Les médecins resteront bien

17-02-2011

Une des initiatives syndicales les plus fructueuses de ces dernières années s’est probablement achevée mercredi : les médecins hospitaliers ont en effet accepté le mémorandum proposé lundi par le ministère de la Santé. En échange d’une augmentation de leurs salaires, les 3 800 médecins prêts à partir à l’étranger s’engagent à retirer leurs démissions et à mettre un terme à leur mouvement de protestation.

Leoš Heger et Martin Engel, photo: CTKLeoš Heger et Martin Engel, photo: CTK Certes, les médecins n’ont pas obtenu l’augmentation de 8 000 à 12 000 couronnes qu’ils réclamaient initialement. Leurs conditions salariales seront malgré tout améliorées puisqu’ils percevront entre 5 000 et 8 000 couronnes supplémentaires à partir du mois de mars. La promesse leur a également été faite de pouvoir participer au projet de réforme du système de santé que le gouvernement entend bien entreprendre dans un proche avenir. Autant de raisons, donc, d’être satisfaits, selon Martin Engel, président de l’Association syndicale des médecins (LOK) et grande figure du mouvement de protestation « Merci, on s’en va » :

Martin Engel, photo: CTKMartin Engel, photo: CTK « Etant donné les conditions actuelles, nous avons obtenu le maximum possible. Si nous étions des maîtres chanteurs, comme certains le prétendent, et si nous avions poursuivi nos protestations, nous aurions pu obtenir plus. Mais nous sommes conscients que la situation est compliquée. Néanmoins nous avons montré notre force et si quelqu’un entend nous mettre de nouveau à l’épreuve, nous protesterons une deuxième fois. »

La majorité des médecins ayant remis leurs démissions en fin d’année dernière devraient donc rester en poste et aucun hôpital régional ne devrait fermer ses portes ou supprimer certains services, comme cela était redouté. Deux tiers des médecins syndiqués ont voté en faveur du mémorandum, fruit du compromis trouvé avec le ministère de la Santé en début de semaine. Une vraie victoire selon Jiří Náhlovský, président de l’hôpital universitaire de Plzeň, en Bohême de l’Ouest :

Jiří NáhlovskýJiří Náhlovský « Le débat a été long, mais mois animé et plus constructif que la dernière fois. Le compromis trouvé est probablement le maximum de ce qu’il était possible d’obtenir actuellement. Mais nous avons aussi fait des concessions de notre côté. Nous l’avons fait pour le bien des patients, mais aussi pour que les choses avancent dans le secteur de la santé, car il est indispensable de changer certaines choses, et pas seulement au niveau financier. Nous avons senti qu’il convenait de faire preuve de bonne volonté, et je pense que c’est ce que nous avons fait. »

Pour le président de la Chambre tchèque des médecins, Milan Kubek, le résultat des négociations avec le ministère de la Santé marque également le début d’une nouvelle ère dans les hôpitaux publics tchèques :

Martin Engel et Milan Kubek, photo: CTKMartin Engel et Milan Kubek, photo: CTK « Les changements peuvent commencer : il n’y aura plus d’esclavage dans les hôpitaux. Les médecins vont pouvoir participer à ces changements non seulement afin de pouvoir financer le bon fonctionnement du système de santé, mais aussi afin que les hôpitaux soient accueillants pour les patients et que des médecins satisfaits de leurs conditions y travaillent. Je pense que c’est une victoire du bon sens et je suis content de la décision finalement prise par les médecins. »

Cette décision des médecins satisfait également le gouvernement, comme l’a expliqué le Premier ministre, Petr Nečas :

Petr Nečas, photo: CTKPetr Nečas, photo: CTK « Le gouvernement est prêt à approuver le compromis proposé par le ministre de la santé, mais à certaines conditions. La première est que l’argent destiné à l’augmentation des salaires des médecins soit le fruit des mesures de la réforme du système de santé et non pas de l’augmentation des versements du budget de l’Etat. La deuxième condition est qu’il soit procédé dès l’année prochaine à une augmentation des salaires non pas seulement des médecins mais aussi de l’ensemble du personnel de la santé, et notamment des infirmières. »

Le gouvernement, qui a débloqué 2 milliards de couronnes supplémentaires pour cette année, devrait adopter la nouvelle grille des salaires mercredi prochain. Avant cela, le ministre de la Santé, Leoš Heger, et le président de l’Association syndicale des médecins, Martin Engel, auront également signé le mémorandum, mettant ainsi pour de bon un terme à la grogne des médecins hospitaliers.

17-02-2011