Les médecins mécontents de leurs salaires accentuent la pression sur le gouvernement

11-11-2010

Les médecins tchèques du secteur hospitalier, qui considèrent être sous-payés, continuent leur lutte visant à obtenir des augmentations de leurs salaires. Ce jeudi, leur syndicat a envoyé une lettre ouverte au gouvernement dans laquelle il renouvelle la menace d’un exode massif de docteurs vers l’étranger si leurs conditions ne s’améliorent pas.

Cela fait deux mois que le syndicat des médecins tchèques a entamé sa campagne intitulée « Dekujeme, odchazime », qu’on peut traduire par « Merci, on s’en va » en français. Un mouvement de protestation qui veut alerter les pouvoirs publics sur le sort des médecins des hôpitaux, qui sont environ 16 000 en tout dans le pays. Selon Martin Engel, président du syndicat des médecins, ils sont déjà 4 000 à soutenir cette campagne et se disent prêts à émigrer pour améliorer leur sort.

« Dans tous les pays européens, le salaire perçu par les médecins est supérieur au salaire moyen, et en Europe de l’Ouest il est entre trois et cinq fois supérieur. Ici, un médecin qui débute touche moins que le salaire moyen en République tchèque, qui est aujourd’hui presque l’équivalent de 1 000 euros. Nous voulons que la rémunération horaire d’un médecin débutant soit doublée, la faire passer de 100 à 200 couronnes tchèques. »

200 couronnes tchèques, soit environ 8 euros brut par heure : une revendication qui peut paraître modeste, mais le gouvernement tchèque mène une sévère politique de rigueur avec des coupes drastiques dans le budget de chaque ministère, dont celui de la Santé. Le ministre, Leos Heger, a fait savoir qu’il manquerait 10 milliards de couronnes dans le secteur l’année prochaine et que les salaires pourraient même baisser. Il a indiqué dans le passé qu’il ne craignait pas d’exode massif des médecins, qui selon lui allaient y réfléchir à deux fois avant de partir.

Martin Engel s’est déclaré « exaspéré » par l’attitude des pouvoirs publics, qui selon lui refusent de négocier. Il a donc adressé ce jeudi une lettre ouverte à tous les ministres du gouvernement pour avertir non seulement du risque de dévastation au niveau du personnel mais aussi des conséquences de la mauvaise gestion du secteur et de l’effondrement définitif du système de soins. Pour le syndicat, le problème dépasse le cadre du ministère de la Santé et doit être réglé par le gouvernement dans son ensemble.

L’ultimatum posé par la campagne « Merci, on s’en va » expire à la fin de l’année. Il ne reste donc que quelques semaines pour faire aboutir de potentielles négociations.

11-11-2010