Les médecins généralistes privés en grève, ce jeudi, ont demandé la démission de la ministre de la Santé publique

06-10-2005

Ce jeudi, des médecins généralistes privés ont fermé leurs cabinets pour se mettre en grève contre la politique du ministère de la Santé qu'ils rendent responsable des retard de paiement de la part des caisses d'assurance et, par la suite, de l'endettement de leurs cabinets. La grève a eu lieu devant le siège du ministère, symboliquement 5 minutes après midi, pour montrer qu'il est grand temps de régler les problèmes.

Aux sifflements et aux cris « honte » et « ça suffit », plusieurs centaines de médecins venus de toutes les régions du pays ont commencé leur protestation. Vaclav Smatlak, président de l'Association des praticiens privés, a été le premier à prendre la parole :

« Nous sommes réunis ici pour protester contre la politique du ministère qui met en danger les soins ambulatoires dans ce pays. Depuis plus d'un an qu'elle est dans ses fonctions, la ministre Milada Emmerova a laissé sans réponse nos projets en vue de détourner la crise. Elle n'a rien fait pour arrêter le déficit croissant de l'assurance-maladie publique. La conséquence en est l'endettement de la Compagnie d'assurance générale et le retard de paiement. En ce moment, la compagnie nous paie avec 2 - 3 mois de retard. A la différence des grands établissements publics et des hôpitaux, les praticiens privés n'ont pas de réserve pour pouvoir couvrir le fonctionnement de leurs cabinets. Ils sont obligés de s'endetter eux-mêmes. Près de 6 000 généralistes privés sont au bord de faillite. La situation est la plus critique dans la région de Most, au nord de la Bohême. »

Contre qui, la protestation est-elle dirigée et quelles sont les principales revendications des médecins ?

Photo: CTKPhoto: CTK « Notre protestation n'est pas dirigée contre nos patients, au contraire, elle est dans leur intérêt, comme l'exprime le slogan de la grève : mieux vaut fermer un jour que pour toujours. Elle n'est dirigée ni contre les hôpitaux, ni contre les caisses d'assurance, mais contre la direction peu compétente du ministère de la Santé publique qui, par ses arrêtés, oblige les caisses à payer aux médecins pour leurs soins des sommes qui sont supérieures à celles prélevées. Le ministère décide de 80% des dépenses des caisses. Nous ne voulons pas le retour à la santé publique socialiste, avec toutes les ingérences de l'Etat dans l'exercice libre de notre profession. Nous sommes venus dire à la ministre qu'elle cesse de nuire à la santé publique de ce pays. »

Pour sa part, Jan Jelinek, vice-président de l'Association des praticiens privés, a remercié le Premier ministre Jiri Paroubek d'entamer les négociations avec les médecins. En même temps, il a refusé les mesures provisoires, dont le rachat des créances des caisses d'assurances d'un montant de 3,8 milliards de couronnes, et demandé que l'Etat augmente les paiements pour les assurés à sa charge.

06-10-2005