surtout intéressée par la génération moyenne des médecins, mais qui ont ici leurs familles, des enfants qui vont à l'école et qui donc, ne changent pas facilement de domicile. Beaucoup de médecins ne veulent réellement pas déménager, plutôt passer un stage ou travailler pendant 1 ou 2 ans dans un pays européen. Car même si le salaire y est de 5 fois plus élevé que celui qu'ils touchent ici, le coût de la vie l'est aussi. De toute façon, c'est une expérience que beaucoup de médecins tchèques souhaitent faire, dans le cadre de l'Europe unie.

16-08-2004